27/01/2026
Salut Papa.
Aujourd’hui, c’est ton anniversaire. Comme presque tous les 27 janvier, je me suis réveillé en y pensant, surtout depuis ton départ, il y a bientôt 12 ans. Mais ce matin, pas de nostalgie ni de douleur, juste une pensée. Une pensée sans émotion particulière.
Une pointe de gratitude, un peu de ressentiment, mais rien qui me pousse à bondir hors du lit ou à chercher un mouchoir. À bientôt 50 ans, avec Margaux qui vient d’avoir 18 ans, je crois comprendre à quel moment on devient vraiment adulte, à quel moment dans la vie l’être humain décide de ne plus être un enfant.
Car être adulte, c’est se libérer du lien de loyauté que l’on a avec ses parents pour devenir un être indépendant. Cela ne signifie pas être isolé ou couper les ponts, cela signifie simplement être autonome et enfin pouvoir être aligné avec soi-même.
Je fais partie de ces enfants élevés avec de l’amour conditionnel, qui ont cherché désespérément des lueurs d’amour dans les yeux de leurs parents. Aujourd’hui, je comprends que vouloir aimer dans le langage de l’autre, c’est souvent se renier, se faire du mal, et cela m’a conduit à un désamour de moi-même.
Aujourd’hui, je choisis de m’aimer en priorité, de me parler avec mon propre langage de l’amour. Et à partir de cet amour de moi naissant, je trouve un espace, un pont entre les différents langages de l’amour.
C’est comme apprendre une langue étrangère, cela nécessite du temps et de la pratique, mais je pense avoir trouvé à présent la base solide et nécessaire pour pouvoir aimer avec justesse, c’est-à-dire sans me compromettre ni attendre des changements chez l’autre.
Merci Papa, mais aussi merci Maman. MERCI pour les roses, MERCI pour les épines, j’ai tout pris.
Joyeux Anniversaire Papa.