11/12/2025
No words💚🙏🏽🐎
🐴💫 Après ma publication sur l’euthanasie, j’ai eu envie de vous raconter une histoire… une histoire qui m’a profondément transformée comme vétérinaire et comme humaine.
Et si cette histoire peut aider ne serait-ce qu’un duo humain–cheval à vivre un départ avec plus de paix, alors ce sera déjà une réussite.
C’était l’hiver. Une véritable tempête.
Je suis de garde lorsqu’on m’appelle : un cheval âgé, en colique, retrouvé couché dans son champ, incapable de se relever.
Je pars immédiatement. Les routes sont mauvaises, mais j’avance, lentement.
Quelque part dans la neige, un cheval souffre… et il m’attend.
Quand j’arrive, tout est silencieux : le vent, la noirceur, la neige jusqu’aux genoux.
Le cheval avait un lourd dossier médical. Il était âgé. Il souffrait.
Les propriétaires le savaient : il était temps de lui offrir la liberté — sans acharnement, sans peur.
Je prépare ce qu’il faut.
On s’avance dans le champ, éclairés uniquement par nos lampes frontales.
Et au cœur de l’hiver, dans un calme presque absolu, je procède à l’euthanasie.
Je reste près de lui.
Je vérifie chaque réflexe.
J’écoute son cœur jusqu’au dernier battement.
Et lorsque tout est terminé… je relève enfin les yeux.
Et là, je les vois.
Tous les chevaux du troupeau, une dizaine, immobiles, silencieux, formant un cercle autour de nous.
Pas un cri.
Pas une ruade.
Pas une tension.
Juste une présence.
Un respect profond.
Un rituel que je n’oublierai jamais.
Ce soir-là, en marchant vers mon camion, j’étais émue. Bouleversée même.
J’ai compris quelque chose de fondamental : les chevaux savent. Ils ressentent. Ils accompagnent. Ils disent au revoir.
Depuis cette nuit-là, ma relation avec eux a changé.
Et depuis cette nuit-là, je recommande toujours aux propriétaires :
🫶 de présenter le cheval décédé à ses compagnons ;
🫶 de laisser une mère rester avec son poulain décédé ;
🫶 de leur laisser, eux aussi, le temps de comprendre et de faire leur deuil.
Parce qu’ils en ont besoin.
Parce que ce moment leur appartient aussi.
Parce que ce sont des êtres sensibles, sociaux, loyaux… tellement plus que ce qu’on imagine.
💛 Cette histoire m’habite encore.
Et elle me rappelle, chaque jour, la profondeur du lien qui nous unit à eux — et tout le respect que nous leur devons.