29/10/2025
La dépendance répond à un besoin de départ. L'addiction se met en place par la suite et ce n'est plus une question de volonté. La question réside dans le fait de comprendre quel besoin a été assouvi pour trouver une méthode plus saine et faire comprendre au cerveau que cela a été bénéfique à un certain moment et qu'il n'en a plus besoin maintenant.
Et si la dépendance (alcool, drogue, jeu…) n’était pas le problème, mais une tentative de solution ?
On croit souvent que la dépendance, c’est une faiblesse.
Qu’il suffit d’avoir “plus de volonté”.
Mais la réalité est tout autre : personne ne choisit consciemment de souffrir.
Quand on consomme, au début, c’est souvent pour aller mieux.
Pour calmer l’anxiété. Pour fuir la solitude. Pour ne plus ressentir la douleur. La substance devient un anesthésiant émotionnel, une façon de tenir debout quand tout vacille.
Le cerveau, lui, apprend vite.
Chaque prise libère de la dopamine, ce neurotransmetteur du plaisir. Le corps s’y habitue, en réclame plus, et la boucle s’installe. Ce n’est plus un choix, c’est un piège neurologique et affectif.
L’environnement, les blessures d’enfance, les pertes, les absences… Tout cela joue aussi. On reproduit parfois, sans le vouloir, des modèles où la souffrance est “gérée” en s’anesthésiant.
Alors, quand un patient me dit :
« J’ai un problème de dépendance »
Je réponds souvent : « Non. La dépendance, c’est votre manière de vous défendre contre un problème plus profond. »
La vraie question pourrait être : De quoi la dépendance vous protège-t-elle ?
La dépendance est un symptôme d’adaptation. Une tentative, maladroite, mais humaine, de survivre à ce qui fait trop mal pour être ressenti.
Et c’est là que le travail thérapeutique commence : retrouver la capacité de ressentir sans fuir, de s’apaiser sans se détruire, de se reconnecter à soi, pas à la substance.
Parce que derrière chaque dépendance, il y a une histoire de souffrance… et surtout, une possibilité de libération.