25/08/2025
💖Le TDAH et la vie sentimentale
Commençons par le caractère de l'intensité émotionnelle. Les personnes avec un TDAH vivent souvent leurs émotions de manière amplifiée. Cela peut rendre les débuts de relations passionnants, mais aussi générer de l’instabilité ou de la conflictualité.
Il y a aussi l’impulsivité. Dire des mots trop vite, prendre des décisions sans réfléchir ou s’engager rapidement peut fragiliser les liens.
Puis le besoin de stimulation en effet la routine peut être perçue comme étouffante, d’où la recherche constante de nouveauté et de « papillons dans le ventre ».
Enfin le rejet et l'hypersensibilité, ce qu'on appelle le "Rejection Sensitive Dysphoria" (RSD) peut rendre les ruptures ou conflits particulièrement douloureux.
🌡L'addiction comme "régulateurs" émotionnels
Beaucoup de personnes TDAH utilisent substances (alcool, cannabis, cocaïne, ni****ne, etc.) ou comportements (jeux, sexe, écrans) pour apaiser l’anxiété, calmer l’agitation intérieure ou réguler l’humeur.
Dans la vie sentimentale, l’addiction peut jouer un rôle double :
Premièrement un refuge quand la relation est source de stress ou de rejet; Deuxièmement comme moteur quand elle sert à intensifier le lien (ex. consommation partagée, recherche de sensations).
🌀 La spirale relation–addiction
Conflits de couple ➝ recours à la substance pour apaiser ➝ aggravation des conflits.
L’addiction peut aussi affaiblir la confiance et la stabilité affective, ce qui renforce l’instabilité déjà présente avec le TDAH.
🤥Il me semble important d'aborder le mensonge dans le couple face à l’addiction, je vais un peu insister sur ce point.
Dans beaucoup de couples où l’un vit avec un TDAH et une addiction, le mensonge s’invite.
Pas un mensonge pour trahir ou détruire, mais un mensonge « protecteur ».
Pourquoi ? Parce que la personne qui consomme sait que son conjoint n’est pas d’accord, qu’il risque de se fâcher, de juger, de menacer devpartir.bAlors elle cache. Elle dit « non j’ai pas bu », « non j’ai pas fumé », « oui je vais mieux »… Non pas pour blesser, mais pour éviter l’humiliation, la colère, l’abandon.
Il faut bien comprendre et prendre en compte que derrière ce mensonge, il y a : la peur d’être rejeté, la honte de ne pas réussir à arrêter, la culpabilité de faire souffrir l’autre.
C’est un mensonge paradoxalement bienveillant : il tente de protéger la relation, de préserver l’amour, d’éviter le conflit. Mais il abîme aussi la confiance, il crée un fossé qui sépare peu à peu.
🤔Comment transformer cette dynamique ?
Ce n’est pas simple. Mais quand le conjoint comprend que l’addiction n’est pas un simple « choix » ni un manque de volonté, le climat change. Résultat: loins de jugement ➝ plus de dialogue.
Ainsi que: moins de menaces ➝ plus de soutien.
Également: moins de peur ➝ plus d’honnêteté.
Le mensonge n’a plus besoin d’exister si la vérité n’entraîne pas automatiquement la punition ou l’abandon, mais ouvre au contraire un espace de compréhension et d’accompagnement.
✨ Le mensonge dans l’addiction n’est pas toujours une trahison.
Il est souvent le cri silencieux d’une personne qui veut garder l’amour, mais qui ne sait pas comment être aimée
📃Pourquoi il est PRIMORDIAL que le conjoint doit (un minimum) s’informer sur le TDAH?
Vivre avec une personne ayant un TDAH, c’est vivre avec un cerveau qui ne fonctionne pas selon les mêmes codes que la majorité. Ce n’est pas une question de mauvaise volonté ni de manque d’amour : c’est une manière différente de gérer l’attention, les émotions et l’organisation.
Les conflits a propos des tâches ménagères et de l’organisation:
Un conjoint TDAH peut oublier des tâches simples, même après avoir dit « oui », avoir du mal à hiérarchiser ce qui est urgent ou important, commencer plusieurs choses sans les terminer, procrastiner face aux tâches répétitives.
👉 Sans explications, tout cela ressemble vite à de la paresse, de l’égoïsme ou de l’irresponsabilité.
👉 Mais quand on connaît le TDAH, on comprend qu’il s’agit d’un dysfonctionnement de l’attention et de la motivation : le cerveau a du mal à initier et maintenir des activités jugées ennuyeuses, même si elles sont nécessaires.
Point également intéressant d'aborder l’ennui quasi constante et la recherche de stimulation
La routine peut être vécue comme un fardeau par une personne TDAH. Ce besoin constant de nouveauté et de stimulation peut donner l’impression qu’elle se lasse vite, qu’elle ne supporte pas la stabilité.
En réalité, c’est une particularité neurologique : l’ennui active une forme de détresse qui pousse à chercher quelque chose de plus stimulant.
↔️Alors concrètement pourquoi l’information change tout?
Quand le conjoint s’informe, il cesse de voir ces comportements comme des défauts moraux.Il devient moins exigeant sur la perfection domestique, il comprend que les rappels et routines ne sont pas du « maternage », mais un vrai soutien,
il ajuste ses attentes pour ne pas blesser inutilement.
En s'informant on se dirige vers une relation plus juste, on choisi de bâtir une relation où l’on ne reproche pas sans cesse, où l’on distingue ce qui relève du trouble de ce qui relève de l’effort. Cela permet d’instaurer des stratégies adaptées : listes visuelles, rappels partagés, répartition équitable des tâches selon les forces de chacun.
✨ Le savoir est un acte d’amour.
Un conjoint qui comprend le TDAH apprend à être partenaire, pas surveillant. Et cette compréhension ouvre la voie à une relation plus douce, plus solidaire et plus durable.
☢️Et l'addiction dans tout ça ? Et bien
comprendre le TDAH dans le couple a un effet protecteur vis-à-vis des addictions
Beaucoup de personnes avec un TDAH développent des conduites addictives (alcool, cannabis, jeux, achats, écrans…) parce qu’elles cherchent à apaiser leurs émotions, supporter l’ennui, ou fuir le sentiment d’échec et de rejet.
La relation amoureuse peut jouer ici un rôle déterminant : selon qu’elle est compréhensive ou exigeante à outrance, elle peut aggraver ou atténuer le risque d’addiction.
Moins il y a de culpabilité, moins il y a de fuite.
Quand le conjoint comprend que les oublis, le désordre ou les difficultés d’organisation font partie du TDAH, la personne se sent moins jugée et moins coupable.
👉 Or la culpabilité et la honte sont des déclencheurs puissants de l’addiction : on boit, on fume, on consomme pour « oublier » ou pour calmer la douleur intérieure.
Un regard bienveillant réduit donc la tentation de chercher refuge dans la substance.
Consecutivement, réduire le stress relationnel.
Un couple où le TDAH n’est pas compris devient vite un terrain de conflits permanents : reproches sur les tâches ménagères, oublis, désorganisation…
Ce climat conflictuel nourrit le stress, et le stress alimente l’addiction comme stratégie de régulation.
👉 À l’inverse, quand le conjoint est informé, les conflits s’apaisent, le foyer devient un espace plus sûr et moins anxiogène.
Important : soutien au lieu de solitude
Beaucoup de personnes TDAH se sentent seules dans leur lutte quotidienne. Cette solitude les pousse vers des « béquilles » addictives.
Un conjoint qui connaît le trouble devient un allié : il aide à mettre en place des routines, encourage les efforts, valorise les réussites.
👉 Ce soutien rompt le cercle de l’isolement, qui est un terrain fertile pour les addictions.
Trouver ensemble d’autres sources de stimulation
Le TDAH est marqué par la recherche constante de nouveauté. Si cette stimulation n’est pas nourrie dans le couple (activités, projets communs, créativité partagée), la personne peut la chercher dans la consommation.
Un conjoint averti peut proposer des stimulants naturels et positifs : sport, voyages, activités artistiques, jeux, découvertes… autant d’alternatives saines qui réduisent le besoin d’auto-médication.
✨ En résumé :
Un conjoint qui s’informe et ajuste ses attentes ne « guérit » pas le TDAH, mais il crée un environnement où la honte, le stress et l’ennui — grands moteurs de l’addiction — perdent de leur pouvoir. La relation devient alors un facteur protecteur au lieu d’un déclencheur.
Bref
Quand le TDAH est reconnu et pris en compte (psychoéducation, traitement, thérapie), la communication et la stabilité s’améliorent.
Les couples qui comprennent le rôle de l’impulsivité et de la recherche de stimulation peuvent apprendre à les canaliser positivement (activités partagées, créativité, projets).
Le traitement et l’accompagnement des addictions doivent inclure la dimension relationnelle : pas seulement « arrêter une substance », mais reconstruire un équilibre affectif et émotionnel.
J'ai une dernière idée mais je ne sais pas si elle est bonne: et si un TDAH recherchait un compagnon lui-même TDAH?
Selon vous bonne ou mauvaise idée?
Qu’est-ce qui fait tenir votre couple face au TDAH et à l’addiction ? Vos façons de communiquer sans jugement ?