22/12/2025
Un mot d’ouverture de Mlle Charelle Nawar et de Mlle Clara Aoun a inauguré le récital de Noël 2025 à l’Hôtel-Dieu de France.
Mesdames et messieurs, quelle joie profonde de nous retrouver aujourd’hui en ce lieu, si particulier, pour célébrer ensemble la venue de notre Sauveur ! Noël, souvent associé à des tables débordantes, à de véritables festins d’opulence qui étouffent la simplicité de la fête, à cette course effrénée à la consommation, retrouve ici son sens véritable. Car c’est en ce lieu, humble et silencieux, que Noël se révèle dans sa dimension la plus authentique.
En ces jours où la lumière de Noël cherche à percer l’épaisseur des nuits humaines, Dieu chemine dans une fidélité inébranlable aux côtés du corps médical — médecins, infirmières, pharmaciens, résidents, internes, et jusqu’au plus humble serviteur de l’HDF. Il circule dans les couloirs de la souffrance, se glisse dans les regards fatigués et s’attarde là où l’espérance vacille. Il habite le cri déchirant du malade que la douleur terrasse, la prière tremblante d’une mère suspendue au souffle de son enfant, le cœur broyé d’un père qui, sous le masque de la force, étouffe son chagrin. Il s’attarde dans le murmure presque éteint d’une vieille femme abandonnée, seule face au silence aseptisé de sa chambre.
Là, au cœur même des joies fugaces et des détresses ténébreuses, le corps médical se fait présence, sacrifice et espérance : des gestes justes et sûrs, maintenus malgré l’extrême fatigue, des nuits offertes sans compter, des renoncements silencieux, des corps alourdis par l’épreuve, mais des âmes résilientes. Malgré les gardes interminables, malgré l’usure des heures et la fatigue qui s’incruste, ils continuent de répandre des sourires incessants, de semer affection, chaleur, empathie et douceur, faisant de chaque regard un refuge, de chaque parole un baume. Ô Seigneur tout-puissant, répands la joie qu’ils portent en eux comme une lumière contagieuse, afin que nos cœurs, dépouillés de toute dureté, s’ouvrent et se fassent modeste refuge, où peut naître et demeurer Celui qui sauve le monde.
Ainsi, l’HDF se transforme en un sanctuaire d’espérance, un lieu où la fragilité physiologique rencontre la résilience de l’âme. Un lieu où, au cœur de la douleur et de l’incertitude, surgit l’essence même de Noël : la vie, la bonté, l’espérance. Mais, avant tout, souvenons-nous que notre Sauveur, malgré toute sa Gloire, est né dans une crèche, humble et dépouillée, où la paille et l’ombre enveloppaient l’enfant de l’étreinte la plus humble. Ainsi, notre Seigneur nous convie à un retour à l’essentiel et à une renaissance de l’âme.
En cette période sacrée, souvenons-nous de rendre un hommage sincère au personnel hospitalier : ces femmes et ces hommes qui veillent sans relâche, soutiennent avec bienveillance et rassurent avec délicatesse. Véritables piliers de compassion et de courage, leur présence devient, pour tant de patients, une réponse silencieuse aux prières murmurées, une offrande de réconfort et d’attention qui apaise les cœurs et soulage les âmes.
Au-delà des chants et des lumières, l’essentiel réside dans l’élan d’empathie que nous offrons à notre frère humain. C’est dans cette capacité à devenir, chacun à sa manière, messager de paix, d’amour et de joie, que s’exprime la véritable magie de Noël. Dans chaque main tendue, chaque regard attentif et chaque parole choisie avec soin, se niche le pouvoir de transformer la douleur en consolation, la peur en confiance et l’angoisse en sérénité.
Chaque geste, aussi discret soit-il, mais empreint de sens, devient une lueur dans la nuit de la souffrance, un rappel précieux que, même au cœur de la fragilité humaine, la bonté peut se faire présence vivante. Noël nous enseigne ainsi que la grandeur ne se mesure pas aux éclats visibles, mais à ces semences invisibles de lumière et de chaleur que chacun peut déposer au cœur du monde.
Alors, en cette nuit, ouvrons nos cœurs à cette renaissance intérieure, à cette étincelle invisible mais invincible qui ne demande qu’à naître en nous. Faisons de ce Noël un souffle d’espérance, un hymne discret mais puissant à la force vitale qui nous anime, à la bonté, au pardon et à la fraternité. Que cette nuit nous invite à vivre pleinement notre humanité, à reconnaître la dignité et la valeur de chaque vie, et à faire de notre cœur un lieu vivant où l’espérance, la compassion et la joie trouvent leur demeure éternelle. Que nos mains, nos regards et nos voix deviennent des instruments de lumière, afin que la douceur semée aujourd’hui éclaire les chemins de demain.
̂nerie
̂teldieu