29/01/2026
POLITIQUE CULTURELLE SACRIFIÉE, SYNDICATS MALTRAITÉS, SERVICES PUBLICS CENSURÉS… À QUOI RESSEMBLE UNE MAIRIE RN ?
Politique culturelle sacrifiée, syndicats maltraités, services publics censurés… À quoi ressemble une mairie RN ?
Florent Le DU (L’Huma du Jour)
Avec 650 listes annoncées, le Rassemblement national (RN) compte sur les prochaines municipales pour s’offrir un ancrage local. Pour y parvenir, candidats et futurs élus d’extrême droite ont des modèles à suivre : la douzaine de communes dirigées par des élus RN depuis 2014 ou 2020, présentées comme des « laboratoires » du projet lepéniste, suivent toutes des schémas similaires.
Une priorité donnée à la communication, des services publics dégradés, des syndicats et des associations ciblés, une politique culturelle axée sur les traditions et le divertissement… Des « exemples », comme l’assume Jordan Bardella, qui, même à l’échelle locale, en disent long sur le projet du parti à la flamme.
TOUT POUR LA COM...
La mairie d’Hénin-Beaumont (Pas-de-Calais) a retrouvé sa blancheur d’antan. Sur le parvis, les parterres fleuris forment un décor propret, précisément la priorité de Steeve Briois dès son premier mandat, en 2014. « Il cherche à choyer ses administrés en misant tout sur les concerts gratuits de "Jenifer", les fleurs dans les rues et la rénovation de la mairie », observe Marine Tondelier, conseillère municipale d’opposition.
Marine Le Pen souhaitait faire des mairies RN des « vitrines » de son parti, les élus l’ont prise au mot. Partout, l’accent est mis sur la propreté, le fleurissement et la communication pour soigner l’image – avec des budgets en hausse comme à Perpignan (Pyrénées-Orientales), Beaucaire (Gard) et Hayange (Moselle).
« L’action de la mairie est basée uniquement sur la communication qui sera faite, dénonce, à Moissac (Tarn-et-Garonne), la tête de liste d’opposition Estelle Hemmami. Un nid-de-poule rebouché est présenté comme un triomphe, une galette des rois comme un événement. » À Beaucaire, « il faut qu’une photo d’une route défoncée circule sur les réseaux pour que la mairie se décide à agir », constate Frédéric Anselme, coordinateur CGT des territoriaux du Gard.