01/12/2025
Je suis née en 1980, j'ai grandi avec le SIDA.
À une époque, le VIH mobilisait.
La société se battait.
Les politiques ont du s'investir !
Aujourd’hui, c’est le silence.
Parce que les traitements ont amélioré la survie, le sujet a disparu des priorités publiques.
Les financements baissent, les campagnes se raréfient, la prévention recule, les acteurs de terrain s’épuisent.
C’est un désengagement politique. Clair. Froid. Et dangereux.
Le VIH n’a pas disparu.
Il n’existe ni vaccin,
ni guérison,
ni possibilité d’arrêter les traitements.
Vivre avec un VIH en 2025, ce n’est pas “vivre comme tout le monde”.
C’est vivre avec des traitements quotidiens, des rendez-vous médicaux constants, des effets secondaires, et une stigmatisation toujours présente.
Certaines personnes doivent composer avec cela en plus d’un trouble du neurodéveloppement (TSA, TDAH).
Et là, l’alimentation devient un terrain où tout se complique :
• hypersensibilités aux textures, odeurs, bruits,
• sélectivité alimentaire forte,
• routines indispensables,
• fatigue cognitive,
• effets des traitements sur l’appétit, le transit, l’énergie.
L’enjeu n’est pas d’imposer un cadre alimentaire idéal, mais de permettre à la personne de trouver un équilibre possible, celui qui respecte son fonctionnement, ses préférences sensorielles et sa réalité de vie.
Un équilibre qui soutient les traitements, la santé, et le quotidien.
Et c’est précisément là que le recul des politiques devient inadmissible.
Quand l’État se retire, ce sont ces besoins concrets — nutrition, soutien, accompagnement, accessibilité — qui disparaissent en premier.
On ne parle plus, on ne finance plus, on n’accompagne plus.
Et on laisse les personnes seules avec des réalités qui demandent tout sauf de l’indifférence.
En 2025, oublier le VIH, c’est une faute.
Et oublier celles et ceux qui vivent avec, y compris ceux qui ont des besoins sensoriels, cognitifs ou alimentaires spécifiques, c’est une double violence.
Ne pas se taire, c’est résister.