02/08/2025
Depuis la passe lacanienne vers la passe amorimienne
À l'apparition d'une anomalie grave et d'une crise durable dans une discipline scientifique, les chercheurs ont cette tendance première à s'accrocher aux théories et au paradigme qui les ont menés à cette même crise. Selon Thomas S. Kuhn[1], cette tendance cède lorsqu'une nouvelle théorie est construite par quelques scientifiques de l’ancien paradigme et s’acheminent, ainsi, vers la construction d’un nouveau paradigme.
Depuis l’année 2024, des accusations[2] à l’encontre de Gérard Miller s’accumulent et couvrent d’opprobre la discipline psychanalytique. Nous pouvons déjà repérer quelques effets de cette affaire dans certains articles médiatiques[3] qui confondent les agissements de certains praticiens et les justifient avec des concepts psychanalytiques.
Qu’est-ce que ces informations nous apprennent de la psychanalyse en tant que discipline ? Ne sommes-nous pas en train d’assister aux limites d’un paradigme ? Cette limite est d’autant plus remarquable lorsque nous constatons la disjonction entre l’objectif thérapeutique premier de cette science et la manipulation de sa méthode à des fins de séduction. Comment expliquer qu’un analyste puisse autant être professeur des universités, écrivain, acteur de cinéma, réalisateur, chroniqueur à la radio, éditorialiste, hypnotiseur et… « star »[4] de la psychanalyse ? Comment est-il possible qu’une discipline puisse s’octroyer différents objets d’études ? À partir de quel enseignement cette personne s’est-elle autorisée à occuper toutes ces places ?
En effet, le cas de Gérard Miller pose et réitère[5] inévitablement la question de la formation des psychanalystes en France. Dans ce contexte, le psychanalyste Fernando de Amorim construit depuis une vingtaine d’années une nouvelle passe qui tranche radicalement avec la passe lacanienne. C’est à partir de cette théorisation que nous pouvons faire l’hypothèse qu’un ancien paradigme s’éloigne et qu’un nouveau se dessine.
4, Cité Joly, 75011 Paris.