13/03/2026
𝑬𝙣𝒄𝙤𝒓𝙚 𝙪𝒏 𝒓𝙚𝒏𝙙𝒆𝙯-𝙫𝒐𝙪𝒔 𝒎𝙖𝒏𝙦𝒖𝙚́.
Cher lecteur, chère lectrice,
Aujourd’hui, je viens de constater mon 12ᵉ rendez-vous non honoré en l’espace de 15 jours.
𝘿𝒐𝙪𝒛𝙚 𝙝𝒆𝙪𝒓𝙚𝒔 𝒅𝙚 𝙩𝒓𝙖𝒗𝙖𝒊𝙡 𝙥𝒆𝙧𝒅𝙪𝒆𝙨.
Pour un cabinet indépendant, cela signifie plusieurs choses : du temps bloqué dans une journée, un travail qui n’a pas pu être réalisé, et bien sûr un manque à gagner. Je suis professionnel, c’est mon métier. C’est ainsi que je gagne ma vie.
Mais au-delà de la question financière, il y a aussi une réalité très concrète : lorsqu’un rendez-vous n’est pas honoré, ce temps reste vide alors que d’autres personnes attendent parfois plusieurs semaines pour pouvoir consulter.
Dans ces situations, je prends malgré tout le temps d’essayer de joindre la personne, de comprendre ce qui se passe. Un oubli peut arriver, un empêchement aussi. Lorsque cela reste exceptionnel, je n’en tiens généralement pas rigueur.
Mais lorsque ce type de situation se répète, la question devient différente.
Dans un travail thérapeutique, les absences répétées, les annulations de dernière minute ou les rendez-vous déplacés sans cesse ne sont jamais totalement anodins. Elles peuvent révéler quelque chose : une difficulté à s’engager, une résistance, parfois même une manière d’éviter certaines questions qui commencent à émerger.
Dans ces cas-là, le rôle du thérapeute n’est pas de subir ces comportements.
Ils deviennent un matériau de travail dans l’accompagnement.
Mais il existe aussi une dimension simple et fondamentale : le respect du cadre.
Un rendez-vous réservé correspond à un temps qui vous est entièrement consacré.
Ce temps n’est ni interchangeable, ni disponible à la demande.
La thérapie n’est pas un service que l’on utilise selon l’humeur du moment.
Elle demande présence, régularité et engagement.
Je constate depuis quelques années que le fait de « poser un lapin » à un professionnel devient presque banal dans notre société. Les médecins en parlent, les thérapeutes aussi.
Et contrairement à ce que l’on pourrait penser, cela ne concerne pas uniquement les plus jeunes : les personnes qui manquent le plus souvent leurs rendez-vous ont très fréquemment entre 40 et 60 ans.
Pourtant, lorsqu’une personne prend rendez-vous avec un professionnel, elle réserve un temps qui lui est entièrement consacré.
Ne pas venir ou prévenir à la dernière minute n’est jamais anodin.
Dans un travail thérapeutique, respecter ce rendez-vous signifie aussi se respecter soi-même dans la démarche que l’on a choisie d’entreprendre.
La thérapie est un espace sérieux.
Un espace qui demande du courage : celui de regarder certaines choses en face.
Et il arrive souvent que l’on évite précisément les séances qui pourraient nous aider à avancer.
𝘼𝒍𝙤𝒓𝙨 𝙟𝒆 𝒕𝙚𝒓𝙢𝒊𝙣𝒆𝙧𝒂𝙞 𝙥𝒂𝙧 𝙘𝒆𝙩𝒕𝙚 𝙦𝒖𝙚𝒔𝙩𝒊𝙤𝒏 :
Lorsque vous manquez une séance, évitez-vous vraiment votre thérapeute…
ou êtes-vous en train d’éviter quelque chose de vous-même ?
Emmanuel Page
Psychanalyste
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