Psychologue - TDAH Adulte - Guillaume Baissette

Psychologue - TDAH Adulte - Guillaume Baissette Psychologue / Psychothérapeute / Titulaire d'un Master 2 en psychologie clinique
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🟣 Les groupes Facebook TDAH aident-ils vraiment les adultes diagnostiqués ?👉 Les adultes interrogés dans cette étude déc...
06/03/2026

🟣 Les groupes Facebook TDAH aident-ils vraiment les adultes diagnostiqués ?

👉 Les adultes interrogés dans cette étude décrivent ces groupes comme des espaces de soutien informationnel, émotionnel et social : trois dimensions complémentaires qui participent, selon eux, à un sentiment de compréhension et d’appartenance.

Cette étude apporte des éléments de réponses concrets à mon idée de départ : créer un groupe Facebook où les membres pourront avoir accès à la fois à de l'entraide ainsi qu'à des ressources fiables. Grâce au travail génial de notre modératrice, je pense que l'objectif et atteint. Voyons ce que cette étude peut nous apporter de plus à ce sujet.

On entend souvent que les réseaux sociaux aggravent l’isolement ou la détresse psychologique. Mais que se passe-t-il lorsque des adultes récemment diagnostiqués TDAH rejoignent des groupes dédiés comptant parfois des dizaines de milliers de membres ?

Cette étude qualitative a interrogé 20 adultes TDAH (9 hommes, 11 femmes), âgés de 27 à 64 ans (âge moyen ≈ 42 ans), membres de grands groupes Facebook.
La question était simple : qu’est-ce que ces groupes leur apportent concrètement ?

Les réponses convergent autour de trois formes de soutien.

1️⃣ Un soutien informationnel

Les participants décrivent les groupes comme une source d’informations concrètes et immédiatement accessibles :
⚫ Comprendre le diagnostic
⚫ S’informer sur les traitements (y compris les pénuries)
⚫ Découvrir des stratégies d’organisation ou de gestion du quotidien

L’information n’est pas perçue comme théorique, mais comme issue d’expériences vécues. Autrement dit : “quelqu’un l’a testé avant moi”.

2️⃣ Un soutien émotionnel

C’est peut-être l’aspect le plus marquant.

◼️ Se reconnaître dans les récits des autres
◼️ Réduire le sentiment d’anomalie personnelle
◼️ Développer plus d’auto-compassion

Plusieurs participants décrivent un effet spécifique : le passage du “je suis défaillant” au “je fonctionne différemment”.

La reconnaissance mutuelle est décrite comme un mécanisme de validation.

3️⃣ Un soutien social

Au-delà des conseils, ces groupes créent un sentiment d’appartenance :
🔻 Aider les autres renforce le sentiment d’utilité
🔻 Participer donne l’impression de faire partie d’un collectif
🔻 Les malentendus habituels sont moins présents entre “pairs”

Les groupes ne sont donc pas seulement des lieux d’échange d’informations, mais des espaces de normalisation et d’identité partagée.

🧠 En résumé :
ces groupes sont décrits comme fonctionnant selon trois dimensions : information, reconnaissance émotionnelle et appartenance sociale.
C’est leur combinaison qui semble associée, dans les récits des participants, au bénéfice ressenti.

🔎 Méthodologie

20 entretiens semi-directifs, réalisés sur Zoom en novembre 2024
Participants membres de groupes Facebook TDAH israéliens

Analyse thématique inductive (les thèmes émergent des données plutôt que d’être imposés à l’avance)

Il s’agit d’une étude qualitative : elle explore le vécu en profondeur, mais ne mesure pas d’effet statistique sur la santé mentale ni de lien causal.

Résultats

Les chercheurs distinguent clairement :
⚫ Soutien informationnel (connaissances pratiques, compréhension du diagnostic)
⚫ Soutien émotionnel (validation, identification, réduction de la solitude)
⚫ Soutien social (appartenance, contribution, engagement communautaire)

Un participant décrit un engagement particulièrement intense juste après le diagnostic, moment où le besoin d’informations et de compréhension est élevé.

Limites
◼️ Échantillon réduit (20 personnes)
◼️ Participants issus uniquement de groupes israéliens
◼️ L’échantillon peut sous-représenter les membres plus passifs
◼️ Étude qualitative : elle décrit des expériences subjectives, sans démontrer d’impact causal sur le bien-être

Les auteurs restent prudents : les effets globaux des réseaux sociaux sur la santé mentale demeurent débattus dans la littérature.

💬 Ce que cela suggère ?

Les groupes de pairs en ligne peuvent constituer, selon les participants, un complément de soutien, notamment lorsque l’accès à des ressources locales est limité.

SOURCE :
Isser, M., & Gazit, T. (2026). Scrolling for support: informational, emotional, and social support in adult ADHD Facebook groups. Frontiers in Psychiatry, 16, 1755437. https://doi.org/10.3389/fpsyt.2025.1755437

Voici le dernier post de cette série consacrée aux 4 fonctions exécutives impactées par les troubles de l’inhibition, se...
05/03/2026

Voici le dernier post de cette série consacrée aux 4 fonctions exécutives impactées par les troubles de l’inhibition, selon le modèle de Russell Barkley.

Après la mémoire de travail non verbale, la mémoire de travail verbale et l’autorégulation des affects/motivation, je termine aujourd’hui par :

🟦 La reconstitution (ou analyse et synthèse comportementale)

🧠 De quoi parle-t-on exactement ?

Dans le modèle de Barkley, le cœur du TDAH n’est pas un déficit d’attention, mais un trouble de l’inhibition comportementale.

▪ L’inhibition crée une pause.
▪ Cette pause permet d’activer les fonctions exécutives.
▪ Parmi elles : la reconstitution.

La reconstitution désigne la capacité à :

◼ Analyser un comportement
→ Décomposer une situation en éléments pertinents.
→ Identifier déclencheurs, étapes, bifurcations, conséquences.
→ Comprendre où la séquence a dysfonctionné.

◼ Synthétiser un comportement
→ Recombiner ces éléments différemment.
→ Générer plusieurs alternatives crédibles.
→ Formuler des règles du type “si… alors…”.
→ Construire une stratégie plus adaptée.

Autrement dit : Il s’agit de la capacité à “débuguer” son propre comportement, puis à en concevoir une version plus efficace.

🔎 Dans le TDAH ?

Sans inhibition suffisante :
▪ La réponse dominante part trop vite.
▪ La pause réflexive est réduite.
▪ L’analyse reste superficielle.
▪ La génération d’alternatives est limitée.

Ce n’est pas un problème d’intelligence. C’est un problème de mise en forme exécutive du comportement au moment critique.

📌 À quoi cela ressemble chez l’adulte ?
◾ Difficulté à tirer une leçon actionnable d’un échec.
◾ Tendance à répéter des scénarios similaires.
◾ Plans trop linéaires, fragiles face aux imprévus.
◾ Peu d’options disponibles sous stress.
◾ Difficulté à formuler des règles stables et applicables.

La personne peut comprendre parfaitement la situation mais ne pas parvenir à reconstruire une stratégie opérationnelle au moment opportun.

🎯 En résumé

La reconstitution, dans le modèle de Barkley, correspond à :
🔹 Décomposer
🔹 Comprendre
🔹 Recombiner
🔹 Générer des alternatives
🔹 Construire des règles
🔹 Adapter son comportement de manière flexible

C’est la fonction exécutive qui transforme l’expérience en stratégie. Et lorsque l’inhibition est fragile, cette transformation devient coûteuse.

Cette série se termine ici. Elle visait à clarifier un point essentiel : dans le modèle de Barkley, les difficultés observées dans le TDAH adulte s’organisent autour d’un mécanisme central, l’inhibition, dont découlent quatre grandes fonctions exécutives.

SOURCES :
Barkley, R. A. (1997). Behavioral inhibition, sustained attention, and executive functions: Constructing a unifying theory of ADHD. Psychological Bulletin.
Barkley, R. A. (2012). Executive functions: What they are, how they work, and why they evolved.
Barkley, R. A. (2015). Attention-Deficit Hyperactivity Disorder: A Handbook for Diagnosis and Treatment.

🧠 Peut-on distinguer un TDAH adulte simplement en observant comment vos yeux bougent pendant 2 minutes ?👉 Réponse de l’é...
04/03/2026

🧠 Peut-on distinguer un TDAH adulte simplement en observant comment vos yeux bougent pendant 2 minutes ?

👉 Réponse de l’étude : dans cet échantillon précis, oui, partiellement, surtout si l’on combine la taille moyenne de la pupille et la “complexité” des micro-mouvements oculaires.
Mais ces résultats restent préliminaires et nécessitent une validation sur des cohortes indépendantes.

Quand on parle de TDAH, on pense à l’attention, à l’impulsivité, à la motivation.
Mais si une partie de la réponse se trouvait aussi dans la dynamique spontanée de vos yeux lorsque vous fixez un simple point sur un écran ?

👀 Dans cette étude, des adultes avec et sans TDAH devaient fixer une petite croix pendant 2 minutes.

Les chercheurs ont mesuré :
🔹 le diamètre moyen de la pupille
🔹 la complexité des micro-mouvements oculaires (à quel point les variations sont imprévisibles ou régulières dans le temps)

📊 Ce qu’ils observent :

◼️ Une pupille moyenne significativement plus grande chez les adultes avec TDAH
(la mesure porte uniquement sur la moyenne, pas sur la variabilité pupillaire)

◼️ Des mouvements oculaires moins complexes, donc plus réguliers et prévisibles
🔹 Contrôle vs TDAH : surtout pour les mouvements verticaux
🔹 Contrôle vs groupe “drug-naïve” (n'a jamais pris de traitement) : horizontal et vertical

◼️ Lorsque les chercheurs testent la capacité à distinguer les groupes :

🔹 Contrôle vs TDAH : meilleure performance (AUC ≈ 0,83) avec
Pupille + complexité verticale

🔹 Contrôle vs drug-naïve : meilleure performance (AUC ≈ 0,83) avec
Pupille + complexité horizontale
(≈ 0,82 avec la verticale)

Pour simplifier :
0,5 = hasard
1,0 = discrimination parfaite
0,83 = bonne capacité de distinction dans cet échantillon, sans être parfaite.

Important : les deux mesures de complexité (horizontal et vertical) sont fortement corrélées entre elles.
Les combiner n’améliore pas la prédiction et peut introduire de la redondance.

Autre point notable : ces marqueurs ne sont pas corrélés de manière significative aux scores ASRS (sévérité auto-rapportée).
Ils semblent donc davantage utiles pour distinguer des profils que pour mesurer l’intensité symptomatique.

🔬 Pour aller plus loin

Méthodologie
👥 36 adultes
• 20 sans TDAH
• 16 avec TDAH (dont 11 sans traitement)

Le groupe drug-naïve était plus jeune en moyenne ; l’âge a donc été utilisé comme covariable dans les analyses.

📡 Enregistrement oculométrique à 300 Hz.
Les données ont été segmentées (epochs de 10 secondes), filtrées, et contrôlées pour les artefacts (clignements, mouvements de tête).

Les chercheurs ont analysé la complexité temporelle via une entropie multi-échelle (Fuzzy Entropy). Ils ont également comparé les signaux à des séries “surrogates” (IAAFT) pour vérifier que les fluctuations observées ne relevaient pas d’un simple bruit linéaire.

Pour la classification, ils ont utilisé une régression logistique pénalisée (Lasso) avec validation croisée leave-one-out.

Résultats détaillés
🔹 Complexité oculomotrice significativement plus faible dans le groupe TDAH
🔹 Pupille moyenne significativement plus large
🔹 Les meilleures performances combinent pupille + une seule mesure de complexité
🔹 Les performances incluent des variations de sensibilité et spécificité selon les comparaisons
🔹 Absence de corrélation significative avec les scores ASRS

Limites
⚫ Petit échantillon
⚫ Déséquilibre entre groupes
⚫ Différences d’âge entre sous-groupes
⚫ Effets potentiels de la médication
⚫ Sensibilité aux artefacts moteurs
⚫ Absence de validation externe
⚫ Il ne s’agit pas d’un outil diagnostique clinique validé

🧩 Ce que cela suggère ?

Pas un “test automatique” mais une piste vers des marqueurs physiologiques complémentaires, non invasifs et rapides, qui pourraient, après réplication, contribuer à affiner certaines évaluations.

SOURCE :
Ueno, A., Nobukawa, S., & Shirama, A. (2025). Multimodal biomarker based on temporal complexity of eye movements and pupil diameter in attention-deficit/hyperactivity disorder. PLOS mental health, 2(10), e0000456. https://doi.org/10.1371/journal.pmen.0000456

🔵 TDAH adulte : inhibition et fonctions exécutivesPour poursuivre et conclure cette semaine consacrée aux deux autres fo...
03/03/2026

🔵 TDAH adulte : inhibition et fonctions exécutives

Pour poursuivre et conclure cette semaine consacrée aux deux autres fonctions exécutives impactées par les troubles de l’inhibition dans le TDAH adulte selon le modèle de Barkley (en plus des deux vues la semaine dernière), je vous propose aujourd’hui de nous arrêter sur :

◼︎ Autorégulation des affects, de la motivation et de l’activation

1️⃣ Le point de départ : l’inhibition

Comme nous l'avons vu, dans le modèle de Russell Barkley, le TDAH est d’abord un trouble de l’inhibition comportementale. Autrement dit : une difficulté à faire pause, à retarder une réponse, à interrompre une réaction automatique.

Cette “micro-pause” est pourtant essentielle car elle permet aux fonctions exécutives de se déployer.

Quand cette pause est fragile, ce n’est pas seulement l’attention qui est affectée, c’est aussi la capacité à :
▪️ réguler ses émotions
▪️ maintenir sa motivation
▪️ ajuster son niveau d’activation (énergie, mise en route)

2️⃣ L’autorégulation des affects (émotions)

Autoréguler ses affects, ce n’est pas “ne pas ressentir”. C’est pouvoir :
◼︎ moduler l’intensité émotionnelle
◼︎ ajuster l’expression
◼︎ réduire la durée d’une montée émotionnelle
◼︎ éviter que l’émotion ne dicte immédiatement le comportement

Lorsque l’inhibition est fragile :
▪️ la montée émotionnelle peut être rapide
▪️ l’intensité peut être disproportionnée
▪️ la récupération peut être lente
▪️ l’émotion peut “prendre le volant”

Ce point est central dans le TDAH adulte, même s’il est longtemps resté sous-estimé.

3️⃣ L’autorégulation de l’activation (arousal)

L’activation correspond au niveau d’énergie mobilisée pour agir. C’est le “thermostat interne” :
◼︎ Trop d’activation → emballement, réactions impulsives
◼︎ Pas assez d’activation → inertie, difficulté à démarrer

Dans le modèle de Barkley, la régulation émotionnelle et la régulation de l’activation sont intimement liées. Une émotion mal modulée perturbe directement le niveau d’énergie mobilisé.

4️⃣ L’autorégulation de la motivation

La motivation n’est pas seulement une question d’envie. C’est la capacité à maintenir un effort vers un objectif en l’absence de récompense immédiate.

Chez l’adulte TDAH :
▪️ L’action est facilitée par l’intérêt, l’urgence, la nouveauté
▪️ Elle devient difficile quand la récompense est lointaine
▪️ La persistance chute sans stimulation externe

Autrement dit : la capacité à générer une motivation interne durable est fragilisée.

5️⃣ Le mécanisme global

Dans cette perspective :
🔹 L’inhibition crée la pause
🔹 La pause permet d’utiliser les fonctions exécutives
🔹 Ces fonctions permettent de réguler émotions, énergie et motivation
🔹 Cette régulation permet l’action orientée vers le long terme

Quand la première brique est fragile, l’ensemble du système est instable.
Le comportement devient davantage gouverné par :
▪️ l’émotion du moment
▪️ l’intérêt immédiat
▪️ l’urgence
▪️ la pression externe, plutôt que par des objectifs différés.

📌 En pratique clinique, cela éclaire de nombreuses situations :
◼︎ difficultés relationnelles liées à la réactivité émotionnelle
◼︎ procrastination chronique
◼︎ alternance entre inertie et emballement
◼︎ dépendance à la pression extérieure pour agir

Comprendre ce mécanisme change profondément la lecture du TDAH adulte : on ne parle plus simplement d’“attention”, mais d’autorégulation globale.

Je poursuivrai cette série avec la quatrième fonction exécutive impactée par les troubles de l’inhibition ce jeudi.

SOURCES :
Barkley, R. A. (2021). Taking Charge of Adult ADHD (2nd ed.). Guilford Press.
Kooij, J. J. S. (2021). Adult ADHD: Diagnostic Assessment and Treatment. Springer.
Consensus international avec 208 preuves sur le TDAH.
Oxford Textbook of ADHD.

🧠 Le TDAH expose-t-il à une utilisation plus élevée des soins de santé, et cet écart est-il différent selon le sexe, sur...
02/03/2026

🧠 Le TDAH expose-t-il à une utilisation plus élevée des soins de santé, et cet écart est-il différent selon le sexe, surtout pendant la pandémie ?

👉 Les données suggèrent que oui.
Dans une cohorte de plus de 427 000 personnes avec TDAH, comparées à autant de personnes sans TDAH (même âge, même sexe, même région), les chercheurs observent que les personnes avec TDAH semblent consulter davantage, en particulier pour des motifs de santé mentale.
Et cet écart apparaît plus marqué chez les femmes, notamment en 2020, première année de la pandémie.

🔎 Pour aller plus loin

Les chercheurs ont analysé les données de santé de toute une province canadienne entre 2014 et 2023.

Ils ont mesuré, chaque année :
◼️ les visites chez le médecin de famille
◼️ les consultations pour santé mentale (tous médecins confondus)
◼️ les passages aux urgences

📊 Résultat : les personnes avec TDAH présentent des différences brutes de taux de visites plus élevées que les personnes sans TDAH, en particulier pour la santé mentale.

En 2020, la différence brute annuelle moyenne de consultations en santé mentale entre les personnes avec et sans TDAH était de :

🔹 +5,09 visites par personne chez les femmes adultes
🔹 +4,41 chez les hommes adultes

Autrement dit : en moyenne, une femme adulte avec TDAH a eu environ 5 consultations de plus qu’une femme du même âge sans TDAH, cette année-là.

Chez les jeunes (1–17 ans) en 2020 :
🔹 +2,66 visites chez les filles
🔹 +2,02 chez les garçons

💡 Ces chiffres correspondent à des différences moyennes annuelles par personne (différences brutes de taux). Ils ne signifient pas “5 visites d’un coup”, mais un écart moyen observé sur l’année.

Autre point intéressant :
📉 En 2020, les consultations chez le médecin de famille ont diminué chez les jeunes avec TDAH, alors qu’elles ont plutôt augmenté chez les adultes.
La pandémie ne semble donc pas avoir déplacé le recours aux soins de la même manière selon l’âge.

Concernant les urgences, les auteurs indiquent que les filles de 10–17 ans semblent présenter les différences de taux les plus élevées sur l’ensemble de la période étudiée.

Enfin, si certaines différences apparaissent marquées en 2020, les trajectoires varient selon les groupes d’âge au fil des années. Par exemple, chez les 30–49 ans, le schéma observé en 2020 évolue en 2022, avec un retour à un profil où les hommes présentent des différences de taux plus élevées.

🧪 Méthodologie

◼️ Étude populationnelle rétrospective longitudinale (2014–2023)
◼️ 427 716 personnes avec TDAH
◼️ Appariement 1:1 avec des témoins (même sexe, même année de naissance, même région)
◼️ Identification du TDAH par algorithme validé :
▪ 2 consultations codées TDAH en un an
▪ ou 1 prescription spécifique

Les analyses reposent principalement sur des différences brutes de taux de visites annuelles entre groupes.

📈 Résultats détaillés

🔹 Sur l’ensemble de la période, les personnes avec TDAH présentent des différences de taux de recours aux soins plus élevées que les témoins.
🔹 L’écart apparaît particulièrement important pour les soins en santé mentale.
🔹 En 2020, ces différences brutes semblent plus marquées chez les femmes.
🔹 Les adolescentes (10–17 ans) semblent présenter les différences les plus élevées concernant les urgences.
🔹 Les trajectoires évoluent après 2020 et varient selon l’âge.

⚠️ Limites

◼️ Données administratives : absence d’informations fines sur la sévérité clinique, le genre, l’ethnicité ou le contexte psychosocial.
◼️ Impossible d’identifier précisément le motif clinique de chaque visite.
◼️ Certains soins privés ou non médicaux ne sont pas captés.
◼️ Étude descriptive : elle met en évidence des différences de taux, mais ne permet pas d’en établir les causes.

💭 Cette étude suggère que le TDAH ne se manifeste pas uniquement par des symptômes individuels, mais aussi par une trajectoire spécifique dans le système de soins : trajectoire qui semble varier selon le sexe et l’âge.

SOURCE :
Butt, D. A., Li, Y., Moineddin, R., O'Neill, B., Train, A. D., Gronsbell, J., Gershon, A. S., & Tu, K. (2025). Healthcare use in individuals with and without attention-deficit/hyperactivity disorder: A population-based longitudinal matched cohort study. PLOS mental health, 2(7), e0000342. https://doi.org/10.1371/journal.pmen.0000342

Partage du partage... Je suis totalement d'accord avec ce que dit Stéphanie Aubertin Psychologue L'organisation fonction...
28/02/2026

Partage du partage...

Je suis totalement d'accord avec ce que dit Stéphanie Aubertin Psychologue

L'organisation fonctionnelle de votre cerveau est si spécifique qu'elle est absolument unique et pourrait s'apparenter à une empreinte digitale.

Si on considère qu'on cerveau typique serait la moyenne de toutes les mesures d'imagerie de tous les cerveaux humains, alors, la probabilité que n'importe lequel de nos cerveaux soit dans la moyenne pour chacune des variables est proche de zéro : nous avons donc tous une partie "atypique" dans notre cerveau.
Ce sont ces déviations "naturelles" qui, lorsqu'elles sont accumulées finissent par atteindre un seuil qui génère une souffrance ou un handicap fonctionnel.

Il ne s'agit pas de catégories distinctes bien que ce serait plus facile à penser. Et justement, il nous faut maintenir la volonté de faire l'effort intellectuel de ne pas tomber dans ces simplifications et les risques qu'elles impliquent.

Il faut également penser en termes de développement et de trajectoires : il ne peut exister 2 cerveaux identiques.

Il semble qu’il y ait eu un malentendu à propos de notre épisode du podcast Intensément-Leadact, concernant ce que nous entendions par « neuroatypie » et la raison pour laquelle nous y aurions inclus le HPI.
Ce n’est pourtant pas ce qui a été dit, mais il est possible que je me sois mal exprimé pendant le podcast (entre autres lieux et temps où je me serais mal expliqué 😅 )

Quelques précisions donc :

Ma position personnelle, qui n’a jamais changé, et que j'ai déjà exprimé sur intensément, est que le HPI ne devrait pas être classé parmi les neuroatypies, parce qu’à la base le concept de neuroatypie renvoie aux troubles du neurodéveloppement, c’est-à-dire à des troubles, et que le HPI n’en est pas un.

Mais la notion de neuroatypie ou de neurodivergence n'est pas une notion médicale ou officielle, elle vient des mouvements militants de la neurodiversité, qui insistent sur l’idée que ces troubles du neurodéveloppement seraient avant tout des différences plutôt que des troubles ou des handicaps.

C’est à partir de cette vision des troubles comme de simples différences, combinée à la confusion médiatique et publique qui traite le HPI comme une pathologie, que le HPI s’est retrouvé mélangé aux neuroatypies, en particulier en France.

Il existe aussi de nombreuses personnes, y compris des spécialistes, qui considèrent que le HPI correspond à des capacités cognitives reposant sur une base neurologique différente de la norme, et donc une neuroatypie.

Par ailleurs, depuis 2025, le dictionnaire français Le Petit Robert définit la neuroatypie comme un fonctionnement neurologique qui diffère de la norme, et propose une courte liste : TDAH, autisme, troubles « Dys » et HPI.

À partir du moment où des spécialistes intègrent le HPI dans les neuroatypies, ou que le HPI figure dans la définition d’un dictionnaire de référence comme Le Petit Robert, il devient nécessaire de faire preuve de conciliation, de chercher à comprendre pourquoi certaines personnes ont cette vision, d’en discuter, et d’expliquer clairement votre propre positionnement.

Mon travail, que ce soit avec Intensément, comme je l’ai fait pendant un an et demi avec l’UDHP, ou comme je vais le faire avec Intensément-Leadact, consiste précisément à expliquer d’où vient le terme « neurotypie », ce qu’il signifiait à l’origine, ce que recouvrent les notions de différence par rapport à la norme neurologique, et pourquoi des personnes, des associations et même un dictionnaire en viennent à intégrer le HPI dans la liste des neuroatypies.

Ensuite, mon rôle est de dire : " Maintenant que vous avez ces éléments, vous ne pouvez plus faire comme si vous ne saviez pas. À vous, en fonction de votre positionnement, d’être capables d’expliquer correctement et honnêtement pourquoi vous choisissez d’intégrer le HPI dans une liste qui, à l’origine, ne comprend que des troubles ou des pathologies. "

Il va de soi qu’Anne est sur la même longueur d’onde ; simplement, son travail sera centré sur le coaching, chacun son rôle.
Et ce sera le même processus pour la plupart des sujets que nous traiterons avec Intensément-Leadact.

Vos commentaires sont les bienvenus !!!

🔵 TDAH adulte et discriminationCette étude permet d’objectiver la question des discriminations à partir de données natio...
27/02/2026

🔵 TDAH adulte et discrimination

Cette étude permet d’objectiver la question des discriminations à partir de données nationales représentatives australiennes.

◼️ L'étude

📍 Pays : Australie
📍 Collecte : fin 2024
📍 Échantillon total : N = 6032 adultes (panel probabiliste national)

Sous-échantillon analysé :
🔹 n = 2613 personnes ayant déclaré :
• soit un problème de santé mentale au cours des 12 derniers mois
• soit une détresse psychologique élevée mesurée par la K6 (échelle standardisée de symptômes anxio-dépressifs récents)

Les diagnostics (dont le TDAH) sont auto-rapportés.

Le design est transversal (cross-sectional) :
➡️ les données sont recueillies à un moment donné
➡️ aucune inférence causale n’est possible

◼️ Mesure de la discrimination

Les participants indiquaient :
🔵 s’ils avaient vécu une discrimination sur 12 mois
🔵 dans quels domaines précis (emploi, logement, famille, soins, etc.)
🔵 la fréquence
🔵 l’impact perçu

Un indicateur synthétique est calculé : le “burden” (fardeau)
Formule : fréquence × sévérité perçue
Échelle possible : −6 à +6

Ce score ne mesure pas une causalité. Il quantifie une combinaison d’exposition et d’impact subjectif.

L’étude distingue :
1️⃣ le score moyen de fardeau dans chaque domaine
2️⃣ le nombre total de domaines dans lesquels un fardeau est rapporté

🔵 Résultats généraux (tous troubles confondus, TDAH inclus)

1️⃣ Domaines les plus fréquemment rapportés
▪️ Vie sociale : 43,6 %
▪️ Famille : 41,4 %
▪️ Se faire / garder des amis : 41,0 %

Il s’agit de fréquences déclarées sur 12 mois.

2️⃣ Domaines avec les scores moyens de fardeau les plus élevés
▪️ Trouver un emploi : 2,09
▪️ Relations amoureuses : 2,02
▪️ Garder un emploi : 2,01
▪️ Logement : 1,97
▪️ Allocations / pensions : 1,92

➡️ Les domaines structurels (emploi, logement, ressources) concentrent le fardeau moyen le plus élevé.

🔵 Ce qui concerne spécifiquement le TDAH

Les personnes déclarant une dépression ou un TDAH rapportent un fardeau dans un plus grand nombre de domaines que celles déclarant des troubles anxieux ou des troubles mentaux sévères.

Cela signifie :
▪️ Ce n’est pas nécessairement un fardeau plus intense dans chaque domaine
▪️ Mais un fardeau plus diffus, réparti sur davantage de sphères de vie

À l’inverse :
▪️ Les troubles psychotiques présentent souvent des niveaux élevés dans certains domaines spécifiques
▪️ Mais pas nécessairement dans un nombre aussi étendu de domaines que le TDAH ou la dépression

C’est une différence structurelle importante.

🔴 Autres données marquantes

▪️ 67,7 % des répondants concernés estiment que la stigmatisation est “pire que le trouble lui-même”
(Il s’agit d’un jugement subjectif, non d’une comparaison clinique objectivée.)

Dans les interactions sociales et professionnelles :
▪️ motif fréquent : “les gens ne comprennent pas l’impact réel du trouble”

Dans le système de soins :
▪️ expérience de professionnels perçus comme sceptiques ou minimisants
→ ≈ 61 % parmi ceux rapportant une discrimination dans les soins

⚠️ Limites

▪️ Design transversal → aucune relation causale démontrable
▪️ Diagnostics auto-rapportés → absence de validation clinique
▪️ Mesures subjectives → biais d’attribution possibles
▪️ Enquête en ligne → malgré pondérations pour représentativité nationale, certaines populations peuvent être sous-représentées
▪️ Le score de fardeau est calculé uniquement si le domaine est applicable (ex : emploi)

L’étude n’établit aucun mécanisme expliquant pourquoi le TDAH est associé à un fardeau multi-domaines.

🔵 Lecture prudente pour le TDAH adulte

Ce que les données permettent d’affirmer :
▪️ Le TDAH adulte s’inscrit pleinement dans la dynamique nationale australienne de discrimination.
▪️ Le fardeau déclaré n’est pas concentré dans un seul secteur.
▪️ Il s’étend à un nombre plus large de domaines que l’anxiété ou les troubles mentaux sévères.
▪️ Les domaines structurels (emploi, logement, prestations) présentent les fardeaux moyens les plus élevés.

Ce que les données ne permettent pas d’affirmer :
▪️ Que la discrimination cause directement l’aggravation du TDAH
▪️ Que le TDAH présente le niveau de sévérité le plus élevé dans chaque domaine
▪️ Qu’il existe un mécanisme explicatif démontré

Source :
Reavley, N. J., Ross, A. M., McNaught, G., Green, R., & Morgan, A. J. (2026). A nationally representative survey of the impact of discrimination towards people with mental health problems: SANE’s 2025 National Stigma Report Card. Epidemiology and Psychiatric Sciences, 35, e9.

Alors il s'agit d'une étude portant sur les enfants avec TDAH mais je vous en partage rapidement les grandes lignes parc...
26/02/2026

Alors il s'agit d'une étude portant sur les enfants avec TDAH mais je vous en partage rapidement les grandes lignes parce que ça reste intéressant.

Les chercheurs ont voulu identifier des sous-groupes biologiques du TDAH à partir de l’organisation des réseaux cérébraux. Ils ont utilisé une méthode appelée Morphometric Similarity Networks (MSN). L'idée est de voir si différentes régions ont des caractéristiques structurelles similaires, et comment elles se connectent en réseau.

Très important. Ils ne comparent pas simplement “TDAH vs contrôle”. Ils construisent d’abord un modèle statistique du développement cérébral normal (en fonction de l’âge et du sexe), puis ils mesurent pour chaque enfant son écart par rapport à cette trajectoire normative. Donc ils obtiennent un score individuel d’“atypicité”.

Les 3 biotypes identifiés :

🟠 Biotype 1 : Combiné sévère + dysrégulation émotionnelle

Se caractérise par :
- Symptômes combinés marqués
- Forte dysrégulation émotionnelle
- Altérations réseau plus étendues

Implication fronto-striatale et orbitofrontale

Sur le plan longitudinal, les difficultés émotionnelles persistent davantage dans ce groupe.

Ce profil est celui qui se rapproche le plus des formes sévères avec irritabilité, réactivité émotionnelle, comorbidités thymiques.

🟠 Biotype 2 : Hyperactif/impulsif dominant

Altérations plus ciblées
Implication des circuits de contrôle de l’action (ACC–pallidum)
Moins centré sur l’émotion

🟠 Biotype 3 : Inattentif dominant

Profil plus spécifique au contrôle attentionnel
Implication du gyrus frontal supérieur
Hypothèse d’interférence du Default Mode Network

Ce qui semble plus intéressant encore c'est que les trois biotypes partagent un signal commun dans le cortex orbitofrontal (une déviation par rapport au développement typique dans ces paramètres de réseau).

Cela suggère :
- Un noyau physiopathologique partagé
- Sur lequel viennent se greffer des variations spécifiques

Ils ont comparé les cartes cérébrales des biotypes avec des cartes de densité de récepteurs (PET). Résultats :

Biotype 1 : correspondances avec systèmes dopamine, sérotonine, cholinergique, histamine
Biotype 2 : lien avec glutamate et système cannabinoïde.
Biotype 3 : corrélations sérotoninergiques plus spécifiques.

Mais :
⚠️ Ce sont des corrélations spatiales.
⚠️ Ce n’est PAS une preuve de dysfonction neurochimique réelle.
⚠️ Ce n’est PAS utilisable pour guider un traitement.

Normative modeling of morphometric similarity networks in identified three distinct biotypes with unique clinical-neural profiles, supporting more neurobiologically informed stratification for ADHD management.

https://ja.ma/4rccgNH

Adresse

264 Rue Sonja Hénié
Montpellier
34090

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