15/03/2026
Lâcher-prise…
Cela fait longtemps que je suis agacée d'entendre cette expression... Et encore plus ces dernières semaines où je l'entends aussi bien en consultation qu'en privé (courage à ceux qui m'ont entendue ronchonner à ce sujet à de multiples reprises).
Souvent, c'est dit sur le mode de l'injonction, et je déteste ça. J'estime que c'est la facilité, sans aller chercher ce qu'il y a derrière...
"Olala, il faut que tu lâches prise, ça va aller !"
"Tu sais bien ce que tu dois faire pour que ça marche, lâche prise !"
Et en consultation, les gens le disent d'eux-mêmes et se retrouvent avec un poids supplémentaire sur les épaules :
"Oui, je sais, on m'a dit que je devais lâcher prise, mais je n'y arrive pas..."
"Je sais que je dois lâcher prise, mais ..."
C'est une évidence que pour certaines difficultés, pour dépasser certains obstacles, il faut lâcher prise ...
Mais au fond, ça signifie quoi ?
Qu'est-ce qu'on entend par là ?
Qu'est-ce qui se cache derrière cette expression ?
Et si ce n'était pas aussi simple que ça ?
Eh bien oui, je sais que ça va aller ... Oui, je sais que ça va marcher ...
Alors, si je le sais, je fais exprès d'être submergée ou inquiète ??
Il est bon, parfois, de prendre du recul sur les "conseils" que l'on peut prodiguer...
C'est facile de dire à quelqu'un : "T'as qu'à lâcher prise..."
Mais en vrai, qu'est-ce qui se cache derrière tout ça ?
Ne pas réussir à lâcher prise, pour moi, c'est ne pas réussir à lâcher le contrôle, à faire confiance à la vie en sachant que j'ai fait tout ce qui est en mon pouvoir pour que ça aille.
Et pourquoi ne le laisse-t-on pas, ce contrôle ?
Selon moi, il y a deux aspects.
Tout d'abord, l'aspect émotionnel.
Cette peur qui nous paralyse, qui nous empêche de réfléchir correctement. C'est intéressant d'aller à sa rencontre. Lui parler, la nommer, l'écouter et surtout l'accepter. Généralement, cela permet de faire baisser la pression d'un cran.
Ensuite, il y a l'aspect physiologique.
C'est un aspect rarement évoqué, tout du moins dont j'entends peu parler.
Le besoin de contrôle est lié à l'hypervigilance. On la retrouve souvent en cas de traumatismes, ou lorsqu'on grandit, évolue, vit dans un environnement où il faut sans cesse s'adapter et ne pas être soi pour être accepté, voire aimé.
L'hypervigilance met le système nerveux en alerte 24h/24. On peut toujours lui asséner de lâcher prise, le système nerveux se fiche de cette injonction ; tout ce qu'il sait, c'est qu'il doit survivre par n'importe quel moyen.
Lorsqu'on se rend compte que le contrôle est présent, il est bon de revenir à soi. Prendre un moment pour mettre en lumière la peur sous-jacente.
Et tranquillement, grâce aux divers outils qui peuvent être fournis par des thérapeutes ou que l'on a trouvés ou mis en place seul, on apaise le système nerveux en lui rappelant que, là, nous sommes en sécurité.
L'accueil, le dépôt des injonctions, la compassion envers soi dans ces difficultés sont essentiels pour réussir à déposer le contrôle et à faire confiance.
Prenez soin de vous 🌹
Stéphanie 🐦🔥
Magnétiseuse et accompagnatrice, pour vous accompagner dans vos passages de vie 🧡