17/10/2025
C’est une drôle d’histoire, le Grand Raid. Des gens normaux enfin presque qui décident, un soir d’octobre au bord de l’océan, de partir en Diagonale. Au départ il y a de tout : des vieux briscards, des jeunes qui n’ont pas encore pigé dans quoi ils se sont embarqués, des mères, des pères, des types du bureau, des rêveurs à la retraite. Tous rassemblés sous les lampadaires, les jambes plus ou moins prêtes et le cœur qui bat déjà trop fort. La Réunion est devant eux : des ravines, des cirques, des sentiers qui grimpent au ciel. Il y aura les coups de moins bien, les hallucinations, les moments où tu discutes avec une racine ou avec ton âme. Mais il y aura la lumière qui tape sur les crêtes, le cœur qui tape dans la poitrine. Et tout d’un coup, tout a du sens. Le monde redevient simple : un pas après l’autre, un souffle après l’autre. Et puis bientôt l’arrivée après des tonnes de galères, des plans de course de confettis, des cuisses qui sont au supplice, des genoux à genoux. Le stade de La Redoute, enfin la délivrance et le cerveau qui n’a qu’une pensée : « dans la douleur, j’ai retrouvé un bout de moi-même que je croyais perdu ».
Photo Alexis Berg