26/12/2025
Changer un système fait toujours souffrir ceux qui en vivent
Je viens d’apprendre, à la lecture d’un article publié hier dans la presse locale, que mon mandat de maire de Blois — achevé il y a pourtant dix-sept ans — serait résumé par cette formule : « Sous Nicolas Perruchot, ce furent des années de souffrance. » Une affirmation pour le moins surprenante, tant par son anachronisme que par l’acharnement qu’elle révèle.
Je suis parti de la mairie de Blois il y a dix-sept ans.
J’ai quitté la vie politique il y a plus de quatre ans.
Et pourtant, manifestement, je continue d’occuper l’esprit d’une majorité municipale à bout de souffle.
Soyons clairs.
Les seuls à avoir réellement « souffert » de mon mandat de maire, ce sont les apparatchiks du Parti socialiste blésois, ceux qui, en mars 2001, ont perdu leur poule aux œufs d’or, leurs habitudes, leurs réseaux et leurs rentes. Certains dans cette équipe vivent de la politique locale depuis plus de deux décennies, sans autre expérience professionnelle que celle des appareils. Forcément, l’alternance leur fut douloureuse.
Leur souffrance avait commencé dès 2000, lorsque les Blésois m’avaient fait confiance sur le canton de Blois 3.
Elle s’est prolongée lorsque j’ai remporté les législatives, en éliminant le Front national dès le premier tour et en battant les candidats socialistes au second.
En quelques années, je suis devenu leur bête noire. Non par goût du conflit, mais parce que j’incarnais une chose qu’ils redoutent plus que tout : la remise en cause d’un système installé.
Mais imaginer que dix-sept ans plus t**d, je sois encore leur point de fixation en dit long.
Ce n’est pas ma personne qui les obsède. C’est le vide de leurs idées. Quand on n’a plus de projet crédible à proposer aux Blésois, on convoque le passé, on caricature, on règle des comptes imaginaires.
Pendant ce temps, la réalité est là.
Un centre-ville qui se vide.
Des projets structurants à l’arrêt, comme le Carré Saint-Vincent, devenu une dent creuse en plein cœur de Blois.
Une activité économique qui décroche.
L’insécurité qui progresse dans tous les quartiers.
Et désormais une équipe sortante profondément divisée, avec deux listes qui
s’affronteront dès le premier tour, signe évident que plus rien ne va à gauche à Blois.
Le vrai sujet n’est donc pas moi.
Je n’ai aucune revanche à prendre, aucune carrière à relancer. J’ai laissé la place à d’autres, volontairement.
Le vrai sujet, c’est l’avenir de Blois.
Et cet avenir mérite mieux que des querelles anciennes et des fantasmes recyclés. Blois mérite une alternance assumée, des idées neuves, des visages nouveaux, et le courage de dire que durer n’est pas gouverner.