20/06/2025
𝐉𝐀𝐂𝐐𝐔𝐄𝐒 𝐀 𝐃𝐈𝐓 (𝟏𝟗𝟔𝟔)
« Quand le malade est envoyé au médecin ou quand il l'aborde, ne dites pas qu'il en attend purement et simplement la guérison. Il met le médecin à l'épreuve de le sortir de sa condition de malade ce qui est tout à fait différent, car ceci peut impliquer qu'il est tout a fait attaché à l'idée de la conserver. Il vient parfois nous demander de l'authentifier comme malade, dans bien d'autres cas il vient, de la façon la plus manifeste, vous demander de le préserver dans sa maladie, de le traiter de la façon qui lui convient à lui, celle qui lui permettra de continuer d'être un malade bien installé dans sa maladie. Ai-je besoin d'évoquer mon expérience la plus récente : un formidable état de dépression anxieuse permanente, durant déjà depuis plus de 20 ans, le malade venait me trouver dans la terreur que je fis la moindre chose. À la seule proposition de me revoir 48 heures plus t**d, déjà, la mère, redoutable, qui était pendant ce temps campée dans mon salon d'attente avait réussi à prendre des dispositions pour qu'il n'en fût rien.
Ceci est d'expérience banale, je ne l'évoque que pour vous rappeler la signification de la demande, dimension où s'exerce à proprement parler la fonction médicale, et pour introduire ce qui semble facile à toucher et pourtant n'a été sérieusement interrogé que dans mon école, - à savoir la structure de la faille qui existe entre la demande et le désir.
Dès qu'on a fait cette remarque, il apparaît qu'il n'est pas nécessaire d'être psychanalyste, ni même médecin, pour savoir que lorsque quiconque, notre meilleur ami, qu'il soit du sexe mâle ou femelle nous demande quelque chose, ce n'est pas du tout identique et même parfois diamétralement opposé à ce qu'il désire. »
𝘐𝘯 [𝘊𝘰𝘯𝘧𝘦́𝘳𝘦𝘯𝘤𝘦 𝘦𝘵 𝘥𝘦́𝘣𝘢𝘵 𝘥𝘶 𝘊𝘰𝘭𝘭𝘦̀𝘨𝘦 𝘥𝘦 𝘔𝘦́𝘥𝘦𝘤𝘪𝘯𝘦 𝘢̀ 𝘓𝘢 𝘚𝘢𝘭𝘱𝘦𝘵𝘳𝘪𝘦̀𝘳𝘦 : 𝘊𝘢𝘩𝘪𝘦𝘳𝘴 𝘥𝘶 𝘊𝘰𝘭𝘭𝘦̀𝘨𝘦 𝘥𝘦 𝘔𝘦́𝘥𝘦𝘤𝘪𝘯𝘦 (1966)]
➡️ 𝐋𝐢𝐫𝐞 𝐥𝐞 𝐭𝐞𝐱𝐭𝐞 : http://aejcpp.free.fr/lacan/1966-02-16.htm
𝘗𝘩𝘰𝘵𝘰 : 𝘑𝘢𝘤𝘲𝘶𝘦𝘴 𝘓𝘢𝘤𝘢𝘯