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Capital medical Médias d'actualités santé

17/07/2022

Bronchiolites : repérer les signes de gravité
En complément de l'examen clinique, la mesure de la saturation en oxygène (SpO2) du nourrisson grâce à un oxymètre de pouls adapté aux nourrissons contribue à guider la décision d'un transfert éventuel vers un service d'urgences.
Les bronchiolites sont des infections respiratoires le plus souvent virales qui touchent surtout les nourrissons. L'infection est en général bénigne, mais environ 1 % à 2 % des bronchiolites sont graves. En 2021, le National Institute for Health and Care Excellence (NICE) britannique a mis à jour son guide de pratique clinique sur la prise en charge des bronchiolites, en y détaillant de façon argumentée les signes cliniques de gravité et les situations qui justifient un transfert vers un service d'urgences, notamment : survenue d'apnée ; enfant paraissant "très malade" ; cyanose ; déshydratation ; difficultés respiratoires ; âge inférieur à 3 mois ; prématurité, immunodépression : maladie respiratoire chronique : maladie cardiaque congénitale ; difficultés de surveillance ; absence d'hôpital adapté à proximité.

Les recommandations du NICE sont globalement concordantes avec celles de la Haute autorité de santé (HAS) française, publiées en 2019. En outre, ce guide du NICE propose d'estimer la saturation en oxygène de l'hémoglobine du sang artériel (SpO2) avec un oxymètre de pouls au moyen d'un dispositif adapté aux nourrissons. En s'appuyant sur les résultats d'un essai randomisé, d'une étude de cohorte et sur des avis d'experts, la version 2021 de ce guide considère qu'une SpO2 inférieure à 92 % en air ambiant est un critère qui s'ajoute aux signes cliniques de gravité et aux situations conduisant à envisager un transfert vers l'hôpital.

Pour les soignants de premier recours, mesurer la SpO2 des nourrissons atteints de bronchiolite à l'aide d'un oxymètre de pouls adapté à leur âge est utile en complément de l'examen clinique pour guider la décision d'un éventuel transfert vers un service d'urgences.

17/07/2022

Chimère
Point de vue Faire croire que l'objectif de perdre du poids est atteignable facilement en prenant un médicament est une chimère qui contribue à la médicamentation de la société, mais pas aux soins de qualité.
Les agonistes du GLP-1, tel le liraglutide, sont hypoglycémiants et exposent à une perte de poids. Après avoir été autorisé sous le nom commercial Victoza° dans le diabète de type 2, le liraglutide l'a ensuite été, sous le nom de Saxenda°, chez les patients adultes obèses. Dans les essais cliniques, la perte de poids a été généralement peu importante, les patients ont repris une partie du poids perdu à l'arrêt du médicament et il n'a pas été démontré d'effet bénéfique sur les complications cliniques de l'obésité. Puis, l'autorisation a été étendue aux adolescents obèses (lire p. 490-491). L'évaluation chez eux montre les mêmes effets sur le poids que chez les adultes. Et aux effets indésirables déjà connus, parfois graves, s'ajoute le signal d'un risque de comportements suicidaires.

Depuis des années, la quête d'une substance qui résoudrait "par miracle" le problème de l'obésité continue. Le liraglutide s'ajoute à une longue liste de médicaments (diurétiques, hormones thyroïdiennes, amphétaminiques, dérivé cannabinoïde, antiépileptique, inhibiteur de lipases intestinales, etc.), certains ayant été utilisés hors autorisation de mise sur le marché, ou autorisés temporairement puis retirés du marché car plus dangereux qu'utiles.

Les patients ont intérêt à compter sur d'autres leviers qu'une substance chimique pour obtenir une perte de poids durable sans risque disproportionné : promotion d'une alimentation équilibrée et d'une activité physique régulière, techniques comportementales visant à soutenir la motivation, régulation de la publicité et éducation pour la santé, prévention et traitement des conséquences de l'obésité (douleurs articulaires, diabète, hypertension artérielle, etc.).

Faire croire que l'objectif de perdre du poids est atteignable facilement en prenant un médicament est une chimère qui contribue à la médicamentation de la société, mais pas aux soins de qualité.

17/07/2022

SISCOVID est une étude française qui apporte de nouvelles données concernant les complications pulmonaires post-COVID-19.
À retenir
Six mois après hospitalisation pour COVID-19, les atteintes pulmonaires seraient conséquentes :

40% auraient des opacités de type fibrotique,
20% auraient une réduction de leurs capacités ventilatoires et de diffusion des gaz,
35% auraient une désaturation au test de marche de 6 minutes.
Ces données soulignent la nécessité d’un suivi à long terme de ces patients.
Méthodologie
Cette étude multicentrique interventionnelle a évalué l’atteinte pulmonaire 3 et 6 mois après la sortie d’hospitalisation de patients guéris de la COVID-19. Douze centres de soins français ont participé à l’étude. Les patients inclus devaient être indemnes d’antécédents pulmonaires chroniques avant l’infection par SARS-CoV-2. L’évaluation était basée sur un examen clinique, des tests fonctionnels et un scanner thoracique.

Principaux résultats
Sur les 320 sujets inclus (âge moyen 62 ans, 64,1% d’hommes, 79,3% de sujets en surpoids-indice de masse corporelle (IMC) >25kg/m2), 205 ayant eu une COVID-19 sévère ont été hospitalisés en unité de soins intensifs et ont nécessité la pose d’une canule nasale, une ventilation non invasive ou une ventilation mécanique invasive. Le délai moyen entre la sortie hospitalière et la 1ère et 2ème visite était respectivement de 98 et 194 jours. Dans 88,2% des cas, la COVID-19 a été confirmée par test PCR et pour 11,8% par signes cliniques et scanner pulmonaire. Les patients les plus sévèrement atteints étaient plus susceptibles d’être des hommes (69,8%) et sont restés hospitalisés plus longtemps que les autres (durée médiane du séjour hospitalier 34 jours versus 11 jours).

À 6 mois, plus de la moitié des individus inclus (54,1%) présentaient une dyspnée persistante (échelle MRCm - Medical Research Council modifiée ≥1), et 3,9% une dyspnée sévère persistante (MRCm ≤3). Une altération de la capacité de diffusion du monoxyde de carbone (DLCO

17/07/2022

Alors que les cas de Covid-19 continuent leur ascension en France (voir encadré en fin de texte), une petite étude donne des pistes sur l’un des mécanismes possiblement impliqué dans le Covid long.

Reuters – Selon les résultats d'une petite étude, certains cas de COVID de longue durée pourraient être la réponse du système immunitaire à une infection par le SARS-CoV-2 qui se cache quelque part dans l'organisme.
Les chercheurs ont analysé plusieurs échantillons de plasma prélevés au fil du temps chez 63 patients atteints de Covid-19, dont 37 ont développé un Covid long. Chez la majorité des patients atteints de Covid-19, la protéine spike de la surface du virus était détectable jusqu'à 12 mois, alors qu'elle n'était pas présente dans les échantillons de plasma des patients guéris sans symptômes durables. La protéine spike circulant dans le sang pourrait signifier « qu'un réservoir de virus actif persiste dans l'organisme », ont déclaré les chercheurs dans un article publié sur medRxiv (avant l'examen par les pairs) [1].
Cette étude ne permet pas de savoir exactement où se trouve ce réservoir. Les chercheurs ont déclaré qu'ils avaient déjà trouvé un virus actif dans le tractus gastro-intestinal d'enfants plusieurs semaines après l'infection initiale par le coronavirus, et d'autres chercheurs ont trouvé des preuves génétiques du virus « dans plusieurs sites anatomiques jusqu'à sept mois après l'apparition des symptômes ».

Si les résultats peuvent être confirmés par des études de plus grande envergure, la présence de la protéine spike dans le sang longtemps après l'infection initiale pourrait être un moyen de diagnostiquer un Covid long, ont déclaré les chercheurs.

Covid-19 : point de situation en France au 8 juillet 2022

En France, alors que les variants BA.5 et BA.4 représentent désormais 74% des souches en circulation, le nombre moyen de nouveaux cas confirmés par jour était de 112 982 au 4 juillet, soit une augmentation de 51% en une semaine (incidence 1237/100 000), d’après Santé Publique France. Par ailleurs sur la semaine, en moyenne, 1 236 nouvelles personnes ont été hospitalisées en soins classiques par jour (+40% en 7 jours) tandis que 103 nouvelles entrées en soins intensifs ont été enregistrées par jour en moyenne (+24%/semaine précédente). Autre chiffre en hausse, 57 personnes sont décédées de la maladie par jour en moyenne, d’après les estimations en date du 7 juillet.

Les cas possibles de réinfection représentaient 4,1 % de l’ensemble des cas confirmés de COVID-19 détectés dans la base SIDEP entre le 02 mars 2021 et le 12 juin 2022. La très grande majorité de ces réinfections est survenue lors de la 5e vague.
Concernant la vaccination, au 4 juillet, seuls 26,5% des 60-79 ans et 31,7% des 80 ans et plus ainsi que 42,2% des résidents en EHPAD qui y étaient éligibles avaient reçu leur seconde dose de rappel.

« L’effort de vaccination doit s’accentuer pour améliorer la couverture vaccinale qui reste insuffisante dans certains territoires comme les Antilles et la Guyane et chez les plus âgés », indique SPF qui ajoute que « le respect des mesures combinées reste essentiel, pour limiter la diffusion de l’épidémie et protéger les populations les plus vulnérables ». AL

01/05/2021

Compléments alimentaires à base de vitamine D : risque de surdoses
Certains compléments alimentaires à base de vitamine D sont très fortement dosés et exposent à des surdoses, notamment chez des nourrissons.
Fin 2020, le Centre de pharmacovigilance Nice-Alpes-Côte d'Azur-Provence-Corse a rapporté une observation d'un nourrisson âgé de 3 mois hospitalisé pour des vomissements, un refus de téter et une perte de poids. L'enfant était jusque-là en bonne santé et allaité. L'examen clinique a montré des signes de déshydratation. Le bilan biologique a montré de graves anomalies. La vitamine D a été arrêtée et les troubles ont régressé après cet arrêt.

Les parents avaient reçu une prescription de colécalciférol (ZymaD°) 10 000 UI/ml, 4 gouttes par jour. Ils ont utilisé un complément alimentaire acheté sur internet à base de vitamine D, Sunday° 10 000 UI, qu'ils supposaient mieux tolérée car d'origine naturelle, gardant une posologie de 4 gouttes par jour. Mais le complément alimentaire Sunday° contient 33 fois plus de vitamine D par goutte que ZymaD°. L'enfant a ainsi reçu quotidiennement 40 000 UI de vitamine D avec Sunday° pendant plusieurs semaines au lieu de 1 200 UI.

En janvier 2021, l'Agence française du médicament (ANSM) a fait état de deux cas de surdose de vitamine D chez des nourrissons liés à un complément alimentaire de vitamine D.

Lors de la prescription et de la dispensation de vitamine D, il est important de s'assurer que les parents ont bien compris la posologie et le nombre de gouttes à administrer chaque jour à leur enfant. Les spécialités pharmaceutiques offrent plus de garanties de qualité que les compléments alimentaires. Certains compléments alimentaires contiennent une concentration très élevée de vitamine D par goutte et sont à déconseiller car ils exposent particulièrement à des surdoses en cas d'erreur.

1er mai 2021

01/05/2021

La téléconsultation tue.

Plainte pour « homicide involontaire » après une erreur de diagnostic, la téléconsultation visée

Lundi, la famille d'un homme décédé il y a un an en Isère, suite à une erreur de diagnostic établie lors d’une téléconsultation, a porté plainte pour « homicide involontaire ».

L'avocat de la famille, Me Hervé Gerbi, dénonce une « erreur médicale grave » à la suite d'un « interrogatoire incomplet » mené à distance par le médecin. La victime, Jean-Christophe Allemand, âgé de 40 ans à l’époque, était atteint d’un cancer et d’une importante obésité.

Un mauvais diagnostic à l’issue fatale

Au moment de la consultation le 20 avril 2020, Jean-Christophe Allemand se plaint, via écran interposé, d’« une soif abondante, d’une langue blanche et d’une fatigue depuis plusieurs jours » explique l'avocat de la famille, Me Hervé Gerbi.

Les questions de la praticienne, qui n’était pas son médecin traitant, étaient « très centrées sur les symptômes du Covid-19 » se souvient l’épouse du patient décédé, qui a assisté à la téléconsultation.

Mais finalement, le médecin diagnostique un « champignon sur la langue, quelque chose d'assez banal », mais les symptômes se poursuivent et le 27 avril, sa compagne le retrouve quasi inconscient chez lui.

Il décédera le lendemain à l'hôpital de Grenoble « d’une banale décompensation diabétique », qui se détecte « avec une simple prise de sang », déplore Me Hervé Gerbi.

La famille souhaite lancer un débat sur la télémédecine

L’avocat de la famille regrette « un décès stupide », qui selon lui, aurait pu être évité en identifiant les symptômes facilement reconnaissables du diabète. Me Hervé Gerbi a déposé plainte, ce lundi 26 avril, pour « homicide involontaire contre X » au nom de la famille.

Pour la famille et son avocat, il n’y a pas de doute. L'issue du patient aurait été différente avec une consultation en cabinet. « Au-delà de ce décès se pose la question de l’usage de la téléconsultation qui s'est généralisée » pendant la crise sanitaire et qui « n’est pas valable pour tous les patients », selon Me Hervé Gerbi.

Il alerte par ailleurs : « Cette plainte doit permettre aux médecins de se saisir de la question ». L'avocat a interpellé le Conseil de l’Ordre pour lui demander de mener une réflexion sur le sujet.

En 2020, 19 millions d’actes médicaux à distance ont été remboursés par l’Assurance maladie contre à peine 320 000 sur les 18 mois précédents, au début du remboursement de cette pratique.

Avec AFP.

07/04/2021

Une personne sur trois qui a surmonté le Covid-19 a eu un diagnostic de troubles neurologiques ou psychiatriques dans les six mois suivant l'infection, selon la plus grosse étude à ce jour sur le bilan mental d'anciens malades du Covid.

L'anxiété (17%) et les troubles de l'humeur (14%) étaient les diagnostics les plus fréquents, selon l'étude, dans le journal spécialisé The Lancet Psychiatry.
L'incidence des atteintes neurologiques telles que les hémorragies cérébrales (0,6%), les accidents vasculaires cérébraux (2,1%) et la démence (0,7%) était globalement plus faible, mais le risque était généralement plus élevé parmi les patients qui avaient été gravement malades.

Si le risque au niveau individuel de la plupart de ces troubles neurologiques et psychiatriques est faible, l'effet peut être "considérable" pour les systèmes de santé en raison de l'ampleur de la pandémie, relève le professeur Paul Harrison (Université d'Oxford, Royaume-Uni), auteur principal de l'étude. D'autant que beaucoup de ces troubles sont "chroniques", argue-t-il, plaidant pour doter les systèmes de santé de ressources "pour faire face aux besoins".

Patient en réanimation à l'hôpital d'Etterbeek-Ixelles à Bruxelles le 6 avril 2021 (AFP - JOHN THYS)
Patient en réanimation à l'hôpital d'Etterbeek-Ixelles à Bruxelles le 6 avril 2021 (AFP - JOHN THYS)
En analysant les dossiers de santé électroniques de 236.379 patients atteints de Covid, les auteurs relèvent que 34% ont eu un diagnostic de maladie neurologique ou psychiatrique dans les six mois suivant l'infection.

Pour 13% de ces personnes, il s'agissait de leur premier diagnostic neurologique ou psychiatrique.

Le risque de développer des troubles à long terme est accru chez les patients hospitalisés pour Covid-19 sévère. Ainsi, 46% des patients admis en réanimation ont eu un diagnostic de troubles neurologiques ou psychiatriques six mois après l'infection. Près de 7% des patients qui avaient été en réanimation ont fait un AVC ultérieur, 2,7% une hémorragie cérébrale et près de 2% ont développé une démence, contre respectivement 1,3%, 0,3% et 0,4% de ceux non hospitalisés.

Les chercheurs ont également examiné les données de plus de 100.000 patients ayant eu un diagnostic de grippe et celles de plus de 236.000 patients avec un diagnostic d'infections respiratoires.

Le risque de diagnostics neurologiques ou psychiatriques était dans l'ensemble de 44% plus élevé après le Covid qu'après la grippe, et de 16% plus élevé qu'après une infection des voies respiratoires.

"Malheureusement, bon nombre des troubles identifiés dans cette étude ont tendance à être chroniques ou récurrents, nous pouvons donc anticiper que l'impact du Covid-19 pourrait perdurer pendant de nombreuses années", écrit le Dr Jonathan Rogers de l'Université de Londres (UCL) dans un commentaire publié dans le journal.

Les personnes étudiées ont probablement été plus gravement touchées que dans la population générale, notent toutefois les auteurs en évoquant celles, nombreuses, qui ne vont pas consulter pour des symptômes légers ou inexistants.

07/04/2021

Déserts médicaux : qui est responsable ?

Connaissez-vous Mme Dominique Polton ? Cette personne donnait des cours aux énarques. Elle nous en a fait un sur l’économie de la santé à l’université d’été de la CSMF, il y a 15 ans environ, et sa première phrase a été : « il n’y a pas de besoins médicaux, que d’offre médicale… ». Ainsi la conclusion était : diminuez le nombre de médecins et la sécurité sociale aura moins à rembourser. Le parallèle avec les lois économiques était son raisonnement, mais, hélas pour elle, l’analogie n’a jamais été un raisonnement (cour de philo en terminale).

Elle souhaite, maintenant qu’elle a un poste élevé à la Sécurité sociale, nous mettre dans un système de type hollandais où il y a moins de médecins en % qu’en France. Ainsi, de nouvelles professions d’aides médicales devraient remplacer les médecins pour une foule d’actes. Exemple : les orthoptistes ont une nomenclature permettant de pallier le manque cruel d’ophtalmologistes.

Évidemment, on a mis la charrue avant les bœufs, la pénurie de médecins a précédé la formation de ces auxiliaires. Mais la brillante vue de l’esprit a convaincu par son concept les décideurs, avant que le bas peuple soit averti et surtout avant que l’organisation de la santé soit élaborée peu à peu et que la transition soit « pensée » et que tout soit parfaitement mis en place. Le peuple doit se plier et suivre.

Malheureusement, la pandémie sévit, elle n’était pas imaginable par nous tous, mais elle, Dominique Polton, ne devait-elle pas la prévoir à défaut de la prévenir ? Elle faisait fi de la prévention comme de la médecine scolaire, ainsi que du rôle extraordinaire de vigilance des médecins généralistes sentinelles en première ligne, bien avant les hospitaliers qui ne répondent pas aux lois du commerce. Elle est hautement fautive comme ceux qui, avec elle, disent qu’il n’y a pas de besoin médical, que d’offre médicale. Nos déserts médicaux sont leur œuvre programmée, voulue, décidée depuis des décennies.

Personnels de santé tombés au combat contre le Covid.

05/03/2021

Thérapeutiques anti-COVID-19 : état actuel et perspectives

Actualités Médicales
4 mars 2021

Le 4 mars 2021, l’ANRS | Maladies infectieuses émergentes, agence autonome fondée au début de l’année et résultant du rapprochement de l’ANRS (Agence nationale de recherches sur le sida) et du consortium REACTing , a proposé un point presse offrant un tour d’horizon des traitements des formes symptomatiques de COVID-19. Le Pr Yazdan Yazdanpanah, son directeur, accompagné par le virologue Xavier de Lamballerie (Aix-Marseille Université), et les infectiologues Xavier Lescure (hôpital Bichat, Paris) et Guillaume Martin-Blondel (CHU Toulouse) ont abordé tour à tour les traitements antiviraux et immunomodulateurs.
Arrivée prochaine des anticorps antiviraux
Les tentatives de repositionnement des traitements antiviraux existants ont été jusqu’à présent infructueuses. Cependant, le molnupinavir oral, décrit comme efficace contre le MERS et le SARS-CoV, actuellement en cours de phase 2, semble offrir des résultats encourageants. Par ailleurs, plusieurs approches permettent d’envisager un blocage du virus : en premier lieu l’interféron bêta qui permet de restaurer la réponse naturelle des IFN qui est altérée chez une partie significative des patients atteints d’une forme grave de COVID-19. Initié précocement, l’IFN bêta offrirait des résultats cliniques intéressants. Par ailleurs, les anticorps antiviraux, qu’ils soient polyclonaux (hors plasma convalescent) ou monoclonaux ont été évoqués : les premiers étant en cours d’investigation clinique, les potentiels avancées sont à attendre plus volontiers du côté des seconds. Plusieurs font aujourd’hui l’objet d’études cliniques.
La polémique croissante qui entoure le bamlanivimab a été évoquée, puisqu’une partie de la communauté scientifique s’étonne de l’autorisation temporaire d’utilisation de cohorte (ATUc) qui lui a été délivrée par l’ANSM en l’absence de preuve clinique de son efficacité. Les orateurs ont indiqué que deux études étaient pour l’heure disponibles et ont montré des résultats contrastés, avec une efficacité conditionnée à son association en bithérapie. Selon eux, cette ATU s’inscrit dans un cadre strict, réservée à des situations exceptionnelles, chez des patients « triés sur le volet » et qui seraient à haut risque de décès, suggérant une balance bénéfice-risque plus adaptée étant donné que la tolérance des anticorps monoclonaux est connue. Pour autant, de l’aveu même de ces orateurs, il y aurait plus à attendre de cocktails d’anticorps, car il existe un risque de mutation d’échappement si le traitement ne repose que sur un seul anticorps.
Avec l’arrivée attendue des premiers anticorps monoclonaux dans les toutes prochaines semaines, une cohorte baptisée COCOPREV va permettre de suivre l’ensemble des sujets à risque infectés et traités par l’un et/ou l’autre de ces anticorps (monothérapie ou cocktails) afin de prévenir une forme grave de la maladie. Elle permettra ainsi d’évaluer le taux d’hospitalisation, le risque d’émergence de résistance, la réponse immunitaire et la faisabilité d’une prophylaxie IV ambulatoire.
La mise à disposition de prophylaxies post-exposition voire de traitements préventifs reste encore hypothétique mais pourrait émerger si des traitements antiviraux offrent une bonne efficacité : la difficulté d’une telle approche tiendrait à leur initiation précoce dans les cinq premiers jours de symptômes chez des personnes à risque de forme grave.
En phase d'inflammation
Il y a plusieurs mois déjà, RECOVERY a montré que la dexaméthasone permet de réduire la mortalité associée au COVID-19. Mais cette démonstration flagrante a conduit à stopper la plupart des études consacrées aux corticoïdes, ce qui a rendu l’évidence clinique relative aux autres corticoïdes moins robuste, même si les données permettent d’en soutenir l’emploi, indépendamment de leur nature. Xavier Lescure a toutefois souligné que des questions restaient posées concernant l’optimisation de cette approche : si la posologie de dexaméthasone recommandée est de 6mg par jour, elle fait l’objet d’études d’optimisation en particulier chez les personnes obèses ou chez les patients en situation de syndrome de détresse respiratoire aiguë (étude COVIDICUS).
Parmi les immunomodulateurs plus spécifiques, le tocilizumab (anti-IL-6) a été le plus utilisé. Les données cliniques montrent la difficulté de timing associée à l’anticorps qui ne doit être initié ni trop tôt (avant que l’orage cytokinique se mette en place), ni trop t**d (lorsque d’autres mécanismes immunitaires importants interviennent). Pour l’heure, les données suggèrent que le tocilizumab apporte un bénéfice clinique chez les patients qui n’ont répondu que partiellement aux corticoïdes.

18/02/2021

COVID-19 : impact sur la sexualité
Nathalie Barrès
Comment imaginer que la pandémie actuelle et les mesures sanitaires associées n’aient pas d’impact sur la sexualité des populations ? Le rapprochement physique, le contact et l’échange de quelques fluides font partie intégrante de la sexualité. Hormis pour les membres d’une même famille, une distanciation d’un mètre, voire deux et un siège vide sur deux est devenue une règle élémentaire dans les quelques lieux de rassemblement qui ne sont pas encore fermés … Difficile de croire que cela n’a pas de conséquence sur la vie sociale, amoureuse et sexuelle des jeunes et moins jeunes.
Un nouveau paradigme ?
Un article publié dans la r***e Sexologies fait un bilan de la recherche dans le domaine de la sexualité en lien avec l’épidémie de COVID-19. Il positionne ce que nous vivons comme la « construction et la préfiguration d’un nouveau paradigme des sexualités » où pour certains les relations sexuelles virtuelles côtoient, entretiennent, ou présupposent les relations sexuelles de la vie réelle…
Une recherche foisonnante
Dans l’abondance des publications médicales qui ont accompagné la pandémie de COVID-19, de nombreux travaux se sont intéressés aux conséquences délétères de la situation sur les modes de vie, la santé physique, psychique et sexuelle. Au 8 décembre 2020, une recherche Medline sur la base des mots clés « COVID & Sexual » faisait apparaître 381 publications ; au 4 janvier 2021, la même recherche indiquait 86.170 publications...
Les mesures sanitaires et politiques liées à la pandémie impactent l’ensemble de la vie relationnelle et sexuelle bien plus que le virus.
Un appel à publication de la r***e Archives of Sexual Behavior offre un regard sur certaines des questions qui intéressent les chercheurs. Elles concernent notamment : l’impact de la pandémie sur les droits sexuels et reproductifs ; les conséquences sur diverses populations (groupes à risques (VIH, IST), jeunes, femmes et filles, lesbiennes, g**s, bisexuels, transexuels, réfugiés et migrants, pauvres, …). Elles portent également sur le poids des mesures d’atténuation sociale sur les relations, y compris la qualité sexuelle et relationnelle, sur le choix et les préférences des partenaires, sur les stratégies mises en place pour avoir des relations sexuelles, sur l’infidélité et la santé mentale en lien avec la santé sexuelle.
Une discipline encore jeune
Plusieurs enquêtes montrent que dans le contexte de pandémie de COVID-19, la fréquence et la satisfaction sexuelle diminuent de façon importante, mais de manière variable selon les situations.
Certes, il faut considérer les conclusions de ces enquêtes avec précaution, car la représentativité des échantillons et le choix des critères (ex., la fréquence des rapports) sont parfois discutables. Ces enquêtes par ailleurs ne sont pas aisées à mettre en place. Les questions posées se heurtent encore souvent à des tabous ou soulèvent des gênes qui peuvent biaiser les résultats. Ces dernières décennies, de nombreuses enquêtes sur la santé sexuelle ont été réalisées en lien avec l’épidémie de SIDA. Elles interrogeaient plus souvent les excès, la précocité des rapports et les déviations, alors que dans le contexte actuel les questions portent plutôt sur les conséquences de la diminution globale des relations sexuelles. Les méthodologies et compétences ne sont donc pas directement transférables.
L’émergence de nouvelles formes de sexualités virtuelles
Texto, messages, échanges de photos, échanges de vidéo, etc, font partie des outils intégrés à la sexualité virtuelle classique. D’autres formes de sexualités virtuelles prennent de plus en plus d’importance. Elles s’appuient sur des technologies interactives (tarifées ou non) et font émerger de nouvelles rencontres avec contact réel entre les personnes concernées ou réalisation de scénarios érotiques virtuels. L’imagination créative des réseaux sociaux – même les plus habituels - favorise l’émergence de ces nouvelles formes de vie sexuelle, de nouvelles pratiques et de nouveaux rapports à la sexualité. Certains s’interrogent sur l’impact de cette sexualité virtuelle sur l’évolution de la morale sexuelle. Autant dire que l’exploration de ce sujet au regard de la pandémie que nous vivons n’en est qu’à ses débuts.

18/02/2021

Quand et comment vacciner les personnes ayant déjà été infectées par le SARS-CoV-2 ?

La HAS recommande d’attendre au moins 3 mois (de préférence 6 mois) avant de vacciner contre le SARS-CoV-2 une personne immunocompétente ayant déjà été infectée (PCR, test antigénique ou sérologie positifs)
• Une seule dose de vaccin suffit en cas d’antécédent de COVID-19, sauf en cas d’immunodépression avérée
• Une sérologie prévaccinale systématique n’est pas recommandée
La grande majorité des personnes infectées par le SARS-CoV-2 produisent des anticorps neutralisants, ainsi qu’une réponse lymphocytaire T, les protégeant au moins temporairement. Alors que l’on manque de vaccins contre le SARS-CoV-2, faut-il vacciner ces personnes ? Si oui, quand et comment ? La Haute autorité de santé (HAS) vient de publier de nouvelles recommandations.
Attendre au moins 3 mois, et plutôt 6 mois, avant de vacciner
D’après les connaissances actuelles, la HAS estime que les personnes immunocompétentes ayant fait une infection par le SARS-CoV-2, symptomatique ou non, doivent être considérées comme protégées pendant au moins 3 mois, voire plus probablement 6 mois. Ainsi, la HAS met à jour ses recommandations et propose de vacciner les personnes avec antécédent de COVID-19 en attendant au moins 3 mois après l’infection, et de préférence avec un délai proche de 6 mois, en vaccinant en priorité les personnes à risque de forme grave.
L’antécédent d’infection doit être prouvé par une PCR, un test antigénique ou une sérologie. Dans les deux premiers cas, le résultat positif du test permet de dater l’infection. Concernant la sérologie, elle ne permet pas de dater l’infection : la période de 3 à 6 mois avant vaccination débute alors à la date de la sérologie.
On peut noter que la vaccination d’une personne qui ignore avoir été infectée par le SARS-CoV-2 n’est pas délétère, c’est pourquoi une sérologie prévaccinale systématique n’est pas recommandée.
Une seule dose de vaccin suffit chez les personnes immunocompétentes
La réponse immunitaire à la vaccination des personnes immunocompétentes ayant déjà été infectées par le SARS-CoV-2 est de type anamnestique : une seule dose de vaccin est donc recommandée dans ce cas, quelle que soit l’antériorité de l’infection, car elle permet de jouer un rôle de rappel. Cependant, si deux doses ont déjà été administrées à une personne ayant un antécédent de COVID-19, les données disponibles ne montrent pas de différence du profil de sécurité en dehors de la survenue d’effets de réactogénicité systémique potentiellement plus fréquente.
Il est important de noter que la dose unique ne concerne que les personnes immunocompétentes. En cas d’immunodépression avérée (notamment traitement immunosuppresseur), les patients doivent être vaccinés par le schéma à 2 doses, après un délai de 3 mois après le début de l’infection.
Peut-on vacciner un patient qui a encore des symptômes ?
Des symptômes prolongés pendant plusieurs mois après COVID-19 ne représentent pas une contre-indication à la vaccination, mais une consultation médicale est nécessaire pour juger au cas par cas de son intérêt (voir article univadis : "Comment prendre en charge les patients avec « COVID long » ?").
Que faire en cas d’infection entre la 1ère et la 2ème dose ?
Les personnes ayant une PCR positive après la 1ère dose de vaccin ne doivent pas recevoir la 2ème dose dans les délais habituels : ils doivent attendre entre 3 et 6 mois après l’infection pour recevoir la 2ème dose.
Ces nouvelles recommandations de la HAS pourront être mises à jour en fonction de l’évolution des connaissances, notamment sur la durée de la protection post-infection et sur les variants.
Source : HAS. Stratégie de vaccination contre le SARS-CoV-2 : Vaccination des personnes ayant un antécédent de Covid-19. 11/02/2021.

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