03/03/2026
Dimanche soir, je devais participer à une rencontre en ligne de présentation du programme « Chant du Souffle » et y partager mon témoignage.
Mais les alertes et les bombardements intensifs du jour précédent m’ont convaincue de renoncer à me connecter.
Alors, depuis cet espace suspendu entre sirènes et silences, j’ai choisi d’envoyer ces mots.
Je viens de voir le replay de cet événement.
Je remercie profondément Delphine d’avoir porté ma voix en les lisant, j’ai été très émue qu’ils aient pu vous parvenir et vous toucher, malgré la distance et les circonstances.
Ces mots, les voici :
« Nous vivons des jours où le ciel gronde.
Des jours où la respiration se fragmente,
où chaque sirène suspend le souffle,
où nos poitrines apprennent à respirer en pointillés.
Nous retenons l’air comme on retient les larmes.
Nous écoutons le silence après l’explosion
comme on cherche un battement,
un signe que la vie est encore là.
Je prie de tout mon être
pour que le souffle des bombes
cède la place au « Chant du Souffle ».
Que le souffle qui détruit
devienne souffle qui relie.
Que l’air chargé de cendres
se transforme en air porteur de lumière.
Que le Souffle de Vie
descende dans les fissures,
dans les abris,
dans les cœurs contractés,
dans les coins obscurs de l’âme humaine.
Qu’il rallume ce qui tremble.
Qu’il adoucisse ce qui hurle.
Qu’il relie ce qui est séparé.
Et qu’un jour, très bientôt,
nous n’ayons plus à retenir notre respiration,
mais à l’unir.
Un seul souffle.
Un chant commun.
Une respiration vaste
où la vie reprend toute sa place. »
Estelle Rimon
N.B. Si vous avez envie de partager ce texte, merci de l’accompagner de mon nom 🙏