16/04/2026
Il y a deux façons de comprendre l’inconscient.
Freud le voit comme un système à décoder, avec des symboles assez “universels”.
Par exemple, un couloir vide pourrait être associé à de la solitude, un vide intérieur, ou une période de transition.
On cherche une signification générale derrière l’image.
Jung, lui, change complètement d’angle.
Il dit : il peut exister des symboles communs, mais le vrai sens dépend surtout de ton histoire.
Deux personnes peuvent vivre la même image… mais de l’intérieur, ce n’est jamais la même chose.
L’inconscient parle en images, sensations, scènes.
C’est là qu’il propose l’imagination active :
au lieu d’analyser tout de suite, tu entres en lien avec ce qui apparaît.
Concrètement : une image vient (un lieu, une couleur, une scène), tu la dessines ou tu l’écris, puis tu observes.
Pas pour interpréter, mais pour ressentir :
👉 qu’est-ce que ça me fait ?
👉 ça me renvoie à quoi dans ma vie ?
Par exemple, un couloir vide.
Dans une lecture “universelle”, on pourrait parler de vide ou de solitude.
Mais dans le vécu réel :
pour l’un, ça peut rappeler le couloir chez ses grands-parents, les après-midis à courir avec ses cousins.
pour un autre, un déménagement à l’adolescence, ce moment où il reste seul dans une maison vide avec un pincement au cœur.
Même image. Vécus différents.
Et là, quelque chose bouge.
Ce qui était flou devient plus clair.
Ce qui tournait dedans prend forme dehors.
Et ça apaise.
C’est exactement dans cette lignée que s’inscrit l’art-thérapie moderne.
Créer permet de mettre dehors ce qui est dedans, donner une forme à ce qui n’a pas encore de mots, et comprendre autrement que par la tête.
Et souvent, ça régule : le mental ralentit, les émotions s’apaisent, il y a plus d’espace.
Ce n’est pas une thérapie où on t’explique ta vie.
C’est une façon de la rencontrer autrement.
Et parfois, un dessin ou un collage dit ce que les mots n’arrivent pas à dire.