14/01/2026
La blessure de l’injustice :
La blessure de l’injustice naît dans un climat où l’expression des émotions n’a pas eu de place.
Là où il fallait être sage.
Forte.
Correcte.
Là où la sensibilité n’était pas reconnue, parfois même niée.
L’enfant apprend alors une chose essentielle pour survivre :
se contenir.
Il comprend qu’il doit être irréprochable pour être accepté,
juste pour être aimé,
digne pour être reconnu.
La blessure de l’injustice ne se voit pas toujours.
Elle ne se plaint pas.
Elle ne s’effondre pas.
Elle se tient droite.
À l’âge adulte, cette blessure se manifeste par une grande exigence envers soi-même.
Un besoin de tout maîtriser.
De tout faire correctement.
De ne rien laisser dépasser.
Les émotions sont souvent retenues, contrôlées, rationalisées.
La colère est enfouie.
La tristesse minimisée.
La fatigue ignorée.
La personne touchée par l’injustice donne l’image de quelqu’un de solide, fiable, responsable.
Mais à l’intérieur, il y a parfois une immense tension,
une rigidité intérieure,
un épuisement silencieux.
Cette blessure crée une difficulté profonde à recevoir.
Recevoir de l’aide.
Recevoir de la douceur.
Recevoir sans avoir à prouver.
Car au fond, une croyance persiste :
« Je dois mériter. »
« Je dois être à la hauteur. »
« Je n’ai pas le droit de faillir. »
Alors on avance.
On tient.
On encaisse.
Sans toujours s’autoriser à ressentir.
Guérir la blessure de l’injustice ne consiste pas à devenir injuste à son tour.
Ce n’est pas se durcir.
Ce n’est pas se rebeller contre tout.
C’est s’autoriser à être humain.
C’est reconnaître que la sensibilité n’est pas une faiblesse.
Que la vulnérabilité n’est pas une faute.
Que l’émotion n’a pas besoin d’être justifiée pour exister.
Aujourd’hui, je reconnais cette blessure.
Je vois l’enfant qui a appris à se tenir droit pour survivre.
Je comprends que cette rigidité m’a protégée.
Mais je choisis désormais de m’assouplir.
De m’autoriser à ressentir.
De relâcher la pression intérieure.
Je n’ai plus besoin d’être parfait(e) pour être digne.
Je n’ai plus besoin d’être fort(e) pour être respecté(e)
Je peux être vrai(e), simplement.
Car la guérison de l’injustice commence le jour
où je me traite enfin avec la même justesse
que celle que j’ai toujours exigé de moi.
*Nous avons traversé ces blessures ensemble.
Les nommer n’était pas une fin, mais un début.
Il n’y a rien à forcer, rien à réparer dans l’urgence.
Laissez ces mots faire leur chemin.
La guérison commence souvent dans le silence.*
Votre fidèle Masha