04/03/2026
Comment a-t-on pu se perdre autant ...
Que sommes-nous devenus ? Vers quoi courrons-nous tou(te)s à cette vitesse et pour ces (mauvaises) raisons ? Que cherchons-nous à trouver ou à perdre quand on y regarde de plus près ?
Entre la course au virtuel et à l'éphémère, la course aux apparences et aux m'as-tu vu, la course à l'égo et la reconnaissance du soi, la course à vide ...
Dans une société de plus en plus normalisée et surtout polarisée, se distinguer par son unicité, sa spécificité ou sa particularité est nettement plus vu comme une faiblesse possible qu'autre chose.
On devient tous pareil, semblable, indifférencié.
Cela mène forcément aux excès en tout genre pour essayer de se démarquer. Malheureusement, ce n'est pas fait pour ou par les bonnes raisons ou méthodes. On tombe forcément dans les extrêmes et c'est l'escalade.
La grandeur d'âme ne se mesure pas au portefeuille ou au costume que l'on porte. Pas plus qu'aux babioles qu'on exhibe.
Tu peux être (très) spirituel sans avoir à réaliser 4 voyages par an à l'autre bout du monde pour y mettre tes photos sur Instagram.
Tu peux être inspirant, non pas en donnant des leçons, mais plutôt en partageant des expériences, des évolutions et des questionnements.
Tu peux prendre conscience qu'il n'existe pas de vérité absolue mais une perception fragmentée d'une réalité perçu par tous.
Tu peux aussi apprendre le silence et l'écoute, l'observation et la contemplation plutôt que l'action incessante et la parole omniprésente.
Tu peux aussi te permettre d'être qui tu es au fond de toi. Même si tu ne sais pas à quoi cela correspond, ni ce que cela veut dire ou même si tu ne sais pas où cela mène.
C'est justement tout l'intérêt de la vie.
Se laisser porter par le flot d'expériences, les rencontres, les surprises, les nouveautés, les imprévus, les impossibles.
Je rêve de rencontrer des gens qui ne vivent pas dans leur tête, qui ne se perdent pas dans leurs pensées à longueur de journée, qui ne fuient pas le monde à travers des addictions, qui aiment vivre.
Qui se permettent d'oser, de vibrer, d'explorer des choses.
Des gens qui sont capable de vivre autrement que simplement suivre un chemin déjà tout tracé, tout formaté, tout organisé.
Où est la surprise la-dedans ? Où est la vraie vie ici ?
Comment se dire vivant si on ne fait que survivre dans un monde de paillettes, d'images erronées, d'avatars déformés, de réalité artificialisée ... C'est ça que nous voulons vraiment ?
C'est à ça que mène nos milliers d'années d'évolution ?
Pour ma part, je dis non.
Tout simplement.
Je cherche à être moins dépendant de la technologie, juste me servir de ce dont j'ai besoin mais pas plus. Je ne crée pas de contenu artificialisé, pas de surplus non nécessaire.
J'évite l'électronique trop complexe à entretenir et qui va nécessairement flancher à un moment donné.
J'évite les excès qui vont forcément m'éparpiller à un moment ou à un autre. Je préfère la frugalité, la simplicité, la tranquillité.
Je travaille tous les jours sur mes pensées, sur mon mental, sur mon esprit pour les pacifier au maximum et sortir de cet éternel maelstrom de tout qui part dans tous les sens dès que possible.
Devenir capable de regarder la nature pendant des heures sans se sentir coupable de ne pas actualiser ses réseaux, de ne pas être productif dans ses tâches ménagères ou son travail de bureau.
Vivre ce n'est pas accumuler les tâches.
Vivre ne serait pas plutôt de s'adonner à des expériences offertes par la nature et l'univers qui nous entourent ? Faire de nouvelles rencontres ? Apprendre et sortir de ses habitudes parfois ?
Est-ce rendu trop perché pour l'humain d'aujourd'hui ?
Je ne me reconnais pas cette espèce qui détruit tout sur son passage, la nature, les gens, les animaux, les idées, les principes, les rêves, les espérances, les bonnes idées ... Tout devient critique.
Tout le temps.
Alors autant la critique constructive est intéressante et encore, quand on la demande, sinon elle devient intrusive et malsaine.
Arrêtons de tout commenter, de tout analyser, de tout descendre. Pourrait-on (un peu) s'émerveiller de ce qui est là ? De ce qui pourrait être fait ? De ce qui pourrait être beau simplement ?
C'est pour ça que je reste souvent dans mon refuge de campagne. La Nature y est invitée, autant les oiseaux que les animaux. Le sauvage y trouve sa place et les mots se font plutôt rares.
Juste ce qu'il faut, au bon moment, pas plus.
Un espace où il fait bon vivre quoiqu'il arrive.
Parce que le monde part assez en vrille,
Un havre de paix est nécessaire.
Alors un espace de paix extérieur est intéressant et un havre de paix intérieur est indispensable. On peut ainsi faire de partout, notre monde merveilleux, juste en fermant les yeux.
En inspirant et en souriant.
Tout devient possible.
Enfin, j'espère.
Encore ...