01/02/2026
Nous sommes façonnés avant d’être conscients.
L’intolérance n’a aucun fondement réel, elle repose sur une illusion: celle de croire que nous avons choisi qui nous sommes.
Se sentir fier d’être français, de posséder certaines valeurs, ou juger ceux qui en ont d’autres — une autre culture, une autre religion, une autre couleur de peau — repose sur cette illusion.
Or la majorité de nos comportements, de nos goûts et de nos croyances est inconsciente ( l’inconscient représente 90% de nos comportements/ émotion réactions). Nous sommes façonnés par notre environnement : nos parents, notre éducation, notre milieu social. Or, nous ne choisissons ni notre famille, ni notre pays de naissance, ni la culture dans laquelle nous grandissons.
Enfant, je m’en suis rendu compte très simplement. Je me souviens de disputes absurdes avec mes cousins : Peugeot contre Renault, ou encore la « bonne » manière de couper les tomates. Chacun défendait ce que ses parents lui avaient transmis, comme une vérité évidente. En réalité, nous ne faisions que reproduire.
Ces exemples sont anodins, mais le mécanisme est le même pour l’identité, les valeurs ou la culture. Ce que nous aimons ou rejetons est souvent le résultat d’associations apprises très tôt. Nous sommes parfois des perroquets convaincus de penser par nous-mêmes.
C’est pourquoi se sentir supérieur ou mépriser ceux qui sont différents n’a pas de sens. Si nous étions nés ailleurs, nous défendrions d’autres idées avec la même certitude.
La seule responsabilité que nous avons est de prendre conscience de nos conditionnements. Ce travail de lucidité permet d’évoluer : devenir un peu plus conscient, et un peu moins intolérant — envers les autres comme envers soi-même.