09/02/2026
Durant quelques siècles, la psychopathologie s’est construite sur une ambition noble : ordonner le chaos clinique. Poser des mots sur l’innommable, structurer le foisonnement des symptômes, rendre comparables des souffrances hétérogènes. Les classifications (troubles anxieux, troubles dépressifs, troubles neurodéveloppementaux, troubles de la personnalité, etc.) ont ainsi joué un rôle fondateur : elles ont permis de stabiliser un langage commun, de baliser la recherche, d’améliorer la communication entre cliniciens et institutions.
Nommer incarne l’inachevé. Toute nomination est une approximation, un arrêt sur image ; la réalité déborde toujours le mot.
En l’occurrence, l’expérience clinique, elle, résiste souvent à la netteté des catégories. Elle se présente rarement sous forme de chapitres bien séparés. Un patient ne « tombe » pas dans un tiroir diagnostique comme une pièce parfaitement ajustée. Au contraire : les tableaux se chevauchent, se contaminent, se transforment. La comorbidité n’est pas une exception ; elle est, pour ainsi dire, une règle pratique. Et ce constat n’est pas un simple détail : il met en évidence un fait central — les troubles mentaux ne sont pas des îlots, mais des paysages, traversés par des mécanismes communs, des vulnérabilités partagées et des boucles d’entretien.
C’est précisément pour répondre à cette complexité que de nombreux chercheurs et cliniciens s’orientent vers une perspective transversale et transdiagnostique, que l’on peut aussi qualifier de processuelle : plutôt que de partir des étiquettes, on part des mécanismes. lire la suite
Approche transdiagnostique: comprendre les troubles mentaux par les processus (rumination, évitement, incertitude) pour une clinique plus rigoureuse et humaine.