02/02/2026
Bel article sur une pratique fondamentale en sexotherapie et trop souvent mal comprise et mal ou pas suffisamment vécue...ça semble si simple et pourtant 🤔
La véritable nature de la ma********on
Ce que l’on ne t’a jamais expliqué
Par Stéphane Thomas Berbudeau
La ma********on est l’un des sujets les plus chargés de projections, de honte, de fantasmes, de morale et de contre-vérités.
Elle est soit diabolisée, soit banalisée, rarement comprise.
Et comme souvent, quand un sujet touche au corps, au plaisir et à l’énergie, le brouillard s’épaissit.
Alors remettons les choses à plat.
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Ce qu’est réellement la ma********on
La ma********on n’est pas, en soi, un “acte sexuel” au sens social du terme.
C’est avant tout une interaction directe entre la conscience et le système nerveux, via le corps.
C’est un dialogue interne.
Un langage.
Un circuit.
Le plaisir n’est qu’un effet secondaire.
Ce qui est réellement stimulé, c’est :
– le système nerveux autonome
– la circulation de l’énergie vitale
– la chimie cérébrale (dopamine, ocytocine, endorphines)
– la mémoire émotionnelle stockée dans le corps
Autrement dit : la ma********on est un acte de régulation, pas un acte de débauche.
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Pourquoi elle est si chargée de culpabilité
Si la ma********on a été autant diabolisée au fil de l’histoire, ce n’est pas par hasard.
Un être humain qui sait :
– se calmer seul
– se réguler seul
– se donner du plaisir sans dépendance extérieure
est beaucoup plus difficile à contrôler.
La culpabilisation autour de la ma********on a servi à :
– couper l’individu de son corps
– créer une dépendance affective ou morale
– associer le plaisir à la faute
– maintenir une tension interne permanente
Un corps tendu est plus malléable qu’un corps apaisé.
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La grande confusion : plaisir VS fuite
Tout se joue ici.
Il existe deux formes radicalement différentes de ma********on.
1. La ma********on consciente
– Présence au corps
– Respiration
– Écoute des sensations
– Lenteur
– Absence de scénario mental parasite
Dans ce cas, elle agit comme :
– un soin du système nerveux
– une reconnexion corporelle
– une libération émotionnelle
– un rééquilibrage énergétique
Elle recentre.
Elle calme.
Elle ancre.
2. La ma********on compulsive
– Automatisme
– Fuite émotionnelle
– Usage excessif de stimuli externes
– Dissociation
– Décharge rapide sans intégration
Ici, ce n’est plus un acte de présence, mais un anesthésiant émotionnel.
Ce n’est pas la ma********on qui est problématique.
C’est l’intention et l’état intérieur dans lequel elle est pratiquée.
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Le rôle clé de l’imaginaire
L’imaginaire mobilisé pendant la ma********on n’est jamais neutre.
Il peut :
– amplifier la reconnexion au corps
– ou au contraire, couper totalement de lui
Quand l’imaginaire devient envahissant, scénarisé, déconnecté du ressenti réel, l’énergie quitte le corps pour se loger dans le mental.
Résultat :
– fatigue
– sensation de vide après coup
– perte d’ancrage
– baisse de clarté intérieure
Le corps a joui.
Mais la conscience n’a rien intégré.
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Ma********on et énergie vitale
Contrairement à certaines croyances extrêmes, la ma********on ne “vide” pas automatiquement l’énergie vitale.
Ce qui épuise, ce n’est pas l’acte.
C’est :
– la répétition compulsive
– la dissociation
– la charge émotionnelle non digérée
– la honte associée
Un acte vécu dans la présence recharge.
Un acte vécu dans la fuite épuise.
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Le lien direct avec la relation à soi
La manière dont une personne se masturbe est souvent le miroir exact de :
– sa relation à son corps
– sa capacité à recevoir
– sa patience
– son rapport au plaisir
– son estime d’elle-même
Rapide, mécanique, culpabilisée → relation tendue à soi
Lente, consciente, assumée → relation pacifiée
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Ce que la ma********on n’est pas
– Ce n’est pas une faute
– Ce n’est pas un péché
– Ce n’est pas un problème en soi
– Ce n’est pas une preuve de manque affectif
Et ce n’est certainement pas quelque chose à “éradiquer”.
Ce qui mérite d’être observé, ce n’est pas l’acte, mais le pourquoi.
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La clé oubliée : l’écoute
La ma********on devient juste quand elle est :
– choisie
– ressentie
– intégrée
Elle devient destructrice quand elle est :
– automatique
– utilisée pour ne pas ressentir
– suivie de honte ou de vide
Le corps parle toujours.
La question est : l’écoutes-tu ?
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En résumé
La ma********on est un outil, pas un vice.
Un révélateur, pas un ennemi.
Un langage corporel, pas une déviance.
Comme tout outil puissant :
– elle peut guérir
– ou anesthésier
La différence ne tient jamais à l’acte.
Elle tient à la conscience qui l’habite.
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********on