20/02/2026
Etre nomade
Ces dernières années, j’ai découvert que j’étais une nomade, c’est-à-dire que j’aime profondément bouger et changer de lieux et cela ne m’affecte pas. Au contraire, cela me nourrit.
Plus je bouge, plus je gagne en énergie.
Cela ne me déstabilise pas, au contraire cela m’ancre et je sais que je vais probablement surprendre certaines croyances en disant cela.
Non, l’ancrage n’est pas une question de lieu, mais de posture intérieure, en soi. L’ancrage n’est pas une question de maison…
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Je l’écris ici puisque cela a été difficile pour moi de l’accepter, même de le voir (j’ai mis 3 ans…), puisqu’il me semblait que j’étais à contre-courant de la société.
Dans notre société, nous ne pouvons être nomade.
Nous « devons » avoir une maison, être stable, vivre une vie routinière et avoir un plan de vie jusqu’`à 60 ans.
Je ne suis pas comme cela.
Je sais où je m’en vais, certes. J’ai ma direction et mes visions et je les mets en place.
J’estime être dans ma mission de vie et cela me nourrit énormément.
Mais je n’ai pas tout programmé jusqu’à 60 ans et je ne le veux pas puisque je veux encore me laisser guidé par le plus grand. Toujours.
Je me considère comme une louve (ou plutôt une panthère) qui marche sa route, créant des connexions à travers le monde, créant les ponts, offrant des opportunités, me nourrissant de mes rencontres en offrant mes dons et ma médecine à ceux qui en ont besoin.
Je l’écris ici puisque j’ai l’impression parfois que l’on nous demande trop d’être comme les autres. Pourtant, c’est impossible et même inutile.
Comment une société peut fonctionner si nous sommes « tous pareils » et n’ayons pas des choses différentes à offrir à la société ?
Ce que je perçois parfois est que par réflexe d’appropriation et parfois par blessure, l’humain copie et en copiant, il s’oublie, disparait devant des pratiques qui ne lui conviennent pas et pire encore qui vont à l’inverse de son cœur et de ce que son âme veut faire.
Qui je suis ? Qui suis-je véritablement au-delà de ce que la société me demande, les rôles, les attentes de mes parents, les attentes de mon groupe social ?
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Durant des années, j’ai à la fois reçu de l’admiration et des jugements. Cela m’a heurtée au début (pour les jugements, en partie parce que j’ai 40 ans…) et puis ensuite j’ai fini par comprendre que c’était parce que les gens ne comprenaient pas ma démarche. On juge parce que l’on ne comprend pas.
Oui, j’étais « posée » avant 2020, mais j’étais malheureuse et la pandémie m’a libéré de ce malheur en m’offrant l’opportunité de tout vendre pour voyager (ce que je trouvais fou à l’époque et qui maintenant me semble une évidence).
Je ne reviendrai jamais en arrière même si je sais qu’un jour, je trouverais ma maison.
Beaucoup pourront dire ce qu’ils veulent concernant la pandémie, elle a révélé beaucoup de choses pour beaucoup… dont moi et mon nomadisme qui est en fait mon compagnon le plus fidèle.
Quand je suis nomade, je redeviens moi-même, voyageant dans les aéroports, écrivant, travaillant et philosophant. Je me sens profondément bien en étant nomade.
Il me semble même que mon âme a besoin de cela pour fonctionner puisque sinon, je me sens en cage et je dépérie comme un oiseau à qui on coupe les ailes.
Oui, j’ai un appartement à Sherbrooke que je vais être heureuse de retrouver. J’aime profondément Sherbrooke et oui « je suis là » pour le moment. Mais il n’est plus une prison, il est simplement un nid que je retrouverais, avant de repartir puisque je suis comme cela.
J’écris cela pour peut-être inspirer certaines personnes qui ne s’autorisent pas à être eux-même par convention. Ici, ce n’est pas juste question d’être nomade, mais qui nous sommes.
Être soi-même et l’assumer est pourtant la plus belle preuve d’amour de soi. Même si cela challenge les gens.
Peut-être que ces gens qui vous jugeront auront besoin d’être challengé. Peut-être qu’ils ont besoin d’être confronté à leur propres croyances limitantes. Peut-être que cela leur appartient, simplement… et qu’ils ont aussi le droit d’avoir leur perception.
Pourquoi être autant affecté par ce que les autres pensent de vous ?
Finalement, je nous souhaite d’être libre d’être qui on est puisque cette liberté là est la plus juteuse au monde… dans cette liberté, nous n’avons plus besoin de rien… On est juste avec nous-même et nous nous remplissons de nous, ce qui est en fait la plus pure des abondances.
Je nous le souhaite.
Cette liberté d’être et de s’offrir au monde comme nous sommes.
Et ainsi, peut-être, nous pourrons enfin créer ce nouveau monde qui a tant besoin de nous. Mais pas du nous qui a peur, qui se limite, qui copient, qui se cachent…
Ce « nous » qui peut s’offrir pleinement, dans toute sa rayonnance et ses dons parce que si il y a bien quelque chose que le monde a besoin en ce moment (selon ma perception), c’est bien de la lumière et des dons de chacun.
Et pas qu’un peu.
Beaucoup.
Bref, je nous le souhaite.
Merci de m’avoir lu.