Azra Cigic Descoins - Psychanalyste à Nîmes

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📍FREUD A DIT QUELQUE CHOSE QUI DÉRANGE ENCORE : PARFOIS LE CORPS SOUFFRE DE CE QUI N’A PAS PU ÊTRE DIT 🚨Pendant longtemp...
13/02/2026

📍FREUD A DIT QUELQUE CHOSE QUI DÉRANGE ENCORE : PARFOIS LE CORPS SOUFFRE DE CE QUI N’A PAS PU ÊTRE DIT 🚨
Pendant longtemps, la médecine a cherché la douleur uniquement dans le corps.
Os.
Organes.
Nerfs.
Jusqu’au jour où quelqu’un a osé dire autre chose.
Son nom était Sigmund Freud.
Freud a observé quelque chose que personne ne voulait entendre :
👉 Il existe des douleurs bien réelles qui n’ont pas de cause organique claire,
mais cela ne signifie pas qu’elles soient imaginaires.
Des patients paralysés sans lésion.
Des douleurs intenses sans dommage visible.
Des symptômes physiques apparaissant juste après une perte, une peur ou un conflit.
Ils ne simulaient pas.
Ils n’exagéraient pas.
C’était le corps qui parlait.
Freud a appelé cela la conversion :
lorsque ce qui n’a pas pu s’exprimer par des mots
finit par s’exprimer à travers le corps.
Maux de tête.
Douleurs dans la poitrine.
Maux d’estomac.
Non pas comme métaphore.
Comme symptôme réel.
Cela ne signifiait pas que « tout était psychologique ».
Cela signifiait quelque chose de plus inconfortable :
👉 Le corps peut porter ce que l’esprit ne parvient pas à traiter.
Freud a été critiqué, ridiculisé et mal compris.
Mais aujourd’hui, les neurosciences reconnaissent quelque chose de proche de ce qu’il avait pressenti :
• le stress chronique rend malade
• le traumatisme s’imprime dans le corps
• l’émotion non exprimée ne disparaît pas
• elle se transforme
La grande leçon est celle-ci :
👉 La douleur ne vient pas toujours d’une blessure visible.
👉 Parfois, elle vient d’une histoire qui n’a jamais été racontée.
Écouter la douleur
ce n’est pas toujours chercher une lésion.
Parfois, c’est se demander :
qu’a dû taire ce corps pour commencer à souffrir ?
Une psychanalyse qui dérange.
Mais qui continue d’expliquer plus que nous ne voudrions l’admettre.

« L’incapacité à supporter l’attente est symptomatique, car l’attente instaure un espace de solitude. Attendre c’est se ...
12/02/2026

« L’incapacité à supporter l’attente est symptomatique, car l’attente instaure un espace de solitude. Attendre c’est se retrouver face à soi-même, à son être-seul, et à l’espoir improbable parfois que quelqu’un vienne mettre un terme à la détresse. Celui qui n’en est pas assuré ne peut supporter la solitude de l’attente. L’angoisse et l’attente sont d’ailleurs, selon Freud, reliées par le traumatisme de la situation de « désaide » (Hilflosigkeit), l’angoisse étant en même temps l’attente et la répétition du trauma .
L’impératif de « satisfaction immédiate », qu’on a souvent pointé du doigt dans les problématiques addictives, aurait ici davantage pour précurseur l’incapacité d’attendre que la tyrannie du plaisir, l’attente étant un état de solitude proche de l’état de détresse et génératrice d’angoisse. Toute attente est dans ces conditions interminable, car elle réveille la trace d’expériences possibles d’un temps trop long pour les capacités du sujet à l’époque où il les a vécues. L’attente implique alors l’angoisse que personne ne vienne au secours du sujet, et qu’il se vive plus qu’abandonné : seul, en détresse. Ce qui signifierait que dans le « besoin immédiat » que l’on rencontre notamment chez des toxicomanes, il ne s’agirait pas de mettre l’accent sur la satisfaction mais sur l’immédiateté, l’impossibilité d’attendre, qu’elle concerne ou non une satisfaction. On est ici moins dans une recherche de plaisir, que dans l’abolition du temps de solitude, ce qui apporte une autre perspective quant à la compréhension des mécanismes qui sous-tendent les activités addictives. »

C. Audibert, L’incapacité d’être seul, Éditions Payot

30/01/2026
21/01/2026

On disait des mères qui ne créaient pas de lien avec leur bébé qu’elles étaient froides, défaillantes, contre-nature. Puis une psychologue posa une autre question :
« Qu’a traversé cette famille ? »
Cette question a tout changé.

Années 1970. Ann Arbor, Michigan.

Une jeune mère est assise dans le cabinet de Selma Fraiberg, tenant son bébé de six mois à bout de bras. Les larmes coulent sur son visage.

« Je ne ressens rien », murmure-t-elle.
« Je le nourris. Je le change. Je fais tout correctement. Mais je ne ressens pas… je ne ressens pas ce que je suis censée ressentir. »

Elle s’attend au jugement.
À ce qu’on lui dise qu’elle est une mauvaise mère.
À la confirmation de cette terrible certitude qu’elle nourrit déjà à son sujet.

Au lieu de cela, Selma Fraiberg lui demande doucement :
« Parlez-moi de votre propre mère. »

Cette question — non pas « Qu’est-ce qui ne va pas chez vous ? » mais « Qu’est-ce qui vous est arrivé ? » — allait transformer en profondeur la manière dont la médecine comprend la maternité, le traumatisme et le développement du nourrisson.

Mais avant cela, elle allait sauver cette mère et ce bébé en particulier.

Selma Fraiberg naît en 1918 à Detroit, dans une famille d’immigrants juifs d’Europe de l’Est. Elle étudie la psychologie à la Wayne State University, puis obtient un master en travail social, spécialisée dans le développement de l’enfant.

Mais sa véritable formation se fait au contact des familles en crise.

Dans les années 1950 et 1960, Fraiberg travaille avec des familles pauvres, souvent confrontées à des traumatismes, à la maladie mentale et à des souffrances transmises de génération en génération. Elle effectue des visites à domicile — entrant dans des appartements chaotiques, observant des mères dépassées et des nourrissons en détresse, voyant des liens qui auraient dû se former… mais ne l’avaient pas été.

Les théories psychologiques dominantes de l’époque accusaient les mères de tout. Les « mères réfrigérateurs », froides et rejetantes, étaient censées provoquer l’autisme. La schizophrénie était attribuée à une pathologie maternelle. Si un bébé pleurait sans consolation ou ne s’attachait pas, la mère devait être défaillante.

Fraiberg voyait ce blâme détruire des femmes déjà à bout. Et elle n’y croyait pas.

Parce que ce qu’elle observait ne correspondait pas aux théories en vigueur.

Ces mères n’étaient pas froides. Elles étaient traumatisées. Dépressives. Hantées par leurs propres enfances faites de violences, de négligence ou de pertes. Et leurs bébés ne réagissaient pas à un manque d’amour, mais à des environnements saturés de souffrances non digérées.

La mère assise dans son bureau ce jour-là en était l’exemple parfait. En parlant, l’histoire émerge : sa propre mère souffrait de graves troubles mentaux, parfois violents. Enfant, elle avait appris que demander du réconfort entraînait une punition. Que pleurer signifiait danger. Que l’amour n’était pas sûr.

Aujourd’hui, tenant son propre bébé, ces anciens schémas se réactivaient. Lorsque son enfant pleurait — exprimant des besoins normaux — quelque chose en elle se coupait. Non pas parce qu’elle manquait d’amour, mais parce que son système nerveux la protégeait de sentiments qui avaient autrefois été dangereux.

Le bébé ressentait cette déconnexion et pleurait davantage. Elle se sentait encore plus inadéquate et se retirait encore plus. Le cercle vicieux s’installait.

« Vous n’êtes pas brisée », lui dit Fraiberg avec douceur.
« Vous réagissez à des fantômes. »

Cette expression — « les fantômes dans la chambre d’enfant » — deviendra le titre de l’article le plus célèbre de Fraiberg, publié en 1975.

Dans Ghosts in the Nursery, elle formule une idée révolutionnaire : les traumatismes non résolus de l’enfance des parents peuvent hanter leur relation avec leur bébé. Ces « fantômes » ne sont pas surnaturels — ce sont des schémas neurologiques et psychologiques forgés par les expériences précoces.

Une mère abandonnée peut inconsciemment se détacher de son nourrisson pour éviter une douleur future. Un père victime de maltraitance peut être submergé par les pleurs d’un bébé, ces sons réveillant sa propre terreur d’enfant. Ce ne sont pas des fautes morales. Ce sont des réponses traumatiques.

Et elles peuvent être soignées.

Fraiberg développe alors la psychothérapie parent-bébé — une approche qui travaille avec le parent et l’enfant ensemble, en répondant à la fois aux besoins immédiats du nourrisson et aux traumatismes non résolus du parent.

Elle se rend au domicile des familles, les rencontrant là où elles vivent au lieu de les contraindre à venir dans des cabinets cliniques impersonnels. Elle s’assoit par terre dans des appartements exigus, observe comment les mères tiennent leurs bébés, comment les bébés réagissent, et à quel moment le lien se rompt.

Et elle intervient avec une compassion radicale.

Au lieu de critiquer les mères, elle les aide à comprendre leur propre histoire. Elle traite leur dépression et leurs traumatismes. Elle leur apprend à reconnaître quand les « fantômes » interfèrent — lorsque les pleurs du bébé déclenchent leur douleur d’enfant plutôt que des réponses protectrices.

Le monde médical résiste. La santé mentale du nourrisson n’est pas encore reconnue. L’idée que les bébés aient une vie émotionnelle est controversée. Et suggérer que les mères aient besoin de soutien thérapeutique plutôt que de jugement est jugé radical.

Mais les résultats sont incontestables.

La mère qui ne ressentait rien revient quelques semaines plus t**d, tenant son bébé autrement. Contre elle. Avec tendresse. Le travail thérapeutique lui a permis de comprendre que son engourdissement n’avait rien à voir avec son fils. Il s’agissait de se protéger de sentiments autrefois dangereux.

Une fois cette prise de conscience faite, elle peut commencer à ressentir en sécurité. Le lien, impossible jusque-là, commence à se construire. Pas instantanément. Pas parfaitement. Mais réellement.

Fraiberg documente cas après cas. Des mères qualifiées de « froides » ou « rejetantes » qui se transforment lorsque leurs traumatismes sont pris en compte. Des bébés inconsolables qui s’apaisent lorsque la dépression maternelle est soignée.

En 1977, Fraiberg fonde le Child Development Project à l’Université du Michigan, créant l’un des premiers programmes formels de santé mentale du nourrisson. Elle forme des thérapeutes, mène des recherches et plaide pour des politiques publiques de soutien aux familles.

Elle démontre que l’intervention précoce — aider les familles dans les premiers mois après la naissance — peut prévenir des décennies de difficultés. Que soigner la dépression maternelle n’est pas seulement bénéfique pour les mères, mais essentiel au développement des bébés.

Elle montre que l’attachement n’est pas instinctif et automatique pour tout le monde. C’est un processus façonné par le contexte, l’histoire personnelle et la santé mentale. Et lorsque ce processus est difficile, la réponse n’est pas le blâme — mais le soutien.

C’était révolutionnaire.

Pendant des générations, des femmes en difficulté après la naissance ont porté une terreur silencieuse : la peur d’être monstrueuses pour ne pas ressentir immédiatement un amour débordant. La peur que dire leur engourdissement entraîne la condamnation ou le retrait de leur bébé.

Elles souriaient aux fêtes prénatales tout en se noyant intérieurement. Elles jouaient la gratitude qu’elles ne ressentaient pas. Elles se taisaient sur l’obscurité.

Fraiberg leur a donné le droit de parler.

Elle a nommé la dépression post-partum, les traumatismes non résolus et le stress environnemental comme des forces réelles entravant le lien — sans transformer les mères en coupables.

Elle a dit ce que tant de femmes avaient besoin d’entendre :

Vous n’échouez pas parce que c’est difficile.
Vous n’êtes pas sans amour parce que vous luttez.
Votre bébé n’est pas brisé parce qu’il pleure.
L’attachement n’est pas un interrupteur qui s’allume à la naissance. C’est un processus. Et un processus peut être soutenu.

Selma Fraiberg meurt en 1981 à 63 ans, mais son héritage transforme durablement les soins maternels et infantiles.

Aujourd’hui, la santé mentale du nourrisson est un domaine reconnu dans le monde entier. Les troubles de l’humeur post-partum sont dépistés — imparfaitement, mais ouvertement. Des programmes de visites à domicile existent pour soutenir les familles dans ces premiers mois cruciaux.

Les thérapeutes sont formés à demander :
« Qu’est-ce qui vous est arrivé ? »
plutôt que :
« Qu’est-ce qui ne va pas chez vous ? »

Ces avancées reposent sur les fondations que Fraiberg a posées à une époque où les mères étaient encore blâmées dans le silence.

Pour les millions de femmes qui ont souffert après la naissance sans mots ni aide — convaincues d’être seules, défaillantes, incapables d’un amour maternel « normal » — son travail affirme une vérité essentielle :

Ce que vous ressentiez était réel.
Ce dont vous aviez besoin, c’était de soutien, pas de jugement.
Et l’amour ne disparaît pas simplement parce qu’il arrive plus t**d.

La mère assise dans le cabinet de Fraiberg dans les années 1970, tenant son bébé à distance, a compris que son engourdissement ne venait pas d’un manque d’amour pour son enfant, mais de la nécessité de survivre à sa propre enfance.

Une fois cela compris, elle a pu commencer à guérir. Le lien s’est créé. Pas parfaitement. Pas sans travail. Mais véritablement.

On appelait ces mères « froides » et « brisées ». Puis Selma Fraiberg a demandé :
« Qu’a traversé cette famille ? »
au lieu de :
« Qu’est-ce qui ne va pas chez cette mère ? »

Cette simple question a changé notre compréhension de la maternité, du traumatisme et de l’amour.

Parce que parfois, la chose la plus réparatrice n’est pas d’exiger que les mères fassent mieux — mais de les aider à aller bien.

19/01/2026

Une petite fille négligée grandit souvent avec la conviction intime qu’elle n’a pas d’importance. Très tôt, elle apprend que sa présence ne mérite pas qu’on se batte pour elle, que sa voix n’est pas assez précieuse pour être entendue. Elle se tait, non par manque de pensées, mais parce que le monde détourne trop souvent le regard lorsqu’elle parle. Cette blessure ne saigne pas, ne crie pas — mais elle demeure. Silencieuse. Profonde. Et elle devient la base invisible de toute sa vie future.

Le désir d’affection, elle l’enterre au plus profond d’elle-même. Non parce qu’il a disparu, mais parce qu’il fait trop mal pour être reconnu. Elle devient une femme qui semble forte, indépendante, parfois même froide. Pourtant, derrière cette façade, vit encore une petite fille qui pose inlassablement la même question : Suis-je digne d’être aimée ? Cette question s’infiltre dans chaque choix — dans l’amour, dans les limites qu’elle s’autorise, dans la valeur qu’elle s’accorde.

Elle donne parfois trop, par peur d’être abandonnée. Ou bien elle garde les autres à distance avec dureté, par peur d’espérer. Elle accepte les miettes et les appelle suffisantes. Elle excuse l’absence, justifie l’indifférence et se rend responsable d’un amour qui n’a jamais été entier. Le monde lui a enseigné un grand mensonge : que le manque d’amour était de sa faute.

Mais la négligence n’est pas un destin, et les blessures ne sont pas une identité. La prise de conscience est le début de la révolte. Reconnaître qu’elle a été ignorée n’est pas une faiblesse, mais un acte de courage. Cette petite fille n’est pas brisée — elle n’a simplement jamais été vraiment tenue par le monde. Et aujourd’hui, en tant que femme, elle peut choisir : rester dans l’ombre du manque, ou créer sa propre lumière.





14/01/2026

EMPRISE TRANSGÉNÉRATIONNELLE :
Quand une famille parle à la place du sujet**
Joëlle Lanteri – Psychanalyste
**I. L’emprise n’est pas d’abord un rapport de force.
C’est un héritage.**
On croit souvent que l’emprise est un phénomène “entre deux personnes” — l’un domine, l’autre subit.
En clinique, c’est plus subtil, plus profond, plus ancien.
L’emprise naît bien avant le couple, dans la famille d’origine,
souvent deux ou trois générations plus haut,
dans ces transmissions silencieuses où :
les places sont distribuées,
les loyautés imposées,
les dettes héritées,
les rôles figés.
La personne prise dans l’emprise est rarement “faible”.
Elle est prise dans une chaîne psychique qu’elle n’a pas choisie.
Et celui qui exerce l’emprise n’est pas toujours un tyran.
Parfois, il est simplement l’enfant fabriqué pour porter les attentes d’avant lui.
II. L’origine : une dette qui ne dit pas son nom
Dans beaucoup de familles, un enfant naît pour :
réparer une souffrance parentale,
restaurer une image ternie,
accomplir un rêve brisé,
succéder à un parent défaillant,
donner une place à une femme qui n’en a pas reçu.
C’est la dette narcissique.
Elle ne s’énonce jamais, mais se transmet :
par l’admiration excessive,
par les sacrifices maternels,
par les injonctions de réussite,
par la glorification de l’enfant,
par l’effacement de ses failles.
L’enfant grandit dans un message implicite :
“Tu es tout pour moi.”
Cette phrase, en apparence tendre, est une chaîne invisible.
L’enfant devient un tuteur narcissique pour les générations précédentes.
**III. Le rôle du père fantôme :
Quand la limite n’a jamais été transmise**
Dans de nombreuses histoires d’emprise, on retrouve la même architecture :
un père absent, démissionnaire, inconsistant, silencieux, défaillant.
une mère ou une grand-mère en surinvestissement, qui fabrique l’enfant comme une œuvre personnelle.
Sans père tiers, l’enfant ne rencontre ni limite, ni séparation, ni contradiction constructive.
Il devient :
trop puissant,
trop nécessaire,
trop identitaire pour les femmes qui l’entourent.
Il n’apprend pas à se confronter.
Il apprend à régner, ou à servir.
Et plus t**d dans le couple,
il reproduira ce qu’il a reçu.
**IV. La grand-mère toute-puissante :
la matrice de l’emprise**
C’est presque une constante clinique :
derrière les couples dysfonctionnels, on trouve souvent une figure féminine antérieure,
puissante, sacrificielle, autoritaire ou fusionnelle.
Elle peut :
décider à la place de l’enfant,
penser pour lui,
exiger sa réussite,
lui transmettre sa solitude comme un devoir,
le tenir pour le rempart de la famille.
L’enfant devient son porte-identité.
Plus t**d, dans son couple, il exigera inconsciemment que sa compagne :
s’efface,
serve sa réussite,
protège son image,
assume les tâches inconfortables,
porte à son tour ce qu’il ne peut porter.
Ce n’est pas de la perversité.
C’est une répétition fidélitaire.
**V. L’emprise dans le couple :
une répétition en miroir**
Quand deux adultes s’unissent,
ils n’unissent pas seulement leurs personnes :
ils unissent leurs généalogies.
Dans ce couple, la femme occupe la place sacrifiée que sa mère et sa grand-mère ont peut-être occupée.
L’homme occupe la place du fils-roi, tuteur narcissique de plusieurs générations.
La scène se rejoue :
Il occupe.
Elle s’efface.
Il tient au symbole.
Elle tient à la relation.
Il dit “on verra”.
Elle dit “je n’en peux plus”.
Il protège l’héritage.
Elle protège le présent.
Elle paie une dette qui n’est pas la sienne.
Il défend un totem qui n’est plus un besoin, mais une identité héritée.
Ce n’est pas “leurs” choix.
C’est le retour des transmissions non résolues.
**VI. L’emprise n’est jamais unilatérale :
elle est un système**
Dans la plupart des couples pris dans l’emprise transgénérationnelle :
l’un porte la dette,
l’autre porte la culpabilité,
les deux sont pris dans une pièce écrite avant eux.
Victime et auteur sont des rôles mouvants.
Le système est stable,
parce qu’il est familial avant d’être conjugal.
**VII. Le rôle du thérapeute :
rendre possible la séparation psychique**
Le travail analytique consiste à :
1. Identifier les fantômes
Ceux qui agissent derrière eux :
la grand-mère toute-puissante,
le père absent,
la mère sacrificielle,
les loyautés invisibles.
2. Rendre consciente la dette
Sans accusation, mais avec lucidité :
“Ce n’est pas votre appartement.
C’est votre héritage.”
3. Restaurer la place de chacun
Elle : sujet à part entière.
Lui : homme et non enfant glorifié.
4. Introduire du tiers
Le tiers, ici, est mon écoute, ma parole, mon cadre.
C’est ce que le père n’a jamais transmis.
5. Nommer l’emprise sans culpabiliser
Nommer permet de desserrer.
Désigner sans condamner.
6. Séparer l’histoire familiale de la vie actuelle
Le couple ne doit pas porter les dettes du passé.
**VIII. Sortir de l’emprise transgénérationnelle :
un travail subtil**
Sortir de l’emprise n’est jamais une rupture brutale.
C’est un travail de différenciation :
“ça, c’est mon histoire”
“ça, c’est la tienne”
“ça, c’est l’histoire de ta famille”
“ça, nous n’avons plus à le porter”
“ça, nous devons le rendre”
On ne coupe pas une emprise :
on la démêle.
On la défamiliarise.
On la sépare du présent.
**IX. Conclusion :
L’emprise est un héritage qui cherche un corps où s’accrocher**
On croit que l’emprise vient d’une personne trop forte.
En vérité, elle vient d’un passé non digéré.
Dans ce couple, le mari n’est pas un tyran : il est le produit d’une chaîne dont il est l’otage.
Et sa femme n’est pas faible : elle porte la part maudite de cette transmission.
L’emprise transgénérationnelle n’est pas une lutte.
C’est une histoire familiale qui trouve un théâtre.
Le rôle du clinicien est de rendre aux vivants ce qui appartient aux morts.

06/01/2026

Adresse

1 Rue Rouget De Lisle
Nîmes
30000

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Lundi 09:00 - 21:00
Mardi 09:00 - 21:00
Mercredi 07:00 - 21:00
Jeudi 08:00 - 20:00
Vendredi 09:00 - 17:00

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