13/05/2025
**~ Une image vaut 1000 mots ~**
[illustration N-7 : le célibat en terrain conjugal]
On parle beaucoup de charge mentale, de parentalité, d’équilibre vie pro/vie perso mais on évoque peu une autre réalité, plus silencieuse : celle des adultes célibataires qui avancent dans la vie sans partenaire, parfois sans enfant, et qui doivent composer avec une forme de solitude durable.
Il y a des solitudes qui crient fort. Et d’autres, plus discrètes, qui s’invitent poliment dans les événements familiaux ou professionnels.
Certains avancent en âge et en apparence — ils vont bien.
Mais en eux flotte un sentiment de suspension, de léger décalage : ni en marge, ni tout à fait dedans.
Un regard mi-tendre, mi-distant sur les scènes de couple, de parentalité, de continuité.
C’est l’ambivalence de celles et ceux qui portent un vrai désir de lien, mais dont le récit ne s’inscrit pas dans le cadre dominant.
La douleur du célibat n’est pas un caprice affectif mais une souffrance existentielle, parfois traversée de blessures narcissiques anciennes : l’impression de ne pas avoir été choisi, de ne pas être aimable, de ne pas avoir de place dans la grande scène du lien.
Il y a l’absence d’amour. L’absence de récit.
Ce flou entre ce que l’on espère encore et ce que l’on commence à ne plus croire.
Et paradoxalement, un confort qui devient de plus en plus appréciable.
Il y a aussi une perte de modèles : beaucoup n’idéalisent plus le couple, parce qu’ils en perçoivent aussi les failles. Cela rend le désir plus lucide, mais parfois plus hésitant.
Avec le temps, certains deviennent forts, par nécessité. Mais à trop alimenter le “je sais tout faire seul(e)”, on risque de figer cette force en posture.
Certains se réfugient dans le travail, jusqu’à s’y fondre — une façon de tenir, mais aussi un signal à ne pas négliger.
C’est pourquoi les liens au travail ont leur importance, ils peuvent devenir de véritables capteurs de risque.
Ce n’est pas tant une solution qu’il faut chercher, mais un autre rapport à soi, au désir, à la temporalité.
Et pour les personnes que nous accompagnons, comme pour nous-mêmes : rester attentif à ce qui, derrière la solidité apparente, raconte une quête de sens, d’équilibre et de lien.
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