19/03/2026
Dans l’approche transgénérationnelle le côté droit et le gauche. Verrouillage des organes et désaffection.
Pour Anne Ancelin Schützenberger, certains symptômes peuvent être compris comme des fidélités invisibles à l’histoire familiale.
Un symptôme situé à droite ou à gauche peut parfois être interrogé sous l’angle de quelle lignée parle le corps, de quel événement non élaboré il est le messager ou bien de quelle loyauté familiale il tente de maintenir. Le corps devient alors une archive vivante du roman familial.
Dans une perspective psychanalytique, on pourrait dire que le côté gauche porte la mémoire, le côté droit porte le destin.
Le premier murmure l’histoire que nous avons reçue, le second raconte ce que nous tentons d’en faire. Entre les deux, le corps cherche un équilibre fragile entre héritage et liberté.
Chez des auteurs comme Anne Ancelin Schützenberger, Didier Anzieu ou Françoise Dolto, la symbolique droite / gauche n’est jamais fixe.
Elle est analysée à partir de l’histoire du sujet, du contexte familial, des transmissions inconscientes, du moment de vie.
On évite les interprétations automatiques.
Un problème au bras gauche ne signifie pas forcément un conflit avec la mère.
Il peut aussi renvoyer à une mémoire traumatique, un conflit relationnel actuel, un héritage transgénérationnel, une problématique narcissique.
La psychanalyse considère le symptôme comme un langage singulier.
Chez Jean-Luc Bodin, la lecture est plus systématique et symbolique.
Il reprend des éléments issus, de la médecine énergétique, de la symbolique orientale, des correspondances psycho-émotionnelles.
Voici sa grille
- Côté gauche
féminin
Mère
Passé
Emotions
Intériorité
- Côté droit
Masculin
Père
Futur
Action
Extérieur
Vampirisme psychique, négatif familial et langage du corps.
Quand le côté droit et le côté gauche racontent l’histoire invisible des familles.
Dans certaines histoires familiales, il existe une circulation étrange des affects.
Quelque chose ne se transmet pas par les mots, mais par une forme d’empreinte plus sombre. Il existe des charges invisibles, un héritage psychique que personne n’a réellement choisi mais que certains corps peuvent porter.
La psychanalyse parle parfois du négatif familial, notion développée notamment par Nathalie Zaltzman et Green.
Le négatif dans ce cadre n’est pas seulement l’absence ou le manque, il est ce qui n’a pas pu être symbolisé, ce qui n’a pas été élaboré psychiquement, et qui continue pourtant à circuler dans les générations.
Dans ces configurations, certaines relations prennent une tonalité particulière.
Il se met en place alors une dynamique où l’un semble vivre au détriment de l’autre, captant l’énergie psychique, l’espace ou la vitalité. Ce phénomène est nommé comme étant du vampirisme.
Le corps, dans ces situations, devient parfois le lieu où se dépose ce qui ne peut être dit.
On y retrouve ainsi le côté gauche comme le lieu de la mémoire affective.
Dans de nombreuses lectures symboliques du corps, le côté gauche est associé à l’intériorité, à la mémoire émotionnelle et à la lignée maternelle.
Lorsqu’un négatif familial circule dans une famille marquée par des traumatismes silencieux, des abandons, des humiliations, des violences invisibles, il peut parfois s’inscrire dans ce versant du corps.
Le côté gauche devient alors le lieu d’un héritage affectif saturé où on y retrouve parfois des douleurs inexpliquées, des troubles circulatoires ou cardiaques, une fatigue profonde, des sensations d’oppression ou de lourdeur comme si le sujet portait en lui une part de l’histoire émotionnelle du clan.
Dans certaines relations vampiriques, le sujet peut ressentir une impression étrange comme celle d’être aspiré de l’intérieur ou bien hanté, habité, dissocié par exemple.
Son énergie semble fuir, comme si une part de lui était continuellement sollicitée pour soutenir psychiquement l’autre.
Le corps gauche parle alors de ce qui est pris dans l’histoire familiale, parfois malgré soi.
Le côté droit exprime le combat pour exister car il est souvent relié à l’action, à la projection dans le monde et à la place sociale.
Lorsque le négatif familial est puissant, ce versant du corps peut devenir le lieu d’un autre conflit comme celui de la possibilité d’exister pour soi.
Dans les familles marquées par des dynamiques vampiriques, l’enfant peut être investi comme un réparateur, un soutien narcissique, un prolongement du parent.
Il n’existe alors pas pour lui-même, mais comme un organe psychique destiné à maintenir l’équilibre du système familial.
Les symptômes situés du côté droit peuvent parfois évoquer cette tension avec le désir de vivre sa propre vie face à une loyauté inconsciente envers le clan.
Le corps droit devient alors le théâtre d’une lutte silencieuse entre deux forces qui représentent la fidélité au passé et la nécessité de se séparer.
La psychosomatique psychanalytique, notamment avec Pierre Marty ou Joyce McDougall, a montré que certains symptômes apparaissent lorsque la vie psychique ne peut plus transformer les affects en pensée. Le corps prend alors le relais.
Dans les familles où le négatif circule comme des secrets, des traumatismes, des violences tues, certains membres deviennent malgré eux des dépositaires somatiques de l’histoire familiale.
Ils portent dans leur chair ce que la famille n’a pas pu symboliser et le symptôme devient alors une forme de langage paradoxal. Le psychisme navigue entre souffrance et tentative de mettre une limite au vampirisme familial.
Karine Henriquet Psychologue Clinicienne Psychanalyste Psychothérapeute