20/04/2026
A quel moment a‑t‑on trouvé « normal » que des enfants de 10 ans disent aux urgences qu’ils ont envie de mourir ?
À l’hôpital Robert-Debré, à Paris, les équipes voient arriver des petits de 12 ans, parfois moins, qui formulent clairement leurs scénarios pour mettre fin à leurs jours.
Entre janvier et février, ce seul service a enregistré 50 passages pour tentative de su***de et 125 pour idées suicidaires, avec des lits de pédopsychiatrie déjà « toujours pleins ».
En France, le su***de est la 2ᵉ cause de mortalité chez les jeunes, et fait partie des premières causes de décès dès le début de l’adolescence !
Les données ENCLASS montrent qu’environ 1 lycéen sur 4 a eu des pensées suicidaires dans l’année, et près de 13% déclarent au moins une tentative de su***de au cours de leur vie, avec une surreprésentation massive des filles.
On continue pourtant à traiter ces chiffres comme si c’étaient des « cas particuliers », c'est totalement fou ! On a :
- un système de pédopsychiatrie saturé, qui se retrouve à trier les urgences faute de places,
- une école qui repère sur le t**d des enfants épuisés, harcelés, en décrochage, en TND non accompagnés,
- des familles qui se heurtent à des délais de plusieurs mois pour un rendez-vous spécialisé.
La Haute Autorité de santé le rappelle explicitement : les propos suicidaires ne doivent jamais être banalisés, et le repérage repose sur un questionnement direct, une écoute active et une orientation rapide, y compris vers les urgences si nécessaire.
Le vrai scandale n’est donc pas que des enfants disent « j’ai envie de mourir » à 10 ou 12 ans.
Le vrai scandale, c’est qu’il faille attendre qu’ils le disent aux urgences pour que le système se mette en mouvement.
***de