16/02/2026
J’étais tranquille, j’étais peinard, devant une de ces séries pour bonnes femmes sur Netflou, parce que j’suis en congés, quand j’ai vu d’un coup sur mon écran une de ces mères débordées de série américaine, qui gardent cependant un brushing parfait, comme moi, hurler sur son mini-elle en couche qui jetait sa purée sur le sol, plusieurs fois, en usant de son sourire sadique – digne de Jack Nicholson, ce bébé était flippant – parce que faire mal c’était son dada…
Cher journal pas très intime,
Et si, dans la continuité du précédent, nous parlions de front de l’adultomorphisme ? Ouais, à tes souhaits… Kézako que ce concept d’islamo wokiste, sûrement ? Et bien, c’est le cousin hideux de « l’anthropomorphisme », ce truc qui consiste à imaginer que ton chat fait ses griffes sur ton nouveau poltrone’sofa en te regardant droit dans les yeux pour te punir d’avoir acheté les mauvaises croquettes. Ouais, on tient ça de toutes ces séries à la c*n avec des pingouins radioactifs qui parlent et autres ourson bruns que t’as envie d’enfermer à la cave… L’adultop… l’adultomorf… le truc, là, ça consiste à prêter à nos chers et tendres visages publicitaires pour Bébé Cadum des intentions « adultes ». Genre quand il se blesse et que tu l’accuses de jouer la comédie ou que tu lâches un « nan mais il me cherche là ?!! »
Le mythe : En chaque gamin sommeillerait une sorte de « Chucky » ou un gamin possédé par le diable dont les américâneries nous abreuvent depuis très longtemps… Ouais, moi aussi j’aime bien, mais tout comme je ne pense pas que les animaux parlant du bois d’quat’sous existent ni que Simba puisse passer plus de 3 minutes avec Pumba sans s’en faire un rôti de phacochère, tout ça, c’est de la fiction.
La réalité : Quand Bambino renverse volontairement son assiette ou tirelipimpon sur le chihuahua (on me dit dans l’oreillette que ça n’a rien à voir avec le canidé mexicain mais je ne vois pas ce que ça voudrait dire d’autre) ce n’est pas du sadisme et/ou une volonté de te faire du mal (ou au chihuahua mais en même temps quelle idée de prendre un cléb’ qui ressemble à une souris sous stéroïdes ?!) Non ! Quand Jean-Killian fait ça… il APPREND. C’est de la PHYSIQUE. Et là, j’te dis pas qu’c’est genre un HPI nan, mais sa première question intérieure sera surtout : « Si, je lâche ce truc, va-t-il tomber ? Ha oui tiens ! Recommençons l’expérience tiens… » ou « Si je tire sur la queue du chien, que se passe-t-il ? Ha oui tiens, je viens de perdre la moitié de ma main… » Et ça va pas plus loin que ça même si tous, mêmes les plus bienveillants d’entre nous, on a forcément cette réflexion du petit sadique qui fait exprès de nous casser les noix pour nous faire du mal. C’est notre surinterprétation.
On oublie un truc essentiel, c’est que contrairement au bébé Gnou qui, de la tête aux épaules, sans oublier les pieds, peut, deux heures après sa naissance, courir comme un dingue sinon Simba va en faire son déjeuner, le bébé humain est profondément INcomplet. Son câblage n’est pas terminé…
• 2 ans : Le cortex préfrontal, qui gère le calme et la réflexion est presque aussi utile qu’un 2ème a**s au niveau du coude. Le cerveau émotionnel fait ce qu’il veut comme dans le cerveau du chat, dans le générique de fin de Vice-Versa. C’est l’âge de l’irrationnel pur.
• 10 ans : Ouais, ça commence à marcher, on peut éventuellement négocier avec le forcené.
• 30 ans : Bah là en principe, on est bon. On est « adulte ». Enfin, pas tout le monde hein mais, normalement, on arrête de prendre des décisions irrationnelles comme voir combien de bonbons on peut se fourrer dans le nez ou ouvrir un compte onlyfan en espérant garder sa dignité et POURTANT, on tombe quand même dans le piège de prêter des intentions malveillantes à un petit bambino qui galère déjà à mettre ses chaussures à l’endroit…
Cher journal pas très intime, non, l’enfant n’est pas un mini-moi. C’est même techniquement une toute autre espèce quand on y réfléchit. Nous sommes victimes de notre environnement, de nos habitudes, des médias de divertissement… Après hein, on a beau le savoir, on peut rarement s’empêcher d’y regoûter car ouais, on est d’accord, on est que des humains avec pas assez de vacances. Tiens, d’ailleurs, je vais poser mon portable et retourner me regarder un film tiens... Oh, super, y’a le village des damnés sur HBO MAX ! Si si, l’histoire de gamins extra-terrestres qui parasitent des humains et les poussent au suicide… hmm… Mouais, j’vais p’t’être plutôt mater autre chose…
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