17/12/2025
[L'impact des mots - Les propos validistes]
Quand on est en fauteuil roulant, il y a le handicap… et il y a les réflexions.
Celles qu’on entend dans la rue, dans une file d’attente, à la caisse d’un magasin, parfois même juste derrière nous, comme si on n’existait pas.
« Lui au moins, il n’a pas mal aux jambes. »
« Il a de la chance, il passe en priorité. »
« Il en profite bien de son fauteuil. »
« Ça doit être reposant de ne pas marcher. »
Ces phrases sont souvent dites à la légère sans méchanceté, pensent-ils. Mais elles montrent surtout une chose, les gens ne savent pas.
Ils ne savent pas la douleur permanente les épaules détruites, les nuits compliquées, les transferts difficiles, la peur de tomber et la fatigue mentale.
Ils ne savent pas que la priorité n’est pas un privilège. C’est une nécessité. Parce que rester debout est impossible. Parce que l’attente peut être douloureuse, dangereuse, épuisante.
Ils ne savent pas que le fauteuil n’est pas un choix, ni une facilité, ni un avantage. Ce fauteuil, ce sont nos jambes. Et personne ne dirait à quelqu’un qui marche « Tu as de la chance, toi, de pouvoir rester debout. »
Alors non, on n’est pas “chanceux”! On s’adapte, on survit et on avance. Et parfois, le plus lourd à porter, ce n’est pas le handicap, mais l’ignorance qui l’entoure.