19/11/2025
Depuis quelques jours, un projet d'amendement secoue les professionnels du soin psychique et de nombreuses voix s'élèvent pour le dénoncer.
Une pétition est d'ailleurs en ligne https://c.org/TjssCYNRnq
"Quand la psychanalyse disparaît des institutions, ce n’est pas seulement une orientation théorique qui s’efface.
C’est un autre rapport au soin, au symptôme, au sujet, qui est peu à peu éliminé.
Certes, certains psychanalystes ont pu contribuer à cette marginalisation, en considérant que la cure ne pouvait exister qu’en cabinet, dans un cadre pur. Mais la clinique d’orientation psychanalytique en institution, ce n’est pas cela. C’est une autre manière d’être présent, d’écouter, de ne pas réduire.
C’est une éthique du soin :
où l’on ne précipite pas le symptôme à disparaître,
où l’on entend que ce qui ne va pas dit quelque chose,
où l’on comprend que le silence est aussi une parole.
Ce n’est pas un luxe, ni un refus du progrès.
C’est souvent ce qui évite des erreurs, ce qui sauve des vies :
là où les analyses n’indiquent rien, mais où la plainte dit tout,
là où un symptôme, si on l’écrase, peut faire effondrer un patient,
là où l’écoute permet de déjouer une détresse vitale qu’aucun protocole ne repère.
Ce que l’on est en train de perdre, ce n’est pas une école de pensée.
C’est la possibilité même d’un soin humain, sensible, ajusté.
Combien de diagnostics manqués, de complications évitables,
de souffrances niées sous prétexte que “les examens ne montrent rien” ?
La clinique, ce n’est pas seulement des résultats.
C’est une rencontre. C’est une écoute.
C’est ce qui entend au-delà de ce qui est visible.
Parfois, la parole alerte avant l’analyse.
Parfois, le symptôme dit ce que l’imagerie ne montre pas encore.
Parfois, le corps parle, et la machine se tait.
Écouter, c’est soigner.
Vraiment
Et ce que l’on gagne à la place ?
Une chaîne d’actes techniques.
Des réponses automatisées.
Une parole cadrée, cochée, corrigée, et vite oubliée.
Soigner, ne se résume pas à rentrer des items dans des cases
C’est écouter. Jusqu’au bout. »
V. ROGER.