17/11/2017
R***e de presse rédigée par Laurent Frichet - TSAVO PRESSE
Le Figaro
« Un lien entre perte d'odorat et maladie de Parkinson »
Anne Prigent note dans Le Figaro qu’« après 65 ans, un Français sur cinq souffre de troubles de l’odorat. Pour certains d’entre eux, cette perte olfactive précéderait de quelques années, la survenue d’une maladie de Parkinson souligne une étude publiée dans Neurology ».
La journaliste explique que « les chercheurs de l’université du Michigan ont suivi pendant une décennie plus de 2000 personnes dont ils avaient évalué l’odorat, grâce à des tests validés, à l’entrée dans l’étude ».
Elle observe que « les personnes qui souffraient d’un déficit sévère de l’odorat avaient 5 fois plus de risque de développer la maladie de Parkinson dans les dix ans que celles dont l’odorat était intact. Pour les personnes dont l’odorat est «intermédiaire», le risque apparaît moins significatif ».
La Pr Marie Vidailhet, neurologue à la Pitié-Salpêtrière, réagit : « Cette étude en population générale vient confirmer ce que nous savons depuis quelques années : les troubles de l’odorat font partie des signes avant-coureurs non moteurs de la maladie. Les lésions neuro-pathologiques commenceraient en effet dans le bulbe olfactif ».
Anne Prigent précise que « ces lésions vont ensuite atteindre progressivement d’autres zones du cerveau et s’attaquer aux neurones dopaminergiques (ils produisent la dopamine, un neurotransmetteur) présents dans la substance noire du cerveau. La destruction de ces neurones va entraîner l’apparition des trois signes cliniques caractéristiques de la maladie : tremblement de repos, rigidité et difficulté à initier un mouvement (akinésie). Lorsque ces symptômes apparaissent, 50 à 70% des neurones dopaminergiques sont déjà altérés ».
La journaliste souligne ainsi que « la perte d’odorat aide les médecins à poser un diagnostic en cas de doute ». Le Pr Luc Defebvre, neurologue au CHU de Lille, explique : « Lorsque nous hésitons face à un patient chez lequel les signes moteurs ne sont pas très probants, nous recherchons la présence des signes non moteurs : la constipation, la perte d’odorat et la fréquence des cauchemars ».
Anne Prigent note en effet que « 80% des patients atteints de Parkinson souffrent de troubles de l’odorat. Mais pour le moment, pas question de réaliser des tests d’odorat pour dépister la maladie à un stade précoce. Il n’existe en effet aucun traitement qui puisse prévenir, ralentir ou guérir la maladie de Parkinson avant l’apparition des signes moteurs. Les thérapeutiques disponibles sont symptomatiques et viennent compenser le déficit de dopamine ».
La Pr Vidailhet ajoute que « seule une minorité des personnes qui ont un trouble de l’odorat vont évoluer vers une maladie de Parkinson. Et pour le moment, nous ne savons pas repérer les patients à risques ».
Anne Prigent relève en effet que « si 20% des plus de 65 ans souffrent de pertes olfactives, la maladie de Parkinson touche 1% de la population de cet âge. Il existe plus de 50 autres causes possibles à la perte de l’odorat : la présence de polypes dans le nez, un traumatisme crânien, un rhume ou encore l’âge… ».