24/01/2026
🧠 Pourquoi traiter l’histamine est parfois beaucoup plus compliqué qu’on ne le pense?
Dans la prise en charge de l’intolérance à l’histamine et des syndromes d’activation mastocytaire, on parle souvent de :
1- DAO
2- régime pauvre en histamine
3- antihistaminiques
4- stabilisateurs mastocytaires
5- polyphénols, flavonoïdes, quercétine, etc.
Et pourtant… chez beaucoup de patients, ça ne marche pas ou pire , ça aggrave les choses.
Pourquoi ?: Parce que l’histamine n’est pas seulement un problème d’histamine. C’est très souvent un problème de capacité de détoxification globale.
🔬 Deux voies clés sont souvent en difficulté chez ces patients :
1- la glucuronidation (UGT)
2- la sulfatation (voie soufrée)
Ces deux voies servent à neutraliser et éliminer l’histamine et d’autres amines biogènes, les phénols, les salicylates et de nombreux médiateurs inflammatoires, hormones et toxines
Quand ces voies sont lentes, saturées ou déficientes, le corps accumule non seulement l’histamine mais aussi tout un ensemble de molécules neurotoxiques et mastocyto-activatrices.
🌿 Et là arrive le paradoxe thérapeutique :
On sait que beaucoup de polyphénols (quercétine, lutéoline, etc.) inhibent la HDC (histidine décarboxylase, enzyme de synthèse de l’histamine), stabilisent les mastocytes et ont des effets anti-inflammatoires puissants
👉 Sur le papier, ce sont des outils parfaits. Mais…
Les polyphénols sont eux-mêmes des phénols métabolisés principalement par… la glucuronidation et la sulfatation.
Donc chez un patient à glucuronidation lente et/ou à sulfatation déficiente, ces “bons” polyphénols deviennent mal dégradés, accumulés parfois mal tolérés, excitants, pro-inflammatoires
Et le patient dit :“Les compléments censés m’aider me rendent pire.”
On comprend alors la boucle: Histamine élevée / Mastocytes instables /Détox hépatique saturée /Polyphénols mal tolérés
Peu d’options thérapeutiques bien supportées → Frustration du patient et du soignant.
Message clé :
Beaucoup de patients ne sont pas seulement intolérants à l’histamine.
Ils sont intolérants à leur propre système de détoxification saturé.
Et tant que l’on ne restaure pas le transit, ni rééquilibrer le microbiote, ni soutenir doucement la sulfatation et la glucuronidation, ni améliorer la qualité de la bile, vouloir “bloquer l’histamine” directement est souvent trop rapide, trop haut dans la cascade et voué à l’échec.
En pratique clinique, cela change tout , ce n’est pas un problème de “mauvais traitement”, c’est un problème de mauvais ordre des priorités physiologiques
On ne stabilise pas durablement les mastocytes dans un terrain qui ne sait pas éliminer.
La vraie question n’est pas : “Comment bloquer l’histamine ?”, mais plutôt “Comment rendre le corps capable de gérer ce qu’il produit et ce qu’il reçoit ?”.
Dr Lucie WETCHOKO
Source de l’image : https://lnkd.in/euUpanPy
Source du travail
- Constats de mes consultations
- doi:10.1080/87559129.2020.1717523