18/05/2021
Cette semaine je partage avec vous une réflexion qui m’anime sur le corps dans un sens « charnel ».
L’étude du corps humain occupe une grande place pour devenir ostéopathe.
A la base de l’enseignement : Le corps c’est
1- Des cellules indifférenciée qui acquièrent une spécificité
2- Des cellules spécifiques qui forment des tissus.
3- Des tissus qui forment des organes
4- Des organes qui participent à des systèmes ou des appareils
L’étape d’après, pour les étudiants, c’est d’approfondir l’un de ces 4 aspects. En ostéopathie on va surtout s’intéresser au troisième : les tissus.
On apprend donc que les tissus sont eux même subdivisés en 4 catégories : épithélial, conjonctif, musculaire et nerveux. Et alors on commence à apprendre chacun des éléments des 4 catégories. Etc… C’était très excitant de devenir une sorte d’encyclopédie de l’anatomie.
En même temps il devenait évident à mes yeux, aux yeux de beaucoup de gens et aux yeux des chercheurs, que le corps ne pouvait se rabaisser à de la chaire, régit simplement par des lois mécaniques de chutes, de déplacement de vertèbre, de mauvaise posture etc…
Aujourd’hui cette idée prend de plus en plus de place, venant même jusqu’à penser que le corps ne fait que partie d’un tout et que seul ce « tout » compte.
Cette idée fait écho chez moi, cependant elle laisse insatisfaite une conviction qui m’a amené à faire de l’ostéopathie : celle que le corps charnel a un grand rôle dans la vie de l’Humain, que ce corps peut être à lui seul un « tout ».
J’étais en proie à des questionnements quand un prof de biomécanique nous dit ceci :
« La marche est une succession de chutes »
En effet, une impulsion est donnée à la suite d’une volonté « marche ! », celle-ci est contenue par toute une réaction en chaîne de contraction et relâchement de muscles afin qu’elle soit canalisée dans une direction. Toute la beauté de la marche est de trouver un équilibre qui permettra à une autre impulsion d’être donnée, sans laquelle on chute (à moins de se rééquilibrer de manière statique).
Au départ cette idée me frappa dans le contexte de la marche. Puis petit à petit elle est devenue comme un proverbe qui marchait pour tout. C’est grâce à elle que j’ai pu réconcilier l’idée que le corps est dans un tout avec celle que le corps est un tout.
En théorie purement anatomique la marche c’est la contraction de muscles qui permettent au corps d’avancer. Mais dans la vision de succession de chutes, le corps est à la fois actif, passif et contenant de cette rencontre. C’est alors que je me suis rendu compte que la théorie peut parfois passer à côté de l’aspect dynamique des choses.
Pour aller au bout du propos je reclassifierais les 4 types de tissus en prenant en compte ce qui sépare le corps vivant de la viande : l’influx nerveux, on peut alors parler de trois groupes de tissus :
Les tissus actifs (diffusant l’influx nerveux) : cerveau, nerfs
Les tissus passifs (réaction à l’influx nerveux) : les muscles
Les tissus structurants (contenant la rencontre des deux premiers) : ligaments, peau, os…
Ainsi on retrouve à l’échelle d’une activité physique de l’Homme : la marche, un principe fondateur de son fonctionnement profond : un influx, une réaction, et quelque chose pour contenir cette rencontre afin de satisfaire un but, dans le cas du corps humain : la vie.