21/01/2026
Il y a trois ou quatre ans, j’ai eu à accompagner le décès d’un jeune homme.
Un jeune très connu dans son village.
Sportif, apprécié, parti vivre à l’étranger, aux Antilles.
Son décès a eu lieu là-bas, et pour ses parents restés ici, comme pour toute la famille, la situation a rapidement été compliquée.
Une autopsie a été demandée.
En France déjà, les délais peuvent être longs, les médecins légistes n’étant pas très nombreux.
Aux Antilles, il n’y en avait tout simplement pas sur place.
Il a donc fallu qu’un médecin légiste vienne de métropole pour pouvoir procéder à l’autopsie.
Les jours ont passé, l’attente s’est allongée, devenant très difficile à vivre pour la famille.
Certains ont alors pris un billet pour se rendre sur place, afin de pouvoir se recueillir.
Mais dans le cadre d’un rapatriement par avion, une règle s’impose :
dès lors que l’on quitte un lieu, le cercueil doit être fermé.
Et une fois fermé, il ne peut plus être rouvert.
C’est pour cette raison qu’il existe des cercueils avec hublot.
Dans certaines situations, comme celle-ci, cela permet aux proches restés en France de pouvoir voir une dernière fois le défunt à l’arrivée, malgré la distance et les contraintes liées au rapatriement.
Puis sont venues les obsèques.
Il y avait tellement de personnes souhaitant être présentes qu’aucun lieu n’était assez grand.
Avec l’accord de la famille, nous avons donc fait un choix peu commun :
la cérémonie s’est déroulée sur le stade de foot du village.
Plus de 500 personnes étaient présentes, peut-être davantage.
Nous sommes partis à pied depuis le domicile de ses parents.
Un convoi s’est formé dans les rues du village.
Ses amis avaient mis de la musique.
Pas une musique “classique” d’obsèques, mais celle qu’il écoutait :
jeune, joyeuse, dynamique.
Nous avons traversé le village jusqu’au stade, où la cérémonie a eu lieu.
Je dois avouer que c’était une première pour moi de me retrouver face à autant de monde.
À cette période, mon patron était en congé, et j’étais entourée uniquement de mes collègues porteurs, que je remercie encore aujourd’hui pour leur aide, leur organisation et leur présence 🫶🏻
La cérémonie s’est ensuite poursuivie au cimetière.
Cette anecdote, je la partage aussi pour rappeler que dans le funéraire, chaque situation est différente.
Il existe des solutions méconnues, comme le cercueil avec hublot, qui peuvent avoir énormément de sens pour les familles, selon le contexte.
Parce que derrière les règles et les contraintes, l’essentiel reste toujours le même :
permettre aux proches de dire au revoir, du mieux possible.