27/11/2025
Via Dominique Krischel
Parce qu'il est important d'en parler, d'en avoir conscience.
🌿 L’inceste fraternel : l’inceste dont personne ne parle… et que tant de victimes ont vécu
On parle du père.
De l’oncle.
Du grand-père.
Mais on parle très rarement de l’inceste qui se produit au cœur même de la fratrie :
frère → sœur, sœur → frère, frère → frère, sœur → sœur, demi-frères, par alliance, jumeaux.
Et pourtant…
👉 c’est l’un des incestes les plus fréquents,
👉 et l’un des plus silencieux.
Parce qu’il dérange.
Parce qu’il casse l’image idéalisée de la fratrie.
Parce qu’il oblige à regarder l’effondrement de la protection parentale.
1️⃣ Comprendre l’inceste fraternel
Dans l’inceste adulte–enfant, la domination saute aux yeux.
Dans l’inceste fraternel, elle est plus subtile mais tout aussi réelle.
Elle peut se manifester par :
• un écart d’âge,
• un écart de maturité,
• une position dominante dans la fratrie,
• une emprise psychologique,
• une vulnérabilité de l’autre enfant.
⚠️ Oui : deux enfants du même âge peuvent être dans une relation incestueuse si l’un impose, fait peur, manipule ou contrôle.
📍L’inceste fraternel apparaît très souvent dans des familles où :
• il n’y a pas de surveillance,
• la fratrie joue un rôle de substitut parental,
• les enfants se retrouvent entre eux pour survivre émotionnellement.
2️⃣ Pourquoi la société nie ce type d’inceste ?
Parce qu’elle préfère dire :
« Ils étaient jeunes. »
« C’était des jeux. »
« Ça fait partie de l’enfance. »
Cette minimisation est une violence supplémentaire.
Elle enferme les victimes dans le doute, la honte, la confusion.
Elle les pousse à se demander si ce qu’elles ont vécu “compte vraiment”.
3️⃣ Comment réagissent les parents ?
C’est souvent ce qui fait le plus mal.
Les réactions les plus dures viennent parfois des adultes censés protéger :
• déni : « Impossible, tu ments. »
• minimisation : « Ce sont des jeux. »
• culpabilisation : « Pourquoi tu n’as rien dit ? »
• inversion des rôles : « Il/elle était jeune, tu aurais dû comprendre. »
• protection de l’auteur : « Il est fragile. »
Pourquoi ?
Parce que reconnaître l’inceste, c’est reconnaître qu’on n’a pas protégé.
Et beaucoup de parents ne supportent pas cette idée.
Rarement, on voit :
✔️ l’écoute,
✔️ la protection immédiate,
✔️ la séparation,
✔️ un accompagnement sérieux.
4️⃣ Comment détecter l’inceste fraternel ?
Chez la victime :
• peur, évitement, mutisme, dissociation
• régressions (p**i au lit…)
• honte incompréhensible
• hypersexualisation ou retrait total
• confusion dans la sexualité, les limites, le corps
Chez l’auteur :
• isolement volontaire avec la victime
• jalousie, contrôle
• comportements sexualisés répétés
• pouvoir émotionnel sur la fratrie
• secret imposé
Dans la famille :
• absence de supervision
• climat incestuel
• parentification très tôt des enfants
• secrets, malaise, non-dits “on ne parle pas des problèmes”
5️⃣ Le rang dans la famille : ce que montrent les chiffres
Dans les incestes intrafamiliaux, les auteurs les plus fréquents sont :
1. père / beau-père
2. grand-père
3. oncle
4. frère
5. cousin
➡️ Le frère est parmi les auteurs les plus fréquents, mais le moins reconnu.
6️⃣ L’inceste sœur-sœur ou frère-frère : le double tabou
Encore plus invisible.
Encore plus nié.
Parce que beaucoup confondent orientation sexuelle et violence.
Parce que “entre enfants”, on minimise.
Et pourtant :
la dynamique est la même → domination, peur, contrainte, secret.
Ces abus plongent l’enfant dans une confusion massive :
• ne plus savoir ce qui est normal,
• douter de ses orientations,
• ne pas comprendre ses réactions sexuelles,
• se sentir étranger à son propre corps,
• croire que désir et violence vont ensemble.
Cette confusion peut durer jusque dans l’âge adulte :
rapports sexuels difficiles, dissociation, perte de repères, hypersexualisation ou évitement.
7️⃣ Inceste ou exploration “normale” : la règle simple
➡️ S’il y a domination, peur, secret, répétition ou malaise : ce n’est pas un jeu.
Exploration = symétrique, spontanée, ponctuelle.
Inceste = déséquilibré, imposé, secret, répété.
Tu n’es pas responsable.
Tu n’avais pas à dire non.
Tu avais droit à l’innocence.
Tu avais droit d’être un enfant.
🌱 À celles et ceux qui lisent en silence…
Si tu as vécu ça :
👉 Ce que tu ressens est normal.
👉 Ce que tu as vécu a un nom.
👉 Tu n’es pas seul(e).
👉 Tu peux être accompagné(e) pour te reconstruire, pas à pas, à ton rythme.