01/03/2026
Ces derniers jours, lors d’une séance,
j’ai accompagné une petite fille de 2 ans.
Ce n’était pas la première fois.
Je l’avais déjà suivie il y a quelques mois, lors d’une séance Raconte-moi mon histoire.
Nous avions déroulé son histoire, mis du sens sur son vécu.
Et quelque chose s’était apaisé.
Mais cette fois-ci, j’ai été témoin d’une réactivation.
Tout au long de la séance, son corps parlait.
Au début, peu de mots.
Un corps fermé.
Lorsque nous évoquions la crèche,
elle se refermait davantage.
En parlant avec les parents, le lien est apparu.
Chaque soir, à la sortie de la crèche,
ils entendent :
« Une journée sans ses colères ?
Ça n’existe pas vraiment… »
Des phrases répétées depuis plusieurs mois.
Et cette petite fille les entend.
À force d’entendre qui elle était censée être,
elle a fini par le croire…
et par le rejouer.
Comme si, malgré le travail déjà fait,
ces mots avaient laissé une empreinte profonde,
venue raviver quelque chose en elle.
Puis, lorsque le regard change,
lorsque les mots deviennent plus doux, plus compréhensifs,
quelque chose s’ouvre.
En fin de séance, elle était détendue, absorbée dans son jeu.
Pour un enfant, c’est difficile.
Pour les parents aussi, arriver chaque soir avec la boule au ventre.
En tant qu’ancienne professionnelle de crèche,
cela réactive en moi des situations déjà vues.
Et qui, profondément, ne devraient pas devenir une normalité.
Un enfant traverse des émotions.
Il n’est pas ses émotions.
Notre rôle d’adulte est d’accompagner, de contenir, de mettre du sens.
Pas de figer.
Les mots peuvent apaiser…
ou enfermer.
Certaines empreintes mettent du temps à s’effacer.
Alors attention aux mots d’adulte posés sur les enfants.