SEL Di Vizio

SEL Di Vizio Cabinet d'avocats au barreau de Paris dédié à l'activité médicale et à ceux qui la pratiquent. Spécialiste des conflits avec l'assurance maladie

Maître Di Vizio, Avocat au Barreau de Paris, spécialisé dans le conseil et la défense des médecins libéraux et organisations de professionnels de santé, principalement dans leurs conflits avec l'assurance maladie. Co-auteur du guide du médecin contrôlé, chargé d'enseignement à la Faculté de médecine. Orateur dans de nombreux congrès de médecine. Créateur d'un diplôme universitaire de droit de la pratique libérale de l'exercice médical.

22/05/2012

Lettre au Ministre de la santé à la suite de son discours sur mon blog : cabinetdivizio.blogspot.com. J'attends vos commentaires

21/05/2012


le changement : c'est pour quand?

une petite reflexion sur les deux urgences du nouveau ministre au nombre desquelles figure la revalorisation de la fillière de médecine générale, clef de voute d''autres réformes qui en découleront.

vos avis sur les deux propositions m'intéressent : c'est le moment de proposer pour ne pas avoir demain à s'opposer.

16/05/2012

Comme c'est compliqué !

C'est la phrase qui a été répétée 3 fois en 3 heures d'audition hier, par un magistrat instructeur (on ne les appelle plus juge d'instruction m'a t'il dit, mais magistrat instructeur !!!), amené à entendre aux fins de le mettre en examen un médecin généraliste accusé d'escroquerie à la CPAM. C'était à MENDE....! et MENDE, c'est très très très loin de chez moi, et j'ai mis beaucoup, beaucoup, beaucoup de temps pour y arriver ! je m'attendais à une bonne grosse affaire d'escroquerie ; un truc qu'on ne voit qu'une fois dans une carrière : vous imaginez : convoquer un médecin généraliste qui travaille en lozère et à une vingtaine de kilomètres de MENDE : c'est que vraiment il a du en faire, parce que s'en prendre aux derniers des mohicans peut finir par être très dangereux pour le moral des troupes !

Donc, j'y vais ! J'y suis ! première inquiétude : la taille du dossier ! petit dossier ! je m'en inquiète auprès de la greffière qui me répond naturellement et très aimablement : ah, mais c'est normal : il n'y a rien dedans ! Ah? mais... il est tout de même convoqué pour être mis en examen, m'étonne je ! Oui, m'accorde t'elle, mais nous sommes au tout début de l'affaire, nous n'avons encore rien ! Tiens, Tiens. intéressant : nous n'avons rien, mais nous envisageons de le mettre en examen ; ça doit être une application locale du principe de précaution ( et moi qui pensais que les magistrats étaient débordés)

Donc, je m'installe, je commence à parcourir mon petit dossier, et je tombe sur une plainte de l'assurance maladie qui explique qu'en 2006, le praticien avait fait l'objet d'un rappel à l'ordre parce qu'il facturait trop d'électrocardiogrammes, et qu'il facturait des actes techniques en nombre supérieur à ses confrères ( suture de plaie profonde, et quelques YYYOO10). En 2008, une analyse ciblée portant sur...5 patients ( sic) a montré qu'il n'a pas modifié sa pratique, pire : il l'aurait amplifié ! En effet, non seulement, il a facturé à 3 patients sur les 5 des électrocardiogrammes, mais en plus il a facturé des majorations de nuit alors que les patients ont déclaré que le médecin n'est jamais venu le soir.

Tiens ! allons voir les déclarations des patients ! Ah, aucune déclaration de patient ! Bon, bah, allons voir le rapport de l'enquêteur qui est cité dans la plainte ! Bon pas de rapport d'enquête non plus.

Qu'à cela ne tienne, je continue mon avancée en eaux troubles dans mon petit dossier et je tombe sur des schémas absolument fabuleux, avec plein de couleurs, pleins de légende, en format A 3, fait par les policiers de la brigade criminelle ( sic sic) qui ont pris un listing de 50 patients que le médecin voyait assez souvent pour mettre en évidence qu'il a consulté plusieurs personnes de la même famille dans le même temps et a facturé une V à chaque fois.

C'est mal ! C'est péché grave et c'est escroquerie !

pareil pour les majorations de nuit : les policiers font des schémas pour expliquer que sur 10 patients, ont été facturés 4 à 5 majorations de nuit sur 18 mois, ce qui apparaissait peu probable !

Jolis schémas, mais il faut tout de même avancer un peu ! je décide d'aller à l'essentiel : que disent les patients? je cherche les auditions, je cherche encore, je cherche toujours pour découvrir qu'il n'y a pas d'audition ! pas un patient interrogé, pas un patient qui aurait confirmé que le médecin n'était pas venu après 20 heures...

On bascule ensuite dans l'acte fictif : des actes facturés n'auraient pas été réalisés, et on prend une liste de patients consommateurs importants et à partir des jolis tableaux, on déduit qu'il est peu probable que le médecin ait vu les patients aussi souvent !

J'apprends qu'entre temps, la caisse a notifié une répétition de l'indu pour une histoire de majorations et d'actes techniques, mais à aucun moment il n'a été question d'actes fictifs. le médecin, bêtement a payé ! grave erreur !

vient l'audition ! je vois le juge quelques minutes avant et lui explique que je ne comprends pas la mise en examen dans un dossier dans lequel les patients n'ont jamais été interrogés, et où n'existent que des a prioris douteux d'un service de police manifestement sous occupé. Elle me répond que ce dossier contient une chose importante : les avoeux de mon client ! Ah? mais je ne les ai pas vu ! Si, Si,me dit elle : pendant sa garde à vue, il a reconnu avoir réglé l'indu, c'est donc qu'il reconnait les faits ! Mais quels faits? ceux consistant à avoir appliqué des mauvaises cotations, c'est de l'escroquerie ! Je proteste énergiquement et je lui explique qu'on ne peut pas considérer qu'une mauvaise cotation est une escroquerie ; il faut caractériser l'élément intentionnel !

Et pendant toute l"audition, on a parlé CCAM, NGAP, tiers payant, majorations d'urgence, etc..., et mon bon magistrat répétait à l'envie : c'est compliqué ! je vais demander à l'assurance maladie de m'expliquer !

curieux système que celui dans lequel l'assurance maladie est plaignante, et juge d'instruction...

Résultat : mise en examen, et cautionnement : 30 000 euros : pour garantir sa représentation en justice ! Morale de l'histoire : le médecin pense à dévisser !!!

il reconnaît s'être trompé de cotations sur certains dossiers, mais il continue de dire que s'il a facturé plusieurs visites dans une même famille, c'est parce qu'il y est allé plusieurs fois, ce qui du reste est minoritaire.

Notre président normal et notre premier ministre normal peuvent ils faire que le médecin soit traité comme quelqu'un de normal?

10/05/2012

L'euthanasie : la mise à mort des médecins généralistes !

le texte présenté au sénat en 2011 donne une idée de ce que sera celui qui sera voté par la majorité parlementaire de gauche, le cas échéant ! Et l'idée n'est bonne ni pour les patients, ni surtout pour le médecin traitant qui se retrouve projeté dans un univers qui peut le conduire à la mort juridique et profesionnelle très vite ! Amis médecins, n'y entrez pas, tel pourrait être notre conseil !

I- les conditions de mise en oeuvre au terme de la loi

qui serait concerné? toute personne capable majeure, en phase avancée ou terminale d'une affection accidentelle ou pathologique grave et incurable, lui infligeant une souffrance physique ou psychique qui ne peut être apaisée ou qu'elle juge insupportable.

qui est exclu? a priori les mineurs, et les incapables majeurs . Ce dernier point est celui qui prête le plus à discussion et qui peut éventuellement poser problème sur le plan juridique : un incapable majeur doit pouvoir j***r des mêmes droits en terme de santé que la personne capable et s'il s'agit de soulager des souffrances insupportables au besoin en provoquant la mort, on voit mal pourquoi il ne pourrait pas en bénéficier par la voix de son tuteur légal. Si cette solution n'est pas retenue, nous serions dans un paradoxe de la loi qui mettrait donc en avant et en priorité l'exaltation de la volonté sur le soulagement des souffrances, ce qui serait tout de même inédit ! Mais si au contraire, le tuteur légal peut décider la mort ( sous le contrôle du juge), les excès et les erreurs risquent d'être légion ! on comprend que le législateur dans sa sagesse n'ait pas cru bon se pencher sur cette question.

Concerné par quoi ?une assistance médicalisée permettant, par un acte délibéré, une mort rapide et sans douleur.

médicalisée par qui? c'est ici que ça se complique : par le médecin traitant !!! la personne saisit le médecin traitant qui doit saisir deux confrères sans lien avec la personne qui demande à mourir.

comment? d'abord un entretien au cours duquel les médecins (ensemble ou séparément?) s'assurent du consentement éclairé et libre. doivent informer des soins pallatifs. Dans un délai maximum de 8 jours : remise d'un rapport au malade, en présence de la personne de confiance, faisant état de leurs conclusions sur son état de santé. si les conclusions, au regard des données acquises de la science, sont en faveur du caractère incurable ou que sa souffrance psychique ou physique ne peut être apaisée ou qu'elle la juge insupportable, l'assistance médicalisée doit lui être apportée

l'acte doit être réalisé en présence du médecin traitant après les 8 jours suivant sa confirmation, sauf demande de réduction du délai par la personne elle même. ! le tout doit être consigné dans le dossier médical et dans les quatres jours rapport doit être adressé à la commission de contrôle régional pour exposer les conditions dans lesquelles l'acte s"est déroulé.

Morale de l'histoire : - un dispositif dans lequel le médecin traitant et de premier recours est le coeur, alors qu'il est probablement le moins à même de pouvoir gérer ces situations. Non sur le plan de la compétence, encore qu'un bon nombre de situations lui échappent lorsque le patient est hospitalisé, ou suivi en spécialité oncologique, mais ne serait ce que sur le plan concret : Il doit en 8 jours recevoir la personne, s'assurer qu'elle veut bien mourir, s'assurer que sa souffrance est insupportable, lui parler des soins pallatifs, trouver deux médecins, la recevoir de nouveau, rédiger un rapport conjoint, recevoir encore la personne en présence de la personne de confiance pour lui parler du rapport. Aider ensuite concrètement la personne à mourir, rédiger de nouveau un rapport à adresser à la commission de contrôle !

Cette situation est ubuesque, irréaliste, et de grâce, que les médecins généralistes protestent maintenant, avant de se retrouver coincés dans un dispositif dans lequel ils ne peuvent avoir que des ennuis, sans compter le fait que je n'ai pas évoqué ici la problématique des déclarations anticipées de volonté.

Autre chose : quelle cotation applicable? un CS? ça ne colle pas : il n'y a pas d'examen clinique ! un acte HN? c'est a priori le cas ( jusqu'à l'acte de donner la mort), mais ça ne tient pas non plus : normalement sur des pathologies de ce type, nous sommes en ALD, de sorte qu'il est difficile de dire ensuite que tandis que les actes se rapportent à la pathologie, ils seraient hors nomenclature !

Les données acquises de la science? mais que viennent faire ces données lorsqu'il s'agit de vérifier que la personne juge la souffrance intolérable ? En outre, les juristes savent que cette notion est des plus floues et une petite histoire racontée dans un prochain post montrera toutes les limites du propos.

De beaux procès en perspective, de belles nuits blanches pour nos amis médecins ! Pour ce qui nous concerne, et sans idéologie, nous allons encourager tous les médecins à ne pas accepter d'être les acteurs d'une loi idéologique dont ils seront surtout les principales victimes.

Fabrice DI VIZIO

Adresse

Paris
75006

Téléphone

0663254245

Site Web

Notifications

Soyez le premier à savoir et laissez-nous vous envoyer un courriel lorsque SEL Di Vizio publie des nouvelles et des promotions. Votre adresse e-mail ne sera pas utilisée à d'autres fins, et vous pouvez vous désabonner à tout moment.

Contacter La Pratique

Envoyer un message à SEL Di Vizio:

Partager

Share on Facebook Share on Twitter Share on LinkedIn
Share on Pinterest Share on Reddit Share via Email
Share on WhatsApp Share on Instagram Share on Telegram