04/02/2026
Les traumas ne vivent pas seulement dans les souvenirs : ils sâinscrivent dans le corps, parfois plus profondĂ©ment que dans la mĂ©moire. Lorsquâun choc Ă©motionnel, un danger, une perte ou une agression survient, le corps active un mode essentiel Ă la survie : le mode âsurvieâ.
Câest une rĂ©action instinctive, ancestrale, programmĂ©e pour nous protĂ©ger. Mais quand le danger passe et que le systĂšme reste bloquĂ© en alerte, câest lĂ que les blessures sâimpriment.
Le corps reste alors en vigilance. Le systĂšme nerveux se tend, la respiration se raccourcit, le sommeil devient lĂ©ger, instable. Et sans quâon sâen rende compte, les tensions accumulĂ©es se transforment en symptĂŽmes trĂšs physiques.
âšLe stress devient un compagnon silencieux :
Il se loge dans le ventre, dans la gorge, dans les Ă©paules, dans le cĆur.
Le poids peut fluctuer , trop ou pas assez , parce que le corps cherche Ă retrouver un Ă©quilibre quâil ne reconnaĂźt plus. Le mĂ©tabolisme se dĂ©rĂšgle, lâappĂ©tit change, les hormones sâaffolent.
âšEt peu Ă peu, le corps parle Ă sa maniĂšre.
Voici quelques exemples de maux fréquemment liés à des traumas ou à un systÚme nerveux resté en mode survie :
đâą Maux de dos, surtout dans le bas du dos, comme si le corps portait une charge invisible.
đâą Raideurs dans la nuque et les Ă©paules, liĂ©es Ă la vigilance permanente.
đâą Migraines et maux de tĂȘte, quand le mental tourne sans cesse ou reste en hypervigilance.
đâą Oppression dans la poitrine ou palpitations, mĂȘme sans effort.
đâą NĆud Ă la gorge, difficultĂ© Ă respirer pleinement.
đâą Troubles digestifs : ventre nouĂ©, brĂ»lures dâestomac, intestin irritable, diarrhĂ©es, constipation.
đâą Fatigue chronique, comme si chaque jour coĂ»tait plus dâĂ©nergie quâil ne devrait.
⹠Troubles du sommeil, insomnies, réveils nocturnes, cauchemars.
đâą Prise ou perte de poids inexplicable, liĂ©e au cortisol, Ă lâappĂ©tit Ă©motionnel ou Ă la dissociation corporelle.
đâą Tremblements, sursauts, nervositĂ©, signes dâun systĂšme nerveux hyperactivĂ©.
đâą Douleurs diffuses, difficiles Ă localiser, qui apparaissent et disparaissent sans raison apparente.
âšLe corps ne ment jamais : il exprime ce qui nâa pas pu ĂȘtre dit, ce qui nâa pas Ă©tĂ© entendu, ce qui nâa pas encore Ă©tĂ© apaisĂ©.
Mais ce qui sâimprime peut aussi se dĂ©simprimer.
Le corps a cette capacité incroyable de se réajuster, de se réparer, de retrouver un rythme plus doux. Par la respiration, par le mouvement, par des espaces sécurisants, par le soin thérapeutique, par la parole qui libÚre.
Pas à pas, le corps peut sortir du mode survie et réapprendre la sécurité.
Câest un chemin, lent parfois, mais toujours possible.
Parce que le corps nâest pas seulement un lieu de blessures : il est aussi un lieu de guĂ©rison.