04/12/2022
Bonjour,
Aujourd'hui je vous propose de découvrir un souvenir de Kaya.
Bonne lecture
Ladaé
Le naufrage du Capitaine.
Nous sommes dans une taverne, le Capitaine est à table avec nous, une bande de joyeux lurons, certains marins aguerris par de nombreuses campagnes, d’autres plus jeunes comme moi, qui veulent partir en mer car c’est le seul refuge qui leur reste.
Comment j’ai connu le Capitaine ?
Dans une rue, je faisais la manche, j’avais faim et dans ma famille il n’y avait plus grand-chose à manger, je me refusais à devenir un détrousseur, je préférais mendier, de toute façon je n’avais plus beaucoup de fierté, lorsque l’on survit, lorsque l’on doit survivre, on met sa fierté de côté ou on meurt de faim !
A cette époque, je cherchais une échappatoire à ma misérable vie, je trainais souvent sur le port, pour récupérer quelques petits trucs à manger.
Ce jour-là, je vois ce magnifique 3 mats arriver, il a fier allure, l’équipage à l’air g*i, en s’arrimant au ponton, ils lancent des plaisanteries et le Capitaine n’est pas le dernier. Cet équipage est connu, pour sa combativité, sa fidélité à leur Capitaine, ils sont une famille. Le Capitaine est un homme avec de la prestance, il porte un tricorne, une barbe bien taillée, une veste longue richement décorée, un sabre à la ceinture, on ne vient pas lui chatouiller les orteils en disant qu’on l’a fait exprès, car il est alors prompt à le dég*iner, mais il a la réputation d’être un homme juste, avec du caractère, d’où la loyauté de ces hommes envers lui.
Je m’approche, et comme d’habitude, j’admire le travail de construction, la voilure, les cordes, les chaloupes, je donnerais cher pour pouvoir monter à bord……et là je percute quelqu’un de plein fouet et je tombe sur mon cul !!!!!
- Sacrebleu !!!! moussaillon, tu ne peux pas regarder où tu vas !!!!!!
- Excusez-moi !!! et je lève la tête et je me retrouve face à face avec le Capitaine !!!
- Tu n’es pas blessé, car vu la crevette que tu es, tu es rentré en collision avec un mur !!!
Et là j’entends tout son équipage, adossé au bastingage en train de s’esclaffer.
- Non ça va , je m’en remettrai !
Il me tend sa main et m’aide à me relever, il me dévisage, je ressemble à un mendiant, mais je soutiens son regard, j’y vois une flamme briller, une interrogation.
- Dis-moi, moussaillon, tu as l’air de ne pas vraiment manger à ta faim, et je t’ai déjà remarqué en train d’admirer mon bateau, cela te dirais de venir partager mon repas et ensuite je te ferais visiter mon navire !!!
Je n’en crois pas mes oreilles, je pense que ma bouche est restée ouverte comme celle d’une carpe et mes yeux aussi ronds que ceux d’un gobi…Le Capitaine est mort de rire
-Haha , sacrebleu, je pense que ma proposition te plait !!!! alors allons à la taverne nous rincer le gosier !!!
Et s’est ainsi que j’ai intégré l’équipage, je suis chargé de différentes tâches, depuis 3 ans je suis monté en grade, de simple moussaillon je suis devenu matelot, je mange tous les jours à ma faim, je suis bien traité, j’ai trouvé un but et une famille.
Donc nous sommes à la taverne et nous discutons de notre prochaine expédition, le Capitaine veut passer le Cap du Diable, pour ouvrir une nouvelle voie navigable, ce Cap est réputé pour être un briseur de navire, il est situé dans une zone de tempête et de brouillard, jusqu’à présent aucun bateau n’est revenu de cette expédition, mais le Capitaine et son équipage aiment les défis, ils ont écumés nombres de mers, d’océans, affrontés d’énormes tempêtes et ce Cap attise leur curiosité et leur esprit d’aventure . Décision est prise de lever l’ancre dans 3 jours, le temps de faire les provisions nécessaires et de préparer le bateau.
Nous prenons la mer, le matin du 3ème jour, nous avons 15 jours de navigation avant d’atteindre le début du Cap du Diable.
La navigation se passe bien jusqu’au 13ème jour, là l’océan change de couleur, il devient sombre, les vagues sont de plus en plus grosses, j’ai un mauvais pressentiment, je vois les visages de mes frères fermés, tendus, même le Capitaine est concentré sur la navigation, comme s’il sentait lui aussi que quelque chose clochait.
- Allez les gars, nous avons affronté bien des périls, bien des tempêtes, et nous nous en sommes toujours sortis !!!! haut les cœurs, mes frères, nous serons les premiers à passer ce Cap, et nous découvrirons peut-être des trésors derrière, de nouvelles terres, le bateau est solide, il en a vu d’autres, !!!!!
Tout le monde est d’accord pour continuer, ils ne reculeront pas, nous ne reculerons pas !! Nous allons défier le Cap du Diable !!!!!
Nous sommes le 15ème jour, nous voyons les falaises abruptes du Cap du Diable se dresser devant nous, elles sont dantesques, s’élevant vers le ciel à une hauteur vertigineuse, sombres, acérées, comme des lames qui plongent du ciel dans l’océan……et l’océan, comment décrire la puissance qu’il déchaine, je n’ai jamais vu ça !!! les vagues font 2 voire 3 fois la hauteur du bateau, elles sont féroces, carnassières, comme si elles voulaient nous engloutir pour satisfaire l’appétit dans monstre marin gigantesque, le bateau soufre, grince, les matures sont malmenées, le vent rugit avec une force inouïe, le Capitaine n’a pas quitté la barre depuis 48 h, avec son second il essaie de prendre les vagues de la meilleure façon qui soit pour nous évitez de chavirer……mais pour la première fois, j’ai peur, nous avons peur, allons-nous nous en sortir ou allons-nous servir de pâture au Diable.
D’un seul coup, une vague arrive par tribord, monstrueuse, nous la voyons enfler, rouler, prendre de la puissance, Capitaine essaie de faire virer le bateau pour la prendre de front, mais 2 autres vagues empêchent la manœuvre, c’est comme si l’océan était capable de penser, de réfléchir à la meilleure façon de nous anéantir, la vague arrive, nous ne pouvons pas l’éviter, le Capitaine hurle
- Accrochez-vous à ce que vous pouvez !!!
Et la vague nous frappe, le bateau n’y résiste pas, dans un vacarme qui ressemble à un cri d’agonie, il se brise en 2, les matures sont réduites en miettes, l’eau envahie les différents ponts avec une puissance dévastatrice, entrainant tout sur son passage, tonneaux, hommes d’équipage, bastingage, artillerie, je suis balayé comme si je n’étais rien, l’eau rentre dans mes poumons, je me débats, j’essaie de remonter à la surface, de reprendre ma respiration, je ne veux pas mourir, pas maintenant, pas aujourd’hui, et mes compagnons, je vois des corps, flotter dans les vagues, j’en vois d’autres essayer de se battre pour survivre. D’un seul coup je sens une douleur violente sur le côté, quelque chose m’a frappé, un bout de baume vient de me percuté, je saigne, j’ai mal, mais je m’accroche à ce bout de bois, je remonte enfin à la surface, je tousse, je crache, j’essaie de prendre quelques goulées d’air, la tempête ne s’est pas calmée, le bateau a sombré, mes compagnons où sont-ils ???? Le Capitaine ??? tous disparus ???
Je me laisse balloter par les vagues, je suis accroché à mon bout de bois flottant, les quelques cordages qui y étaient encore accrochés m’ont servi à m’attacher dessus, je me laisse dériver, de toute façon je n’ai plus de force, ma blessure me fait souffrir et je continue à saigner, si je ne finis pas noyé, je finirai dans l’estomac d’un monstre des mers…….si cela doit se finir comme ça, alors cela se finira comme ça, de toute façon je n’en peux plus. Je vais fermer les yeux se sera plus simple !!!
J’ouvre les yeux, je pense être dans mon couchette , mais non, ce n’est pas le même décor, les murs sont en bois, la lumière passe à travers, j’entends le bruit des oiseaux de mer, j’entends des voix et des rires.
Je ne peux pas bouger, c’est très douloureux, ma tête, mes bras, mes jambes, mon torse, je suis couvert de bandages qui sentent une drôle d’odeur, alors je crie.
- HEEEEEE !!!! ya quelqu’un ???????
Je vois un homme arrivé, petit, trapu, un guerrier, il a des tatouages sur le visage, les bras, il me parle mais je ne comprends rien
- Je ne comprends rien !!! et je lui fais signe que je veux me lever
Il pose sa main sur moi, fermement mais sans brutalité, et il appelle quelqu’un, afin c’est ce que je pense.
Une jeune femme entre dans la cabane, elle est très belle, de longs cheveux noirs, avec des tatouages également mais différents.
Elle apporte une sorte de coque où il y a de l’eau, et me la présente, je bois, mais mes lèvres sont douloureuses.
Elle essaye de m’expliquer quelque chose, mais je ne comprends pas, alors dans le sable qui forme le sol de la cabane, elle se mets à dessiner et je comprends.
Je suis rescapé du naufrage de mon navire et à première vue le seul survivant, ils m’ont trouvé sur leur plage, brulé par le soleil et je suis resté 15 lunes inconscient.
Mais leurs dieux n’ont pas voulu que je meurs, alors malgré les blessures, la fièvre, elle m’a soigné, priant et faisant des offrandes pour que le souffle de vie, l’étincelle qu’il restait en moi ne s’éteigne pas, elle m’a donné des potions pour aider mon corps à cicatriser et maintenant je dois reprendre des forces.
Elle m’explique aussi que leur chef est contre ma présence, que les étrangers sont des diables, mais elle est fille de chaman et son père dit que mon arrivée n’est pas un hasard, et que lorsque j’irai mieux je devrais répondre à ses questions, en attendant je suis le bienvenu.
Je pense à Captain et à mes compagnons, où sont-ils ? suis-je vraiment le dernier survivant ? Qui sont ces gens ? Où suis-je ? Tant de questions, je me sens épuisé, je vais me reposer, je trouverai les réponses plus tard….et je referme les yeux, pour plonger dans un sommeil sans rêve.
Kaya