06/03/2026
🟣 Les groupes Facebook TDAH aident-ils vraiment les adultes diagnostiqués ?
👉 Les adultes interrogés dans cette étude décrivent ces groupes comme des espaces de soutien informationnel, émotionnel et social : trois dimensions complémentaires qui participent, selon eux, à un sentiment de compréhension et d’appartenance.
Cette étude apporte des éléments de réponses concrets à mon idée de départ : créer un groupe Facebook où les membres pourront avoir accès à la fois à de l'entraide ainsi qu'à des ressources fiables. Grâce au travail génial de notre modératrice, je pense que l'objectif et atteint. Voyons ce que cette étude peut nous apporter de plus à ce sujet.
On entend souvent que les réseaux sociaux aggravent l’isolement ou la détresse psychologique. Mais que se passe-t-il lorsque des adultes récemment diagnostiqués TDAH rejoignent des groupes dédiés comptant parfois des dizaines de milliers de membres ?
Cette étude qualitative a interrogé 20 adultes TDAH (9 hommes, 11 femmes), âgés de 27 à 64 ans (âge moyen ≈ 42 ans), membres de grands groupes Facebook.
La question était simple : qu’est-ce que ces groupes leur apportent concrètement ?
Les réponses convergent autour de trois formes de soutien.
1️⃣ Un soutien informationnel
Les participants décrivent les groupes comme une source d’informations concrètes et immédiatement accessibles :
⚫ Comprendre le diagnostic
⚫ S’informer sur les traitements (y compris les pénuries)
⚫ Découvrir des stratégies d’organisation ou de gestion du quotidien
L’information n’est pas perçue comme théorique, mais comme issue d’expériences vécues. Autrement dit : “quelqu’un l’a testé avant moi”.
2️⃣ Un soutien émotionnel
C’est peut-être l’aspect le plus marquant.
◼️ Se reconnaître dans les récits des autres
◼️ Réduire le sentiment d’anomalie personnelle
◼️ Développer plus d’auto-compassion
Plusieurs participants décrivent un effet spécifique : le passage du “je suis défaillant” au “je fonctionne différemment”.
La reconnaissance mutuelle est décrite comme un mécanisme de validation.
3️⃣ Un soutien social
Au-delà des conseils, ces groupes créent un sentiment d’appartenance :
🔻 Aider les autres renforce le sentiment d’utilité
🔻 Participer donne l’impression de faire partie d’un collectif
🔻 Les malentendus habituels sont moins présents entre “pairs”
Les groupes ne sont donc pas seulement des lieux d’échange d’informations, mais des espaces de normalisation et d’identité partagée.
🧠 En résumé :
ces groupes sont décrits comme fonctionnant selon trois dimensions : information, reconnaissance émotionnelle et appartenance sociale.
C’est leur combinaison qui semble associée, dans les récits des participants, au bénéfice ressenti.
🔎 Méthodologie
20 entretiens semi-directifs, réalisés sur Zoom en novembre 2024
Participants membres de groupes Facebook TDAH israéliens
Analyse thématique inductive (les thèmes émergent des données plutôt que d’être imposés à l’avance)
Il s’agit d’une étude qualitative : elle explore le vécu en profondeur, mais ne mesure pas d’effet statistique sur la santé mentale ni de lien causal.
Résultats
Les chercheurs distinguent clairement :
⚫ Soutien informationnel (connaissances pratiques, compréhension du diagnostic)
⚫ Soutien émotionnel (validation, identification, réduction de la solitude)
⚫ Soutien social (appartenance, contribution, engagement communautaire)
Un participant décrit un engagement particulièrement intense juste après le diagnostic, moment où le besoin d’informations et de compréhension est élevé.
Limites
◼️ Échantillon réduit (20 personnes)
◼️ Participants issus uniquement de groupes israéliens
◼️ L’échantillon peut sous-représenter les membres plus passifs
◼️ Étude qualitative : elle décrit des expériences subjectives, sans démontrer d’impact causal sur le bien-être
Les auteurs restent prudents : les effets globaux des réseaux sociaux sur la santé mentale demeurent débattus dans la littérature.
💬 Ce que cela suggère ?
Les groupes de pairs en ligne peuvent constituer, selon les participants, un complément de soutien, notamment lorsque l’accès à des ressources locales est limité.
SOURCE :
Isser, M., & Gazit, T. (2026). Scrolling for support: informational, emotional, and social support in adult ADHD Facebook groups. Frontiers in Psychiatry, 16, 1755437. https://doi.org/10.3389/fpsyt.2025.1755437