21/04/2026
Elle venait juste travailler.
Le bureau était le même que la veille.
La lumière aussi.
Les dossiers empilés au bord de la table, parfaitement alignés, comme pour se rassurer.
Elle avait appris à faire semblant de ne rien entendre.
À sourire au bon moment.
À détourner le regard quand il s’approchait un peu trop.
Au début, elle avait cru à un malentendu.
Puis à une maladresse.
Puis à une erreur d’interprétation.
Ce jour-là, pourtant, quelque chose a changé.
Il a fermé la porte.
Pas brutalement.
Presque doucement.
Il a prononcé son prénom comme on pose une question dont on connaît déjà la réponse.
Et c’est à ce moment-là qu’il lui a demandé…
Elle ne se souvient plus exactement des mots.
Seulement du silence qui a suivi.
Trop long.
Trop lourd.
Le soir, elle n’a pas réussi à rentrer tout de suite.
Elle a marché sans but, le téléphone au fond de la poche,
jusqu’à ce qu’elle compose un numéro qu’elle connaissait par cœur.
À l’autre bout du fil, une amie a écouté.
Sans l’interrompre.
Sans minimiser.
Pour la première fois, les mots sont sortis.
Mal rangés.
Tremblants.
Mais ils sont sortis.
Son amie n’a pas cherché de solution miracle.
Elle a simplement dit :
« Tu sais… il existe des professionnels pour ça.
Des gens dont c’est le métier d’écouter, d’orienter, d’aider. »
C’est comme ça qu’elle a entendu parler de Youne.
Quelques jours plus t**d, elle a parlé à une professionnelle du travail social.