05/11/2025
Merci à Marie-Caroline Baraut pour ces mots si justes:
Ce dimanche matin, j’ai envie de parler de cohérence.
De ce paradoxe d’un monde où la nutrition passionne, mais où l’on entend tout et son contraire.
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La nutrition est partout.
Tout le monde en parle. Tout le monde « conseille ».
Pourtant, la nutrition ne s’improvise pas.
C’est une discipline scientifique, complexe, qui demande des années d’étude et de pratique.
Notre formation est longue et exigeante : biochimie, physiologie, nutrition clinique, santé publique, connaissance fine des aliments, évaluation des apports, éducation thérapeutique…
Nous sommes formés à comprendre le métabolisme humain, à adapter l’alimentation à chaque pathologie, et à traduire les données scientifiques en conseils pratiques, sûrs et efficaces.
La prévention primaire comme secondaire repose en grande partie sur l’alimentation. Mais notre système de santé continue de s’en priver.
👉 En prévention primaire, la nutrition pourrait réduire le risque de maladies cardiovasculaires, de cancers, de diabète… Les données scientifiques s’accumulent depuis des décennies.
👉 En prévention secondaire, elle soutient les traitements, améliore la qualité de vie, réduit les complications et le coût du soin.
Et pourtant… ce sont rarement les diététiciens nutritionnistes qu’on appelle.
On nous cantonne au poids.
On oublie notre expertise en pathologies digestives, métaboliques, hormonales, cardiovasculaires, oncologiques…
On oublie que notre formation est scientifique, basée sur les preuves, et actualisée en permanence.
Pendant ce temps, les “coachs en nutrition” et les “experts du bien-être” se multiplient.
Le ménobusiness, l’endobusiness, le SOPKbusiness et d’autres encore, prospèrent sur la souffrance des patientes.
Des promesses simplistes, des régimes sans fondement, des compléments coûteux…
Des discours séduisants, mais éloignés des recommandations fondées sur la science.
Résultat : des patientes perdues, épuisées, culpabilisées et un système de santé qui se prive de solutions efficaces, accessibles, et cohérentes.
Tout cela, parce que les diététiciens nutritionnistes sont peu nombreux donc moins audibles que certaines professions.
Parce que la nutrition reste le parent pauvre du système de santé, alors qu’elle en est l’un des piliers.
Oui, on marche sur la tête.
Il est temps de redonner à la nutrition sa juste place.
Et de reconnaître le rôle central des diététiciens, dans la prévention, le soin, et la santé publique.
Tant que la nutrition sera laissée aux discours simplistes, on passera à côté de l’essentiel : la science, l’humain et la prévention.