11/11/2023
L’exorcisme, un mot si simple mais qui fait pourtant trembler tellement de personne à chaque fois qu’il est prononcé. L’exorcisme, religieux ou magique, spirituel ou physique, il est pratiqué depuis des millénaires et dans toutes les religions. L’affranchissement d’une possession, la délivrance d’une énergie négative, la libération d’une âme prisonnière d’un mal invincible et sournois.
Mais finalement, ne s’agit-il pas d’une légende basée sur des mythes si anciens que personne n’en connaît l’origine même ou est-ce bien une réalité à laquelle quelques-uns d’entre nous doivent faire face dans le plus grand des secrets par peur d’être jugé et pris pour des personnes faible d’esprit. N’est-il pas créé de toutes pièces par les religions elles-mêmes afin de contrôler ses adeptes par la peur de la noirceur et des enfers ?
De quoi s’agit réellement ? Qu’elles preuves et crédibilités pouvons nous apporter aux prières et rituels pratiquées par quelques élus désignés ? Qui sont réellement ces femmes et ces hommes de l’ombre ?
Peut importe le nom que nous lui donnerons, l’exorcisme, la conjuration, le nettoyage, le désenvoûtement, …, il s’agit toujours de la même chose, nettoyer et purifier un lieu, un objet, une personne.
Mais tout d’abord, qui sont ces personnes et qui le pratique? Dans l’esprit des gens, l’exorciste est avant tout un homme de foi et chrétien désigné par l’Évêque de son diocèse après un apprentissage spécifique. Cependant, dans chacune des religions, plusieurs d’entre eux sont assignés par leur hiérarchie ou leur Dieu pour exercer cette activité si étrange. Et pourtant, ils ne sont pas les seuls. D’autres les accompagnent dans leur tâche si difficile que le combat infini entre le bien et mal, élu au détour d’une route parfois sinueuse. Pragmatique et rationnel, empathique et soucieux, authentique et très intuitif, peu importe ses croyances et ses convictions, celui qui le pratique, le fera toujours avec son cœur et la foi. Combattants de l’ombre, ces derniers guerriers n’interviennent que lorsque plus rien de rationnel et d’explicable ne peut se faire. Dans l’ombre et l’obscurité, ces soldats d’une milice finalement très secrète savent rester discrets. Certains parleront d’une vocation, d’autres d’un chemin de vie ou peut être même d’un fardeau mais pour certains, peut être un peu des trois. Ce qu’il faut pourtant comprendre c’est que rien n’est simple dans ce domaine. Avoir une foi inébranlable et peu importe ce en quoi nous croyons. Un mental d’acier pour ignorer ce que nous pouvons voir ou entendre et tout faire pour que les personnes supportent ce qu’elles sont en train de vivre. Une énergie et une concentration à toute épreuve pour continuer à réciter encore et encore les prières pendant des rituels qui peuvent durer longtemps, très longtemps. Un cœur qui saigne pour ces prochains devant autant de souffrance et de désespoir mais qui donnera suffisamment d’amour pour continuer à supporter et aider. Il est parfois dur d’accepter ce que cette vie nous demande même si c’est exercé avec passion et amour pour le bien et la bienveillance de chacune des personnes que nous aidons.
Mais comment cela se passe t-il réellement? Avant toutes choses, il faut évidement écarter toutes les autres causes qui pourraient s’expliquer par la science ou la rationalité car rappelons-le, le paranormal et les choses de la nuit n’ont pas encore de place explicable dans notre monde. Quel médecin pourrait venir voir un exorciste en lui demandant de « nettoyer » un patient ?
Quels sont réellement les types de nettoyage ?
Le lieu… Souvent, des personnes qui seraient réceptives aux différentes énergies, pourraient ne pas se sentir à l’aise ou étrange dans certains endroits chargés d’histoire, un sol imbibé d’un lourd passé, une maison rempli d’horreur ou simplement une pièce dans laquelle, il aurait pu se passer un drame. Nous appelons cela la « mémoire » du sol, du lieux, des murs, du passé, des actions. L’objectif du rituel est de faire « oublier » et d’équilibrer les énergies positives et négatives. Bien souvent, une prière avec une bonne vibration peu suffire à libérer ces endroits infectés par le mal . Il faut évidement se douter que parfois, il est bien plus difficile de les vider de leur passé, notamment, ceux possédés par le mal mais aussi ceux où ont été réalisé des rituels sataniques ou de magie obscure, voir même impossible dans les lieux liés à la guerre, au décès de masse tant ils sont remplis de douleur, de peur et de mort.
Les objets… Qui n’a pas déjà entendu parler d’une poupée de porcelaine « ensorcelée ou habitée », le vieux coffre chiné sur une brocante du village ou alors la bague de l’arrière grand-mère qui se trouvait dans le fond du tiroir mais depuis qu’ils sont à nouveau dans la maison et utilisés, il se passe des choses étranges. Des bruits venus de nul part, des portes qui claquent, des objets qui disparaissent, des rêves étranges, des marques sur le corps,…, autant de faits aussi particuliers que subtiles à analyser pour l’exorciste. Normal ? Paranormal ? Se sera tout l’enjeu d’analyser et de comprendre ce qu’il se passe. Lorsque toutes les causes rationnelles sont écartées, alors nous pourrons dire que l’objet est « possédé ». L’intérêt d’avoir étudié et écarté certaines causes, va permettre à l’exorciste d’adapter le rituel à l’objet. De l’eau salée, de l’eau bénite, le feu, les prières,…, chaque rituel sera alors adapté en fonction de l’histoire du bien et de sa force mais aussi de son type de possession pouvant être d’une simple mauvaise énergie à une entité attachée. L’objectif sera toujours que les personnes soient en sécurité et bien souvent, cela conduit à la destruction de l’objet afin que personne n’ai à revivre les mêmes évènements.
Les personnes… sûrement ce dont on entend le plus parler. Mais de quoi s’agit-il vraiment ? Et combien pourraient être vraiment possédé au point de faire appel à l’un d’entre nous. Dans la réalité, la possession physique et/ou mentale mais aussi être potentiellement accroché par une entité est infime. En proportion et si nous nous basons sur le peu de chiffres existants et dévoilés, sur cent personnes, il faut admettre, avec précaution, que seulement cinq sont sous l’emprise directe d’une entité mauvaise ou du bas astral mais que moins de deux pourcent d’entre elles seront véritablement sous la domination d’un esprit maléfique et encore moins sous celle d’un démon. Il y a donc très peu de chance pour que l’une de ces créatures de l’ombre s’intéressent à une personne à moins que celle ci exécute quelques types de communications bien connus dans le milieu ésotérique comme la ouija, l’écriture automatique, l’écriture intuitive,…, ou alors que celle ci est besoin de ce corps pour accomplir son propre dessein. Il ne faut pas non plus oublier la magie noire et ses sortilèges obscurs et bien évidement le vaudou, pratique extrême malheureusement si bien connue. Cependant, il y aura un prix à payer car n’importe quelle magie à un coût tant pour celui qui la demande que celui qui la pratique. Ni l’un ni l’autre n’en sortira indemne.
De quoi s’agit il vraiment ? Bien que nous ayons un bon nombre d’écrits et de récits à ce sujet, il reste difficile de savoir réellement comment se passe cette transition et comment ce nouvel habitant peu désirable prend possession du corps de sa victime. Ce qui est certain, c’est que la personne n’est plus elle même et que quelques possédés explique les ressentir et parfois les entendre. Paranoïa ou paranormal, après avoir écarté les causes médicales et explicables rationnellement, l’exorciste va rentrer en jeu. Un jeu parfois très dangereux et risqué pour l’hôte mais aussi pour celui qui se trouvera face à cette « personne ». Souvent décrit dans le septième art ou dans la littérature, le possédé peut réagir de façon violente en voyant celui qui va contraindre à faire partir cette chose qui est en lui. Mais avant tout, il doit être certain de son diagnostique et pour cela, certains signes ne trompent pas. Excès de colère, regard noir, tremblements, pleurs, hurlements, douleurs ne sont que quelques indices qui pourront mener à juger de la présence indésirable. Dans cette réalité, il peut y avoir bien d’autres signes de la présence du mal. Les odeurs, les bruits, le déplacements d’objet, la réaction face à des signes religieux, le latin ne sont là encore qu’une partie infime de liste que doit prendre en compte celui qui pratiquera le rituel pour débusquer cet intrus.
Le rituel, comment se pratique t-il ? Le plus difficile pour un exorciste c’est de bien connaître la personne qui se trouve en face de lui car, certaines choses sont souvent cachées par peur ou par honte. Les connaître à son importance pour adapter le rite en fonction de la possession, de l’attachement, de la force de l’entité ou du démon. Il a pour cela, une batterie de différentes armes mais avant toutes choses savoir s’il est capable ou non d’aider cette personne. Dans ce monde et comme celui d’après, personne n’est égale et connaître ses limites fait aussi parti de ses compétences. Un exorciste peut aussi demander de l’assistance à un « confrère » et dans ce cas précis, chacun aura un rôle défini. Bien évidement, ce n’est pas tout. Il faut aussi tenir compte de l’état physique de la victime et de sa religion. Il est important de ne pas imposer sa foi mais de la partager si la personne en ressent le besoin. C’est aussi une des raisons pour laquelle, un exorciste doit être entouré et doit savoir faire appel à différentes personnes le cas échéant. Il doit aussi connaître certaines particularités des religions et ce qu’il est possible de faire afin de respecter l’attachement spirituel. Dès lors qu’il connaît tous ces éléments, le rituel peut débuter. Il est basé sur des prières dans la langue natale de la personne mais la base des religions monothéistes actuelles et les plus répandues étant de souche commune et hébraïques, le latin est très largement utilisé lors des différentes prières. Rien ne doit jamais être fait sans consentement, et pour cela, il doit y avoir un accord entre religieux et la personne qui devra vivre ces moments si particuliers. D’un rituel simple au plus complexe, un exorcisme peut durer des mois. De quelques minutes à plusieurs heures et ce plusieurs fois, il est évident qu’il faut bien comprendre qu’envoyer une entité du bas astral vers la lumière et un démon dans les profondeurs des abysses n’est pas la même chose. Il y a cependant un élément important qui peut faire pencher rapidement la balance dans ce combat trop souvent inégal. Il est essentiel d’avoir le nom du démon permettant de diriger directement le rituel et les prières sur lui. Mais ce n’est pas chose aisé de lui soutirer une telle information. Il faut également prendre conscience que personne ne sort véritablement indemne de cette bataille. Outre le fait qu’un exorcisme peut être long et fatiguant le jour du rituel, il ne faut pas oublier l’hôte. Celui-ci aura besoin de se reconstruire et l’aspect psychologique n’est pas à négliger. Il est aussi essentiel lors des recherches et pendant les rituels.
Mais alors, les quatre vingt quinze personnes restantes. De quoi s’agissait-il ? Peut-on le rationaliser ? Paréidolie visuelle, olfactive, sensitive, le cerveau est incroyable mais parfois nous joue de mauvais tours. L’ambiance d’un lieu, son histoire, le vécu de la personne, le contexte tant de choses subtiles qui peuvent vite faire croire ou penser au paranormal. C’est alors que l’exorciste intervient aussi. Chercher le rationnel dans l’irrationnel en choisissant toujours les mots qu’il va utiliser pour rassurer les personnes qui auront pris contact avec lui. Faire comprendre à une personne qu’elle est maître à bord de son chemin de vie et qu’elle est souvent la seule à provoquer ce qu’elle vit.
La question demeure et reste toujours en suspend. Alors, normal ou paranormal, réel ou irréel, rationnel ou irrationnel, explicable ou inexplicable… que dire véritablement pour répondre à cela. La difficulté bien sûr est de comprendre les choses en amenant des cohérences de cette activité particulière. Mais les actes et tout ce qui est lié à cette pratique sont à ce jour impossible à prouver. Il n’y a aucune explication logique au fait qu’une personne en entendant des mots en latin se mettent à trembler, pleurer ou hurler. Aucune logique scientifique pour qu’une personne en voyant des figures géométriques attrape mal à la tête ou ai envie de vomir. Rien d’explicable lorsque les objets bougent seuls ou un bruit intervient alors que personne ne bouge. Peut être que finalement, la conclusion serait que le paranormal ne se vit qu’à travers celui qui y croit ou qui la vécu. Pourquoi faudrait-il des explications sinon pour rassurer les plus sceptiques.
L’exorcisme n’a pas d’explication rationnelle et n’en aura sûrement peut-être jamais un jour, mais celui qui l’a vraiment vécu de l’intérieur, lui seul est en mesure de comprendre. Les douleurs, la tristesse, la peur, l’enfermement, la détresse et ce qu’il a ressenti lorsque l’exorciste a prononcé les premières phrases dans cette langue morte oubliée de presque tous et de cette séance si particulière où dans l’obscurité d’une maison c’est joué discrètement, un énième combat entre l’ombre et la lumière.