02/02/2026
💬 Post à cœur ouvert
Ce message, je ne l’écris pas pour me plaindre.
Je l’écris parce que j’ai toujours été honnête avec vous, et qu’aujourd’hui encore, j’ai besoin de l’être.
Oui, je suis fatiguée.
Très fatiguée.
On me le dit tous les jours : les familles, les collègues, les personnes que je croise.
“Tu as l’air épuisée.”
Et c’est vrai.
Ce qui est étrange, c’est que cette fatigue n’est pas liée au fait que j’en ferais trop.
Au contraire. J’ai énormément levé le pied ces derniers mois.
Depuis ma grosse opération de décembre, ma santé est devenue une priorité. Repos forcé, ralentissement, vigilance.
Et pourtant… l’épuisement est bien là.
Parce que ce qui me fatigue aujourd’hui, ce ne sont pas les projets.
Ce ne sont pas les idées.
Ce n’est pas le travail en lui-même.
👉 Ce sont les gens.
Les gens qui ne paient pas leurs séances.
Les paiements en re**rd, ou jamais.
Les établissements, CFA, structures scolaires qui trouvent toujours une excuse pour ne pas payer immédiatement — et avec lesquels, du coup, je n’interviens plus.
Les gens qui ne respectent pas les règles les plus simples.
Se garer sur des places interdites alors que tout est indiqué clairement.
Parce qu’on s’en fiche. Parce qu’on fait comme on veut.
La fatigue des mails, des messages incessants.
Souvent pour des informations déjà écrites partout : sur le site, sur les posts, dans les documents.
Les messages le dimanche.
Puis les relances le dimanche après-midi parce que je n’ai pas répondu.
Pour une “urgence” qui n’en est pas une.
Non, ce n’est pas OK.
Je le redis clairement :
👉 Je ne consulte plus Messenger.
👉 Mon téléphone professionnel reste au bureau.
Le week-end, les jours off, les jours de télétravail, je n’y ai pas accès.
Quand on souhaite un rendez-vous, on envoie un mail.
On ne le demande pas sous un post Facebook.
À quel moment a-t-on décidé que les professionnels de santé et de l’accompagnement étaient disponibles en permanence ?
Moi, mon médecin, je ne lui écris pas la nuit, le week-end ou pendant ses vacances.
Quand j’ai besoin d’un rendez-vous, je passe par les canaux prévus.
Et j’attends, parce que je respecte son cadre.
Pourquoi ce respect disparaît-il quand il s’agit des soignants, des thérapeutes, des professionnels de l’humain ?
Pourquoi demander “C’est financé par le CPF ?” quand c’est écrit noir sur blanc que non ?
Pourquoi demander “C’est quand la formation ?” quand la date est sur le visuel ?
Pourquoi ne lit-on plus ?
Je suis fatiguée aussi de voir des comportements qui n’ont rien à faire dans des lieux de soin : bruit, agitation, jeux jetés, musique à fond, comme si chacun était seul au monde.
Fatiguée de voir des soignants insultés parce que quelqu’un passe une mauvaise journée.
Et parfois, oui, je me surprends à penser que j’étais bien au Danemark.
Là-bas, je n’avais pas ces problématiques.
Et dans d’autres pays, je sais que je ne les aurais probablement pas non plus.
En France, j’ai le sentiment que tout déborde.
Et honnêtement… je n’ai plus envie de ça.
Je ne sais pas combien de temps je pourrai continuer dans ces conditions.
Je comprends de plus en plus mes collègues psychologues, orthophonistes, médecins, soignants, qui arrêtent ou changent complètement de métier.
Je les comprends profondément.
Ce message n’est pas une plainte.
C’est un témoignage.
Une réalité de terrain.
Une fatigue humaine.
Merci de respecter les cadres.
Merci de respecter les personnes.
Et Merci à celles et ceux qui le font déjà.
Parce que derrière les projets, les structures et les compétences,
il y a des humains.
Et aujourd’hui, moi, je suis épuisée.
💙