22/04/2026
Légumineuses minimum 3 x par semaine dans vos menus
🫘 La soupe de lentilles de votre grand-mère était peut-être le repas le plus écologique du siècle.
🌱De l'Antiquité au Moyen Âge, lentilles, pois et fèves ont nourri l'Europe entière. Et ce n’était pas qu’un hasard : ces plantes ont la capacité unique de fixer l'azote de l'atmosphère grâce à des bactéries vivant dans leurs racines. Autrement dit, elles fertilisent le sol… gratuitement. Elles offrent aussi un fort taux de protéines végétales — entre 20 et 40 % dans les graines sèches.
Alors pourquoi ont-elles disparu de nos campagnes ❔🤔
Au cours du XXe siècle, les légumineuses tombent en désuétude : mauvaise image d'« aliment du pauvre », hausse de la consommation de viande, essor des engrais de synthèse et des monocultures. « Après la seconde guerre mondiale, les États-Unis et l'Europe se mettent d'accord : les premiers cultiveront du soja en masse, tandis que le vieux continent misera tout sur la culture céréalière en délaissant presque totalement les légumineuses. » — 🗣️ Marie-Benoît Magrini, économiste, co-animatrice du groupe Filière légumineuses d'INRAE
🇪🇺 🇺🇸 Ce choix a progressivement installé une dépendance européenne aux protéines végétales importées. En 1973, une sécheresse aux États-Unis suffit à perturber l’approvisionnement en tourteaux pour l’élevage européen — un épisode marquant, qui relance ponctuellement l’intérêt pour ces cultures.
🔬Depuis les années 1990, la recherche agronomique a permis des avancées, notamment grâce à la sélection variétale. Le pois protéagineux, riche en protéines, s’est ainsi développé. Mais ces progrès restent insuffisants pour réduire significativement la dépendance aux importations ou réinstaller durablement les légumineuses dans les systèmes agricoles.
« Elles restent plus fragiles face aux différents stress liés à l'environnement ou aux ravageurs, et nous payons également le re**rd accumulé par rapport aux céréales : les agriculteurs ne bénéficient ni de solutions ni d'un accompagnement technique suffisant pour cultiver les légumineuses avec sérénité face aux aléas. » — 🗣️ Marie-Benoît Magrini
Dans un contexte de crises climatiques et géopolitiques, les légumineuses suscitent un regain d’intérêt. Intégrées dans les rotations, elles pourraient contribuer à réduire les émissions de gaz à effet de serre de 20 à 25 %, tout en améliorant la fertilité des sols.
Leur retour ne se fera pas du jour au lendemain, mais elles pourraient redevenir un levier important pour renforcer la résilience et une forme de souveraineté alimentaire. 🫘
👉 La suite à lire dans notre dossier “À quand le grand retour des légumineuses ?”
🎨 Illustration réalisée par l’Atelier Marge design / Chévara pour notre r***e Ressources #9