05/01/2026
Douloureux et inesthétique, l’herpès labial suscite régulièrement des demandes de conseils au comptoir. Patchs protecteurs, antiviraux topiques ou huiles essentielles : autant de solutions permettant d’accélérer la cicatrisation et de limiter la gêne liée à cette affection.
Liée à la réactivation d’un virus Herpès simplex, une poussée d’herpès labial est en général facilement reconnaissable : le bouquet de vésicules, qui apparaît toujours aux mêmes endroits, généralement sur le bord des lèvres, est précédé de prodromes à type de picotements ou de démangeaisons. Après quelques jours, les vésicules se rompent puis forment une croûte qui finit par tomber. L’épisode provoque gêne esthétique et douleur durant une semaine environ.
En complément des mesures de protection de l’entourage, des solutions d’automédication contribuent à limiter l’intensité ou la durée de la poussée. Le paracétamol peut être conseillé en cas de sensation douloureuse. Un avis médical est nécessaire en cas d’immunodépression ou d’absence d’amélioration après une semaine.
Les protecteurs
Patchs ou solutions filmogènes isolent les vésicules et créent un environnement favorable à la cicatrisation : patchs Compeed Bouton de fièvre (hydrocolloïde favorisant une cicatrisation sans croûte), Urgo Filmogène Bouton de fièvre… Idéalement, ils doivent être débutés dès l’apparition des lésions mais ils peuvent également s’employer en cours d’évolution.
En pratique : le patch peut rester en place jusqu’à 12 heures et doit être changé dès qu’il n’adhère plus (pas de limite d’âge mais attention au risque d’ingestion chez l’enfant). La solution filmogène Urgo, à partir de 6 ans, doit être renouvelée 4 fois par jour. À poursuivre dans les 2 cas jusqu’à guérison complète.
Herpès labial : les antiviraux
Comprimé buccogingival. L’aciclovir pour application gingivale (Virpax) s’applique dans l’heure suivant l’apparition des prodromes afin de réduire la durée d’une poussée, voire la stopper. En se dissolvant progressivement et localement au niveau de la zone de développement du virus, un seul comprimé de 50 mg suffit à traiter un épisode.
En pratique : appliquer entre la canine et l’incisive, sous la narine, face arrondie contre la gencive pour le confort, en maintenant le comprimé 30 secondes pour garantir l’adhérence. Au besoin, boire un verre d’eau avant pour humidifier les muqueuses et favoriser le maintien. À laisser en place au moins 6 heures pour assurer une bonne efficacité. Durant ce laps de temps, ne pas mâcher de chewing-gum ni se brosser les dents.
Topiques. L’aciclovir 5 % (Activir, Aciclovir 5 % conseil, à partir de 6 ans) s’emploie dès les premiers picotements.
En pratique : 5 applications par jour en fine couche jusqu’à guérison. Se laver les mains après chaque application.
Herpès labial : les solutions naturelles
Des huiles essentielles aux propriétés antivirales, anti-inflammatoires, cicatrisantes et/ou antalgiques sont traditionnellement utilisées pour traiter une poussée d’herpès labial (ravintsara, niaouli, arbre à thé, lavande aspic…) : Gel labial Le comptoir Aroma (associé à un extrait de mélisse), Labiarom de Pranarôm.
En pratique : à appliquer plusieurs fois par jour, idéalement dès les prodromes. Pas avant 6 ans voire uniquement chez l’adulte pour certaines références renfermant des huiles essentielles. Ces dernières sont contre-indiquées en cas de grossesse et à éviter en cas d’antécédent de convulsions ou d’asthme. La propolis est à proscrire avant 3 ans ou en cas d’allergie aux produits de la ruche.
En homéopathie, LabiaMeo (Apis mellifica, Rhus toxicodendron, Cantharis, Mezereum) convient à partir de 6 ans : 5 granules 5 fois par jour en espaçant dès amélioration.
Conseils complémentaires
Prévention. Des poussées d’herpès fréquentes (> 6/an, hors herpès induit par le soleil) peuvent justifier la prescription d’un traitement antiviral prophylactique à faible dose. En cas d’herpès labial lié au soleil, la prévention repose sur une protection solaire SPF50+
Transmission à l’entourage. L’herpès est une infection très contagieuse, dès les prodromes -via la salive- et jusqu’à guérison complète des lésions. Elle se fait essentiellement par contact direct mais est également possible par le biais d’objets contaminés (ne pas partager couverts, verres, durant cette période). Prudence tout particulièrement vis-à-vis de personnes immunodéprimées et des nourrissons, plus à risque de formes graves. La transmission d’un herpès labial au niveau génital est possible via des rapports orogénitaux.
Risque d’auto-inoculation. Ne pas triturer les lésions au risque de surinfection ou de dissémination à d’autres zones cutanées. Se laver les mains systématiquement après les avoir touchées.