20/02/2026
Rien n’est figé, même lorsque tout à l’intérieur donne l’impression d’une immobilité profonde, comme si certaines réactions, peurs, certaines façons d’être au monde avaient toujours été là et étaient vouées à rester. Nous grandissons avec l’idée que ce qui se répète se définit. Avec le temps, ces mouvements internes deviennent familiers, presque rassurants dans leur prévisibilité, au point qu’on en vient à les confondre avec une identité, en disant simplement : je suis comme ça, sans toujours se souvenir du contexte dans lequel ces façons d’être ont pris forme. Or, ce que l’on nomme un trait de caractère est bien souvent une réponse intelligente du corps à un environnement donné, une manière de préserver quelque chose d’essentiel à un moment précis de l’histoire : le lien, la sécurité, la possibilité d’être accepté ou de simplement traverser. Parce que c’est bien de cela dont il s’agit : traverser. Un traumatisme, une crise relationnelle ou existentielle, un figement intérieur.Mais ce qui a été appris dans un certain climat peut, dans d’autres conditions, s’assouplir, se transformer et se réorganiser. Marcher dans la nature rappelle quelque chose de fondamental. Le vivant ne se fige pas, il traverse des cycles, il se défait, se recompose et s’ajuste sans cesse aux variations de lumière et de saison,.,Le cerveau fonctionne lui aussi par plasticité, par ajustements progressifs, des réécritures, souvent imperceptibles sur le moment, mais réelles dans la durée. Un schéma relationnel peut évoluer lorsque la sécurité augmente. Une hypervigilance peut relâcher lorsqu’elle n’est plus nécessaire. Une rigidité peut devenir un appui, et une peur, une capacité de discernement. Rien n’est figé, même lorsque le chemin semble étroit, que l’histoire pèse, ou que le corps réagit. Il y a des empreintes, des mémoires inscrites dans le corps et dans les liens, et il y a aussi, toujours, une capacité d’ajustement qui ne demande pas de devenir quelqu’un d’autre, mais peut-être simplement d’oser desserrer, avec constance, ce qui s’est un jour figé pour survivre. Je ne crois pas aux identités figées. Le mouvement reste possible.
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Melissa | La Psy qui sort du cadre ☀️