26/11/2025
" ll y a longtemps, bien avant que la prière ne soit codifiée, récitée, apprise, elle était un souffle brut, un battement du cœur qui rejoignait la respiration du monde.
On ne priait pas avec des mots justes.
On priait avec tout son corps.
La prière était un chant sans mélodie,
un murmure de la terre, une onde qui passait d’un cœur à l’autre, comme si chaque être n’était qu’une cellule du grand Vivant en train de se rappeler lui-même.
Puis le verbe s’est figé.
La parole s’est enfermée dans les murs des dogmes.
On a oublié la vibration.
On a confondu la prière avec la demande.
Et pourtant…
La vraie prière n’a jamais disparu.
Elle dort dans la chair.
Elle attend dans le ventre, dans les larmes, dans les gestes du quotidien.
Elle se réveille chaque fois que tu fermes les yeux pour dire “merci”, chaque fois que ton souffle s’attarde sur un instant de beauté,
chaque fois que ton cœur s’ouvre sans raison.
Prier, ce n’est pas parler à quelqu’un d’autre.
C’est écouter ce qui, en toi, répond.
C’est se laisser traverser par le souffle ancien,
celui qui murmure depuis les origines : Je suis là.
La prière est un état vibratoire.
Quand elle s’élève, elle ne quitte pas le monde — elle l’embrasse.
Elle guérit non parce qu’elle obtient, mais parce qu’elle réaccorde.
Elle remet chaque fibre, chaque pensée, chaque émotion à sa juste fréquence.
Elle te replace dans le rythme du vivant.
Certaines prières te ralentissent, d’autres te déchirent, d’autres encore t’élèvent.
Mais toutes, si elles sont vraies, te ramènent à la mémoire de l’amour.
Elles ne demandent pas, elles rappellent.
Elles ne cherchent pas à convaincre, elles ouvrent.
Lorsque tu pries depuis la vibration,
tu n’es plus dans la séparation :
tu deviens onde, souffle, présence.
Tu redeviens le temple.
Tu redeviens la flamme.
Tu redeviens celle qui se souvient.
C’est dans cet espace-là que la voix de Marie-Madeleine s’est approchée.
Non pas pour être adorée, mais pour rappeler aux femmes le pouvoir de leur prière incarnée.
Depuis deux millénaires, son énergie circule à travers des archétypes :
la Guérisseuse, la Mystique, la Prophétesse, la Femme debout, la Visionnaire, l'Amante.
Celle qui aime, celle qui pleure, celle qui pardonne, celle qui porte la flamme.
Chacune est une porte.
Chacune est une fréquence de prière.
Elle n’a pas laissé une doctrine, elle a laissé une vibration. Et cette vibration traverse encore les femmes qui savent.
Celles qui ont déjà marché dans la poussière,
qui ont aimé jusqu’à la brûlure, qui ont pleuré jusqu’à la mer, et qui, malgré tout, se relèvent avec le parfum du vivant sur la peau.
La prière de Marie-Madeleine n’était pas religieuse : elle était réconciliatrice.
Elle unissait le feu et l’eau, la chair et la lumière, le corps et l’esprit dans un même mouvement d’amour.
Elle savait que la vibration est un passage.
Que le mot juste est un tremblement.
Que le silence est un langage.
Et c’est dans cette fréquence-là que j’ai écrit.
Pas pour enseigner, mais pour offrir un espace où la prière redevient vivante, où les archétypes de Marie-Madeleine se redressent comme des miroirs, où chaque femme peut se souvenir de sa propre voix.
Sous le souffle de Marie-Madeleine n’est pas un simple livre qui parle de cette femme.
C’est une mémoire qui cherche à respirer à nouveau.
Un recueil de prières non religieuses, écrites comme des portails.
Chaque mot y est vibration.
Chaque prière, une onde.
Chaque symbole, une clé.
Ce n’est pas une lecture : c’est une traversée.
Pour celles qui sentent déjà son appel.
Celles qui savent qu’on ne prie pas pour être sauvée, mais pour se souvenir de ce que l’on est.
Au cœur de notre essence, de notre âme."
Corinne De Leenheer