01/10/2025
L’extraordinaire histoire de Bocar Samba Dièye: Un petit vendeur de table devenu multi-milliardaire
Les senégalais vous connaissent de nom, mais ils ignorent votre histoire. Pouvez-vous nous dire par où vous êtes passé pour atteindre ce niveau qui vous confère cette renommée ?
embrassé le métier de commerçant en 1985. Cette année-là, le Président Abdou Diouf avait dit qu’il manquait du mil dans le pays. Il a invité les commerçants à importer. Mais comme je n’avais aucune expérience dans ce domaine, je suis allé à l’ambassade d’Egypte pour chercher des renseignements. Vous savez, dans l’histoire de la religion, quand il y avait eu la famine, l’Egypte était le seul pays qui disposait de mil et tous les pays affluaient vers elle pour s’approvisionner. C’est ainsi qu’on m’a mis en rapport avec le chargé commercial qui avait ses bureaux à la place de l’Indépendance. Je lui ai demandé comment je pouvais amener du mil au Sénégal. Il m’a dit qu’il va m’apporter du mil en provenance de son pays. Nous nous sommes accordés sur un prix. Pendant ce temps, j’avais ouvert un compte à la Biao. J’ai fait un prêt. La banque était d’accord pour m’accorder ce prêt, mais le directeur commercial de la banque s’y est farouchement opposé. C’est ainsi que je suis allé voir la banque islamique. Elle m’a réclamé une garantie de 20 % que j’ai versée. Ainsi, elle m’a fait venir un bateau de 11 000 tonnes le 29 septembre 1985. Quand il est arrivé, les commerçants ont demandé à l’Etat de partager ce mil à tout le monde. Mais le directeur commercial d’alors s’est opposé à leur demande en leur faisant savoir qu’il ne pouvait pas partager le mil qui ne l’appartient pas. Il leur a fait savoir que c’est Bocar Samba Dièye qui a fait la commande et que s’ils veulent s’approvisionner, ils n’ont qu’à acheter. Mais, les éleveurs m’ont fait comprendre que le maïs est plus riche en nutriments et plus intéressant que le riz. Ils m’ont demandé d’en apporter. J’ai commencé à importer le maïs que je leur vendais. C’est comme ça que je suis entré dans l’importation.
Mais, vous êtes plus connu dans l’importation du riz que du maïs ?
C’est en 1987 que j’ai commencé à importer du riz. En fait, l’importation du riz était réservée exclusivement aux traders. Elle n’était permise aux commerçants qu’en cas de pénurie. Depuis l’indépendance, seuls les blancs vendaient du riz. Après l’indépendance, c’est la société Osea qui importait le riz. Et quand le gouvernement a manifesté ce besoin, je lui ai vendu une partie et une autre au Mali. J’ai vendu au Mali du riz pendant longtemps. Quand les commerçants ont commencé à se regrouper, des problèmes ont commencé à surgir. En 1971, il y a eu des problèmes, qui ont conduit à la dislocation de ce groupement. Nous avons mis en place l’union «Ges et Convin Ges». Le Président Léopold Sédar Senghor nous a demandé de nous unir pour former une seule entité. Mais en fait, c’était pour nous affaiblir. Car un jour, il a disloqué cette structure en confiant la gestion à une personne de son choix. Depuis lors, je suis resté à ma place. Mais, quelque temps après, des gens sont venus de l’Unacois, ils m’ont dit que le Ges voulait discuter avec moi. Ils m’ont dit qu’ils veulent un Gest Sa, ce qui nous permettra d’avoir des moyens conséquents pour notre business. J’ai été élu président de cette structure. On m’a proposé un salaire que j’ai décliné. Mon objectif était de faire marcher cette structure, mais pas pour gagner de l’argent. Tous les magasins-témoins travaillaient avec moi. L’Unacois a connu des problèmes mais pas le Ges parce qu’il y avait une gestion vertueuse et sobre de cette structure. Quand tout a bien marché, j’ai quitté la présidence après 2 ans 2 mois. L’Unacois avait demandé de fermer la caisse de péréquation parce que le gouvernement ne peut plus importer du riz. C’est ainsi que nous avons commencé à importer du riz en 1999. J’ai importé un bateau en 2000, 10 bateaux en 2001, 8 bateaux en 2002, 8 bateaux en 2003, 7 bateaux en 2004, 4 bateaux, 2005 18 bateaux, 2006 5 bateaux, 2007 8 bateaux, 2008 15 bateaux. C’est en 2008 que mes problèmes ont commencé avec la Cbao, mais j’ai importé au total 103 bateaux de riz.....