08/02/2026
Léa n’est pas paresseuse.
Léa n’est pas “démotivée”.
Léa est épuisée.
Quand Léa arrive en consultation, elle parle de fatigue, de difficultés de concentration, de journées où tout devient trop lourd.
À l’école, elle tient. Elle s’accroche. Puis elle s’effondre dès qu’elle peut se poser.
À la maison, les tensions montent.
Ses absences inquiètent. Ses plaintes somatiques agacent.
On se demande si elle n’exagère pas.
Si elle ne pourrait pas “faire un effort”.
Mais ce que Léa vit n’est pas un manque de volonté.
C’est un système nerveux sous pression permanente.
Elle étudie sous stress, repousse, culpabilise, puis travaille dans l’urgence.
Elle a peur d’échouer, mais aussi peur de décevoir.
Elle veut être vue comme une élève sérieuse, même quand son corps dit stop.
Ce qui fait le plus mal à Léa, ce n’est pas la fatigue.
C’est de ne pas se sentir crue.
En thérapie, le travail ne consiste pas à la pousser davantage,
mais à comprendre ce qui sature, à sécuriser un cadre,
à remettre de la cohérence entre le corps, l’école et la famille.
Parfois, soutenir un adolescent,
ce n’est pas l’obliger à tenir.
C’est lui apprendre à s’écouter sans se sentir coupable.