30/12/2025
Il y a des rumeurs qui ne font pas de bruit.
Je ne parle pas de celles qu’on entend dehors.
Je parle de celles qui naissent dans la famille.
Je leur ai donné un nom : la rumeur familiale.
Ça commence souvent très tôt.
Autour d’une table.
Entre deux phrases qu’on ne relève même pas.
« Elle est tête en l’air. »
« Lui, les affaires, c’est pas son truc. »
« Il est un peu bordélique. »
« C’est l’original. »
Personne ne pense à mal.
On sourit.
Parfois on rit.
Et puis les années passent.
La phrase revient.
Toujours la même.
Aux repas.
Aux réunions de famille.
Et à force, ce n’est plus une phrase.
C’est une place.
Et ça, on ne le voit pas toujours.
Alors je m’explique.
Parce que dans une famille, une étiquette ne sert pas seulement à parler de quelqu’un.
Elle sert à organiser tout le reste.
Si l’un est « tête en l’air »
quelqu’un d’autre devient « le sérieux »
Si l’un est « l’original »
les autres peuvent rester « dans la norme »
Changer cette place-là,
ça ne concerne jamais une seule personne.
Ça obligerait tout le monde à bouger.
Alors le système tient.
Il résiste.
Même quand ça coûte.
Et pendant ce temps-là, vous, vous avancez.
Vous grandissez.
Vous vous construisez ailleurs.
Et puis à chaque fois que vous revenez.
C’est la même table.
Mêmes regards.
Même phrase.
Et là, beaucoup se demandent :
– Qu’est-ce que j’ai raté ?
– Qu’est-ce qui cloche chez moi ?
– Pourquoi ici, je me sens à nouveau rétréci ?
Je vais être très claire.
Vous n’avez pas un problème.
Vous êtes juste face à un système qui n’a pas appris à évoluer avec vous.
Et non, la sortie n’est pas dans l’explication.
Ni dans le fait de convaincre qui que ce soit.
La sortie est beaucoup plus simple… et beaucoup plus radicale.
Ce n’était pas vous.
Et ça ne l’est toujours pas.
Alors pour reprendre la théorie « let them » très chère à :
Laissez les penser, et laissez-vous être qui vous êtes.